2 min de lecture Police

Violences policières : polémique après l'interpellation musclée d'une soignante

Lors de la manifestation des soignants, mardi 16 juin, une infirmière a été brutalement interpelée par les forces de l'ordre, avant d'être placée en garde à vue, où elle a avoué avoir jeté des projectiles sur les policiers.

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Violences policières : polémique après l'interpellation musclée d'une soignante Crédit Image : Capture d'écran Twitter | Crédit Média : RTL | Durée : | Date :
photo camille
Camille Sarazin Journaliste

Les images ont choqué les internautes. Alors que le débat sur les violences policières fait rage, une arrestation brutale vient remettre de l'huile sur le feu. Il s'agit de celle d'une soignante, trainée par les policiers lors d'une charge, et qui ont suscité l'indignation, y compris parmi les politiciens. 

Les images, signées Rémy Buisine, sont issues du Live de Brut lors de la journée de mobilisation du personnel soignant, mardi 16 juin. On y voit "une femme en blouse blanche, tirée par les cheveux, durant une interpellation", décrit le journaliste. Celle-ci "finira évacuée le visage en sang durant la manifestation aux Invalides. Elle réclamera à plusieurs reprises sa Ventoline".

Après avoir été en première ligne face au coronavirus, les soignants étaient descendus dans la rue pour réclamer davantage de moyens pour l'hôpital public. Des heurts ont éclaté en fin d'après-midi en marge du cortège. Des individus auraient lancé "des projectiles en direction des policiers", selon la préfecture de police. Sur des images diffusées par BFMTV, on aperçoit la soignante lancer des projectiles en direction des forces de l'ordre, plusieurs mètres plus loin. Quelque temps plus tard, les policiers chargent. 

Les images de l'interpellation musclée de cette infirmière d'Ivry ont largement été partagées sur les réseaux sociaux. Le post de sa fille, Imen Mellaz, a déjà été retweeté plus de 60.000 fois. "Cette femme, c'est ma mère. 50 ans, infirmière, elle a bossé pendant 3 mois entre 12 et 14 heures par jour. A eu le Covid. Aujourd'hui, elle manifestait pour qu'on revalorise son salaire, qu'on reconnaisse son travail. Elle est asthmatique. Elle avait sa blouse. Elle fait 1m55", écrit la jeune femme, programmatrice à France 24. 

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La soignante a été placée en garde à vue pour "outrage, rébellion et violences sur personne dépositaire de l'autorité publique", rapporte BFMTV.  Le hashtag #LibérezFarida a pris de l'ampleur et un groupe de soutien s'est rassemblé à partir de 21 heures devant le commissariat du 7ème arrondissement de Paris, à l'appel de la CGT du Val-de-Marne, de ses collègues et de sa famille. "Rassemblement devant le comico du 7ème dès maintenant. Quoiqu'il lui soit reproché - si on lui reproche quoique ce soit - rien ne justifie ces images. Jamais. Pas en France, pas en 2020", a tweeté la fille de Farida.

Car l'infirmière a avoué ensuite aux policiers, lors de sa garde à vue, avoir lancé des projectiles sur les forces de l'ordre. "Elle a été dépassée par sa colère. Elle reconnaît en toute honnêteté, elle a dérapé en fin de manifestation à la suite des charges policières. Elle reconnaît avoir jeté des projectiles sur la police", raconte à RTL un syndicaliste qui a accompagné la soignante au commissariat. Elle devrait être jugée en comparution immédiate jeudi. 

Des personnalités politiques se sont jointes au rassemblement, comme le député de la France insoumise Éric Coquerel. "Avec mes collègues Mathilde Panot et Danièle Obono, nous avons visité le commissariat du 7ème où se trouve Farida, infirmière qui a travaillé pendant la crise sanitaire 10 à 14h par jour", a écrit le député. "Nous avons parlé rapidement avec elle : elle a été blessée pendant l’interpellation." Les images du photojournaliste Louis Witter ont immortalisé son visage ensanglanté.

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