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TikTok, "un produit nocif et addictif" : sur M6, un père de famille, dont la fille s'est suicidée, alerte sur des dérives dangereuses

La fille d'Arnaud Ducoin, Pénélope, s'est donnée la mort à seulement 18 ans. Il accuse TikTok et son algorithme de l'avoir poussée au suicide et met en garde les parents pour éviter que son histoire ne se répète.

Plusieurs applications des réseaux sociaux tel que X, Facebook, Tiktok

Crédit : Michael M. Santiago / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / Getty Images via AFP

INEDIT - Un père face aux dérives de TikTok : "On est face à un produit addictif et nocif pour la santé"

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Le combat d'un père face aux dérives de TikTok : "Les enfants s'enferment dans des bulles algorithmiques"

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Anne-Sophie Lapix & Nicolas Barreiro

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Pénélope avait 18 ans lorsqu'elle s'est donnée la mort sans explication. Depuis plusieurs mois, ses parents la voyaient se déliter, s'enfoncer dans la dépression, absorbée par les vidéos mortifères sur TikTok. Alors que le gouvernement et l'Europe essaient de réguler l'accès aux jeunes aux réseaux sociaux, le père de cette adolescente crie sa colère contre les algorithmes qui entraînent les adolescents vers le fond. 

Invité du 20.10 d'Anne-Sophie Lapix, Arnaud Ducoin revient sur le moment brutal où il a appris le suicide de sa fille. "On était en vacances et mon téléphone sonne, c'est ma belle-mère qui m'appelle. À ce moment-là, elle prononce deux phrases qui résonnent encore dans mon esprit, dans ma tête, c'est : 'C'est affreux. Elle s'est suicidée'", confie-t-il. 

Depuis ses 15 ans, Pénélope souffrait de dépression. Elle se scarifiait et restait enfermée dans sa chambre. Les parents sont alertés une nouvelle fois lorsqu'elle ingère une quantité importante d'aspirine. "Son téléphone était pointé sur elle. Il était positionné sur la table de nuit en face d'elle. Et ça nous a énormément interrogés, d'ailleurs, pour savoir est-ce qu'elle se filmait", se souvient son père. 

Après son suicide, ils n'ont jamais eu accès à son téléphone, qui était verrouillé. Sur son ordinateur, il affirme être tombé sur "des dizaines de vidéos qui provenaient pour la plupart de TikTok et qui traitaient de sujets comme le suicide, comme la scarification, comment faire un nœud coulant, comme des tutos comment se suicider".

L'algorithme responsable de ces dérives

Dans son livre Dérives de TikTok : le combat d'un père, Arnaud Ducoin explique que le fil "Pour toi", une sélection personnalisée de l'algorithme, va mener des personnes fragiles vers ce genre de vidéos mortifères. Il dénonce également "l'hypocrisie" du réseau social qui laisse ses utilisateurs contourner sa censure. 

À écouter aussi

"Il y a deux ans, quand vous tapiez le mot suicide, il y avait un message qui vous disait, vous n'êtes pas tout seul, voici le numéro de SOS Suicide", rappelle-t-il. "Aujourd'hui, il suffit simplement de mettre le drapeau de la Suisse qui, dans le langage codé de TikTok, veut dire suicide. Et là, il n'y a plus de message de censure. Pour les scarifications, c'est le zèbre qu'il faut mettre. Pour la pédopornographie, c'est pizza…", énumère le père de famille.

Ainsi, en recherchant le drapeau de la Suisse sur le réseau TikTok, il est tombé sur de nombreuses vidéos inquiétantes autour du suicide, notamment postées par des jeunes filles mineures. "Ce qui s'est passé avec ma fille, Pénélope, c'est ce qui arrive aujourd'hui à des dizaines de milliers de jeunes, c'est qu'elle a été enfermée dans une bulle algorithmique, parce que l'algorithme est le centre névralgique, le cerveau de la plateforme, c'est un algorithme de préconisation. C'est lui qui décide de la vidéo que vous allez voir", insiste-t-il.

Selon lui, une bulle se crée autour de l'utilisateur qui tombe alors sur des vidéos choisies par l'algorithme sur des sujets parfois nocifs. "Ma fille était dans un univers mortifère où il n'y avait que des vidéos qui traitaient de suicide ou de scarification, qui étaient très malsaines. Quand on regardait les commentaires qu'il y avait sur ces vidéos-là, on voit bien que les jeunes encouragent au passage à l'acte. C'est effrayant".

Plus addictif que les jeux d'argent

Les réseaux sociaux ont également la capacité d'entraîner une addiction très forte. "Il faut que la médecine se positionne aussi sur cette addiction-là, et que ça rentre vraiment dans les addictions reconnues", estime Arnaud Ducoin. "Cette addiction aux réseaux sociaux arrive en deuxième position après la cigarette, avant les jeux en ligne d'argent, par exemple, avant l'alcool. On est bien sur un produit qui est addictif et nocif pour la santé et on ne fait rien".

En septembre 2025, l'Assemblée nationale a publié le rapport de sa commission d'enquête sur le réseau social TikTok. Celui-ci établissait des phénomènes de dépendance bien établis chez les mineurs. C'est pourquoi il préconisait l'interdiction des réseaux sociaux, hors messageries, aux moins de 15 ans. La mesure avait été portée par le gouvernement et adoptée par le Parlement avant d'être censurée par le Conseil Constitutionnel qui estimait qu'elle portait "une atteinte disproportionnée" à la liberté d'expression.

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