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Solécismes : pourquoi vous ne devez plus dire "sur comment"

Ces tournures de phrases fleurissent un peu partout et nous finissons par ne plus savoir quelle seraient les formulations correctes.

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Rendez-vous avec la maîtresse du 20 février 2021 Crédit Image : Pixnio/pics_pd | Crédit Média : RTL | Durée : | Date : La page de l'émission
Lisa Kamen
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Comme les erreurs de concordance des temps, les erreurs de construction sont des solécismes. Vous allez me dire que j'abuse de mots barbares. Eh bien vous aurez presque raison! Solécisme est un mot très civilisé mais il nous vient d'un monde un peu barbare : le mot latin soloecismus est en effet dérivé du nom de la ville ancienne de Soles, en Asie Mineure (la Turquie actuelle).

Les habitants de cette pauvre ville étaient connus pour estropier la langue grecque. Un solécisme est une erreur de langage qui enfreint les règles de la syntaxe, de la construction. Tous les mots existent, mais ils ne sont pas "posés" dans le bon sens, ils ne vont pas ensemble. 

Revenons à nos moutons grammaticaux : "sur comment..." "sur pourquoi..." D'où ces  vilaines tournures sont-elles issues ? Comme de nombreuses nouveautés en français, elles pourraient venir de la langue anglaise, d'une traduction un peu trop littérale des expressions "on how" et "on why". Si celles-ci sont correctes dans la langue de Skakespeare, elles ne peuvent être traduites mot à mot en français.

Mauvaise maîtrise du discours indirect?

Elles sont aussi parfois la manifestation d’un passage non maîtrisé du discours direct au discours indirect, ou rapporté. Exemple : "Le gouvernement s’interroge : comment faire baisser la dette ?" deviendrait alors "Le gouvernement s’interroge sur comment faire baisser la dette". Et là, on entend bien que ça déraille, pour le dire simplement. Bref ! Quelle que soit l’explication qu’on leur donne, ces tournures constituent des attaques en règle contre la syntaxe. Il faut les battre en brèche. Alors comment mieux dire la même chose ?

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On remplacera très avantageusement le pronom interrogatif par un nom ou un groupe nominal. Ce qui nous donnera par exemple :
- Il s’interroge sur les raisons…  (à la place de "sur pourquoi") ;
- Elle se questionne sur la manière… (à la place de "sur comment") ;
- Nous nous questionnons sur le moment, le lieu etc (à la place de "sur quand" ou "sur où" …)
Alors, sus aux solécismes !

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