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Hausse du Smic de 2,4% : que se passe-t-il pour les salaires qui basculent sous le nouveau minimum ?

En France, 2,2 millions de personnes touchent actuellement le SMIC. Avec sa revalorisation au 1er juin, des salariés payés un peu plus vont désormais se retrouver en dessous du nouveau minimum.

Un bulletin de paie (illustration)

Crédit : SEBASTIEN LAPEYRERE / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP

Nathan Bocard - édité par Julien Benesteau-Tellier

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Environ 35 euros net de plus par mois pour un salarié payé au Smic : le salaire minimum augmente lundi de 2,41%, pour suivre l'inflation repartie à la hausse en raison de la guerre au Moyen-Orient, une augmentation qui n'est pas assortie d'un coup de pouce du gouvernement. 

Cette hausse fait passer le Smic horaire brut de 12,02 à 12,31 euros. En salaire mensuel net, le Smic atteint 1.477,93 euros, une hausse d'un peu moins de 35 euros par rapport à sa dernière revalorisation, intervenue au 1er janvier 2026. 

Conséquence de cette augmentation, de nombreux salariés voient leur salaire passer, temporairement, sous le Smic. Mais pas de panique, ils recevront à minima le Smic sur leur compte en banque à la fin du mois.

Des négociations de branche obligatoires

En effet, les patrons doivent désormais compenser la différence. C'est-à-dire qu'ils doivent payer suffisamment de primes ou d'indemnités, par exemple, pour qu'à la fin du mois, les salariés reçoivent au moins le salaire minimum. Une situation censée être temporaire car lorsque les salaires sont en dessous du Smic, des négociations de branches doivent s'ouvrir sous 45 jours.

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Concrètement, elles ont jusqu'à la mi-juillet pour ouvrir de nouvelles négociations salariales. Problème, le patronat tarde volontairement à se mettre en conformité, selon Thomas Vacheron de la CGT.

"Plus les salaires sont bas et proches du Smic, plus les exonérations de cotisations sont hautes. Donc les patrons ont deux intérêts à mal payer leurs salariés. D'un côté, pour garder plus pour eux et moins bien payer leurs salariés. Et de l'autre côté, pour toucher plus d'aides publiques via les exonérations de cotisations", explique le représentant syndical à RTL.

Les entreprises devront donc absorber à la fois une hausse du coût du travail et une baisse mécanique des allègements

La dernière loi de financement de la sécurité sociale prévoit de changer cette situation. Dès l'an prochain, les entreprises qui tardent plus d'un an à se mettre en conformité auront moins d'exonération fiscale. Mais le décret pour rendre tout ça concret n'est pas encore publié.

Faire augmenter ces allègements en même temps que le Smic aurait coûté plus de 2 milliards d'euros et profité aussi bien aux entreprises qui vont bien qu'à celles qui vont mal, avait souligné le ministre du Travail Jean-Pierre Farrandou. "Déjà confrontées aux conséquences de la guerre", les entreprises "devront donc absorber à la fois une hausse du coût du travail et une baisse mécanique des allègements" censés en limiter l'impact, dénoncent les organisations patronales.

En théorie, on pourrait s'attendre à ce qu'une augmentation du Smic au bas de l'échelle "force un peu à pousser le haut aussi" pour maintenir une perspective d'évolution salariale, mais "en pratique, la diffusion s'arrête assez tôt", au mieux sur les salaires proches du Smic, explique l'économiste Clément Carbonnier à l'AFP.

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