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Le ministère de l'Économie et des Finances de Bercy à Paris le 6 septembre 2025.
Crédit : Mathilde Kaczkowski / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP
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Le budget 2026 semble de plus en plus difficile à tenir. Plus d’un mois après les premières alertes, les nouvelles prévisions de croissance confirment le décrochage : si le gouvernement affichait un objectif de 0,9% pour l’année, mais la Banque de France n’attend plus que 0,5%, et l’Insee 0,7%.
Le problème est simple : moins de croissance, c’est moins de recettes pour l’État. Et l’écart entre la trajectoire défendue par Bercy et les estimations des grandes institutions finit par peser lourd. À l’arrivée, cela représenterait un manque de 6 à 12 milliards d’euros entre le budget voté et le bilan de fin d’année.
Au premier trimestre, la croissance a déjà été nulle. Ce résultat est d’autant plus préoccupant que la crise iranienne, mise en avant pour expliquer le ralentissement, n’a commencé que le 28 février. Autrement dit, elle n’a pesé que sur une petite partie du trimestre. Cela signifie que l’économie française était déjà quasiment à l’arrêt avant même ce choc extérieur.
Le deuxième trimestre pourrait être encore plus mauvais. Cette fois, l’impact de la crise iranienne se ferait pleinement sentir, avec plusieurs conséquences directes : hausse des prix de l’essence, baisse de la consommation de carburant et perte de pouvoir d’achat pour les ménages. Dans ces conditions, le scénario d’une croissance négative prend de l’épaisseur.
Cette dégradation complique encore l’équation budgétaire. Des économies supplémentaires avaient déjà été envisagées, à hauteur de 6 milliards d’euros, pour financer des aides ciblées. Mais si la croissance ralentit davantage que prévu, cet effort pourrait ne plus suffire.
"J'espère que le plus dur est passé", a expliqué Roland Lescure sur RTL, ce jeudi 18 juin. L'Insee et la Banque de France "ont fait leur prévision avant l'accord de paix" signé entre les États-Unis et l'Iran, plaide le ministre de l'Économie, qui mise beaucoup sur le "troisième trimestre" de l'année. "Vous savez ce qu'il y a dans la Banque de France ? Un baril à 100 dollars toute l'année. Ça c'est la prévision qu'ils font. Si on est à 70 ou 80, on aura de bonnes nouvelles."
Mais même avec un accord signé, le redémarrage ne serait pas immédiat. La croissance descend par l'ascenseur et elle remonte par l'escalier. Le retard provoqué par le choc actuel ne serait donc pas rattrapé à court terme.
Au-delà de 2026, c’est déjà le budget 2027 qui se retrouve fragilisé. La Banque de France ne croit pas non plus au maintien du déficit à 5%, pourtant affiché comme objectif. Le prochain budget partirait donc avec un handicap estimé entre 9 et 12 milliards d’euros.
Pour rééquilibrer les comptes, il faudrait alors envisager des mesures lourdes : réforme des retraites, réduction du nombre de fonctionnaires, nouveaux impôts, baisse des prestations sociales... Il faudra "très probablement" faire des économies supplémentaires, a reconnu Roland Lescure sur RTL. Mais à l’approche de l’élection présidentielle, ces options apparaissent politiquement très difficiles à mettre en œuvre.
Le constat est donc sévère : les futurs responsables de l’exécutif pourraient se retrouver dès 2027 sous la pression de la Banque centrale européenne, du FMI et des agences de notation, avec une marge de manœuvre très réduite et, au bout du compte, une perspective de rigueur budgétaire.
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