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80 millions d'euros par jour : Greenpeace accuse les pétroliers de "surprofits" avec la guerre et réclame des taxes supplémentaires

Alors que certains piochent dans leurs économies pour financer leur plein d'essence, Greenpeace dénonce les profits réalisés par les pétroliers, qui se seraient nettement enrichis depuis le début des hostilités fin février. L'ONG appelle les gouvernements de l'Union européenne à mettre en place des taxes supplémentaires sur les bénéfices.

Le logo du groupe pétrolier Shell

Crédit : BEN STANSALL / AFP

80 millions d'euros par jour : Greenpeace dénonce les surprofits des pétroliers, pour qui la guerre est une "véritable aubaine"

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Nathan Bocard & La rédaction numérique de RTL

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À l'angoisse de faire le plein s'ajoute la désagréable impression d'être les dindons de la farce. Alors que le coût de l'essence met à mal votre pouvoir d'achat depuis le début de la guerre au Moyen-Orient, d'autres arrivent à en tirer profit : à commencer par les compagnies pétrolières, comme le dénonce Greenpeace dans un rapport publié le 1er avril.

L'ONG a fait les comptes et estime que depuis le début des hostilités fin février, les surprofits de Shell, BP, Esso ou encore Total ont atteint 2,5 milliards d'euros sur le mois de mars, soit 80 millions d'euros par jour. Pour en arriver à ce résultat, l'ONG a fait la différence entre le prix du pétrole brut et celui du carburant à la pompe.

Greenpeace souligne que les marges les plus intéressantes sont réalisées par les pétroliers dans les pays où il y a un meilleur pouvoir d'achat. Ces marges sont par ailleurs beaucoup plus importantes sur le diesel, et ce, dans toute l'Europe. À l'inverse, ces profits ont baissé sur l'essence dans beaucoup de pays, dont la France. 

Greenpeace appelle les gouvernements de l'UE à instaurer des taxes supplémentaires sur les bénéfices

Pour Sarah Roussel, chargée de campagne énergie et climat pour Greenpeace France, la guerre a constitué "une véritable aubaine pour les compagnies pétrolières". Ces dernières "continuent à faire des profits pendant que des millions de personnes ont du mal à faire face à l'augmentation des prix du carburant", souligne-t-elle au micro de RTL. Elle appelle les gouvernements de l'Union européenne à réagir vite, notamment en instaurant des "taxes supplémentaires sur les bénéfices". 

Pour Sarah Roussel, ce surplus d'argent pourrait être utilisé pour réduire les factures d'énergie des ménages les plus précaires, servir à mettre en place des aides à l'achat de petits véhicules électriques ou à la rénovation performante des logements, par exemple. Contactée, l'Union française des industries pétrolières n'a pas répondu à nos sollicitations.

À Matignon, mercredi 1er avril, il n'a pas été question de taxer les compagnies pétrolières lors de la réunion carburants encadrée par le Premier ministre. Le gouvernement a annoncé que les surplus éventuels de TVA devaient servir à l'accélération du passage à l'électrique.

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