3 min de lecture Terrorisme

Tirs dans un Thalys : que sait-on du suspect ?

Le tireur, qui serait un Marocain de 26 ans, nie être un terroriste. Il était connu des services de renseignement français et a séjourné en Syrie.

Des enquêteurs devant le Thalys où l'attaque a eu lieu, le 21 août 2015 à Arras (Pas-de-Calais).
Des enquêteurs devant le Thalys où l'attaque a eu lieu, le 21 août 2015 à Arras (Pas-de-Calais). Crédit : PHILIPPE HUGUEN / AFP
Damien Delseny et Julien Absalon

L'enquête avance après la fusillade dans un Thalys Amsterdam-Paris vendredi. Formellement identifié, samedi 22 août, le suspect s'appelle Ayoub El Kahzzani. Il s'agit d'un ressortissant marocain de 25 ans, soupçonné d'être proche de la mouvance islamiste. Son identité a été établie grâce à divers éléments matériels, dont ses empreintes digitales.

Entendu par les enquêteurs, l'homme conteste le caractère terroriste de son action et dit avoir seulement voulu rançonner les passagers. Une version confuse qui, en l'état des investigations, ne convainc pas la police. De nombreuses vérifications sont en cours ce samedi 22 août. Mais, selon les premiers éléments de l'enquête, il n'a pas fait de prison et n'a pas le profil d'un délinquant de droit commun même s'il faisait apparemment l'objet d'une fiche de renseignements.

Son passé en France en question

Mais ce qui intrigue dans son profil, c'est son rapport avec la France. Après avoir résidé en Espagne pendant un an et jusqu'en 2014, à Algésiras et Madrid, l'homme aurait "décidé de déménager en France", selon une source des services de lutte antiterroriste espagnols. "Une fois en France, il s'est déplacé en Syrie, avant de rentrer en France", ajoute cette source, confirmant une information du quotidien espagnol El Pais.

Ayoub El Kahzzani, qui se présente comme un vagabond solitaire, s'est toutefois fait très discret par rapport à la France, où il n'a apparemment pas d'attaches connues et ne dispose pas de passé judiciaire. Les services de renseignements français, grâce au signalement des autorités espagnoles, avaient toutefois pris connaissance de son existence. L'homme faisait d'ailleurs l'objet d'un signalement au niveau européen. Rien de très concret, cependant, car il s'agissait juste d'une surveillance très légère de ses déplacements. Un dispositif employé pour des centaines de Français, de Belges ou d'Espagnols.

Une enquête centrée sur la Belgique

À lire aussi
Devant les locaux de "Charlie Hebdo", un mois après les attentats, le 7 février 2015 (archives). Attentats à Paris
Attentats de janvier 2015 : le procès se déroulera de mai à juillet 2020

Entendu dans un premier temps à Arras, Ayoub El Kahzzani a été transféré samedi matin dans les locaux de la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) à Levallois-Perret, en région parisienne. Ces services de l'antiterrorisme vont s'employer à retracer le parcours précis de l'assaillant. Ils chercheront notamment à savoir ce qu'il aurait fait en Syrie, avec qui il est entré en contact et s'il appartient effectivement à la mouvance islamiste radicale.

Mais les investigations vont aussi se mener en Belgique, où l'homme a résidé en 2015. C'est peut-être de là que son projet terroriste aurait pu prendre forme ces dernières semaines. C'est aussi sans doute à Bruxelles et ses environs que les enquêteurs devront chercher d'éventuels complices, ou un réseau. D'autant que c'est de la capitale belge que le tireur a embarqué à bord du Thalys 9364.

Lourdement armé

À bord du train à grande vitesse, Ayoub El Kahzzani était armé d'un fusil d'assaut kalachnikov, d'un pistolet automatique, de neuf chargeurs et d'un cutter lorsqu'il a ouvert le feu, vendredi après-midi. À ce moment-là, le convoi venait d'entrer en France. Mais l'homme a été stoppé net dans son action grâce à l'intervention d'un groupe d'amis américains en vacances, dont deux militaires, qui ont réussi à le maîtriser.

Sur des images filmées au téléphone portable à l'intérieur du train et diffusées par des télévisions, on peut voir l'assaillant, un jeune homme mince, portant un pantalon blanc et torse nu, plaqué au sol sur le ventre, les mains attachées dans le dos. Une kalachnikov est posée contre un siège et du sang est visible sur une vitre du wagon.

La rédaction vous recommande
Lire la suite
Terrorisme Pas-de-calais Arras
Restez informé
Commentaires

Afin d'assurer la sécurité et la qualité de ce site, nous vous demandons de vous identifier pour laisser vos commentaires. Cette inscription sera valable sur le site RTL.fr.

Connectez-vous Inscrivez-vous

500 caractères restants

fermer
Signaler un abus
Signaler le commentaire suivant comme abusif
500 caractères restants