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Bon pour la santé, moins pour la planète : faut-il continuer à manger autant d'avocats ?

Riche en fibres, en vitamines et en bons gras, l’avocat a tout de l’aliment santé. Mais sa culture est aussi très gourmande en eau. Olivier Dauvers revient sur le paradoxe entre les bienfaits nutritionnels et le coût environnemental de l'avocat qui se cache derrière son succès.

avocado toasts (illustration)

Crédit : Bernadette Wurzinger / Pixabay

L'avocat, la star contestée de nos assiettes

00:03:58

L'avocat, la star contestée de nos assiettes

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Olivier Dauvers - édité par La rédaction numérique de RTL

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Les Français raffolent de l'avocat, que ce soit en salade, en avocado toast ou en guacamole. Ce fruit a d'ailleurs envahi nos assiettes en quelques années.

L'avocat n'a que des qualités, ou presque. Il est riche en bon gras, le fameux acide oléique, présent aussi dans l'huile d'olive. Il est aussi riche en vitamines et en minéraux, par exemple il est plus riche en potassium qu'une banane. Enfin, c'est l'un des fruits les plus riches en fibres, qui participent notamment à la satiété et au transit. Il y a deux fois plus de fibres dans l'avocat que dans une pomme, et six fois plus que dans du raisin.

Cette image positive, couplée à des effets de mode sur les réseaux sociaux, a fait exploser sa consommation. Sur les vingt dernières années, les importations d'avocats en France ont doublé. 

Une production aux conséquences néfastes

Cependant, à mesure que la consommation se développe, on découvre les conséquences environnementales de la production. En vingt ans, la production mondiale d'avocats a plus que triplé. Le problème, c'est que cette production se concentre sur des zones particulières, parce que c'est une culture exigeante. Il faut un climat chaud, beaucoup de lumière et pas de vent, comme c'est le cas dans la région du Michoacán au Mexique.

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Pour développer la production dans cette région-là, il a fallu beaucoup déforester. Des chercheurs ont mesuré l'évolution de la forêt sur trente ans, de 1993 à 2023 : la forêt a reculé de 60% au profit de la culture de l'avocat. Culture qui, en plus, est très gourmande en eau. Pour faire pousser un kilo d'avocat, il faut 2000 litres d'eau, ce qui engendre localement une concurrence pour l'accès à l'eau. Pour simplifier, les nutritionnistes nous encouragent à manger de l'avocat quand les écolos nous freinent.

Le gros des avocats vient soit d'Amérique centrale, soit d'Amérique du Sud. Pour autant, il voyage très bien : il n'est pas fragile donc n'a pas besoin de prendre l'avion mais le bateau. Il peut y avoir jusqu'à 25.000 tonnes d'avocats par bateau, ce qui revient à 130 millions de fruits, soit une empreinte carbone moindre, même par rapport à une barquette de raisins qui arriverait en camion du sud de l'Italie. 

Le vrai sujet en réalité, c'est la déforestation. C'est le même sujet celui que l'on reproche à l'huile de palme. Si l'un à une mauvaise image et l'autre pas du tout, derrière se cache le même problème.

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