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Un patron renonce à 4 millions pour sauver ses salariés

LE CHIFFRE DU JOUR - Avant sa retraite, un dirigeant d'une PME à Nantes a renoncé à céder son entreprise à un grand groupe pour permettre à ses salariés de garder leur emploi.

Un patron renonce à  4 millions d'euros pour ses salariés
Un patron renonce à 4 millions d'euros pour ses salariés
Johanna Guerra

Éric Belile, le sauveur. En janvier, ce patron de l'entreprise nantaise La Générale de Bureautique a annoncé à ses salariés une excellente nouvelle : avant de partir à la retraite, il leur cédera l'entreprise plutôt que de la vendre à un grand groupe à prix d'or, soit près de quatre millions d'euros. "Je préfère gagner moins d'argent et que l'entreprise reste aux gars", a-t-il déclaré au quotidien Ouest-France.

Pour la succession, il a décidé de confier les rênes de l'entreprise à cinq de ses cadres, qu'il formera à cette nouvelle tâche, en mettant en place un LBO ("Leverage buy out"). Il s'agit d'un montage juridico-financier dont l'intérêt principal est pour les salariés de pouvoir racheter l'entreprise avec un petit apport personnel. Ce montage entraîne un endettement auprès des banques qui pourra être remboursé avec les bénéfices dégagés par l'entreprise.

À court terme, cette solution représente pour lui une perte financière puisqu'il aurait pu vendre deux fois plus cher. Mais il préfère miser sur le long terme de l'entreprise, dont il espère qu'elle va perdurer "avec les valeurs [qu'il] a pu créer" en son sein.

"Je dois bien ça aux salariés"

Éric Belile, PDG de La Générale de Bureautique

"Je dois bien ça aux salariés", explique le PDG à Ouest France. "Pour moi, il est naturel que l'entreprise reste au personnel : on a bâti le projet ensemble. Ce n'est pas une démarche altruiste, c'est un juste retour des choses. Vendre à un groupe, ça signifierait des licenciements".

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Une démarche pour laquelle les salariés sont très reconnaissants : "Y'en a plein qui auraient pris le pognon. Lui, il préfère nous soutenir", s'enthousiasme l'un d'entre eux dans les colonnes du quotidien.


En 1989, Éric Belile a 29 ans et se destine à une brillante carrière chez Canon. Mais il en décide autrement et préfère tout quitter pour monter sa propre boîte. Vingt-sept ans plus tard, son entreprise se porte à merveille et voit naître trois agences en Bretagne et Pays de la Loire avec au compteur huit millions d'euros de chiffre d'affaires pour 25% de croissance cette année. L'entreprise jouit également d'une très bonne situation auprès des clients. Un sacre pour les employés qui vont reprendre le flambeau.

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