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"Si on baisse les bras, on fait comment ?" : épuisés mais toujours mobilisés, des pompiers racontent à RTL leur lutte sans répit contre les feux en Gironde

Depuis plus d'une semaine, les pompiers ne comptent plus leurs heures en Gironde, dans les Landes et même dans le Var, des départements en proie aux incendies. Ils sont en première ligne pour combattre les flammes, et sont épaulés par de nombreux bénévoles sur place.

Des sapeurs-pompiers mobilisés en Gironde, le 28 juillet 2026.

Crédit : Clara Echarri/RTL

Emission spéciale : solidarité et soutien aux soldats du feu du 29 juillet 2026

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RTL se mobilise pour les pompiers : RTL Matin en édition spéciale "solidarité et soutien aux soldats du feu" face aux incendies

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Marine Langlois & Clara Echarri & Sacha Dubesset & Killian Tanguy

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En première ligne face aux flammes depuis plus d'une semaine, ils sont éprouvés mais toujours mobilisés. Les sapeurs-pompiers ne lâchent rien face aux incendies qui ravagent la France cet été, notamment en Gironde où plus de 42.000 hectares ont brûlé. Ils sont plus de 2.700 sur place et assurent aux reporters de RTL sur place, perdre une petite partie d'eux à chaque fois qu'ils n'arrivent pas à sauver une maison des flammes. 

Mardi 28 juillet, la journée a été marquée par de nombreuses reprises de feu. Sur place, Pascal, Mickael et Fabrice, trois soldats du feu, ont passé la matinée à traiter les fumerons, des petites fumées qui sortent du sol et semblent inoffensives, mais il ne faut jamais se fier aux apparences. "Là il est midi, d'ici 2 heures grand maximum, on va avoir un pic de température. (…) Il y a eu des vents qui ont changé de direction, donc les flammes, les fumées ont changé de direction, ce qui fait que c'est très compliqué à anticiper", expliquent les soldats du feu à notre micro. 

Ces derniers ont à peine le temps de gober un sandwich, qu'ils sont appelés pour des reprises, et ils doivent faire plusieurs passages. "Quand on va arroser une première fois, ce n'est pas efficace à 100%. C'est-a-dire que derrière, ça va reprendre. Comme on a vu à l'instant, ça a repris derrière. Donc là, on a passé une première fois, on refait un deuxième tour pour vraiment stopper cette propagation, pour éviter que ça reprenne". 

>> EN DIRECT - Incendies en France : une nuit "calme" avec un feu "stabilisé" en Gironde, un nouveau pic de chaleur attendu dans la journée

"J'ai fait 108 heures en 5 jours"

Un travail éreintant qui ne s'arrête pas. "C'est épuisant parce qu'en plus, lorsqu'on fait, comme on a fait ce matin, les fumerons, ou les petites reprises de feu, on est oblige a chaque fois de sortir les tuyaux, les dérouler, les ranger, les rouler. pour les dérouler 50 mètres plus loin comme on a fait ce matin. C'est interminable, mais c'est essentiel", témoigne l'un des trois hommes. 

Pascal, qui a plus de 30 ans de métier, est incapable de savoir depuis combien de temps il est debout. "Je n'ai pas calculé, c'est trop dur. Nous, on est volontaires, donc on a le travail à côté. Depuis jeudi, je n'ai pas eu un jour de repos à moi." Mickael, 29 ans, pompier volontaire depuis plus de 10 ans, enchaîne aussi sans compter. "Depuis vendredi, je viens tous les jours. Je suis parti vendredi sur le feu et je rentre chez moi que ce soir. J'ai fait 108 heures en 5 jours. Je dors entre 3 et 4 heures par nuit au boulot", rigole-t-il au micro de RTL. 

Pascal, Mickael et Fabrice, des sapeurs-pompiers mobilisés en Gironde

Crédit : Clara Echarri/RTL

Les deux hommes sont mobilisés avec Fabrice, 49 ans, ancien pompier de Paris, dans le métier depuis 1999. Sa femme est au cabinet de la préfète, lui sur le terrain, et leur fille de 11 ans à l'abri. "Ma petite est en colonie de vacances, donc avec sa mère, on a beaucoup de temps libre. On a toujours fait ça. Elle est née, on faisait déjà ça. Quand j'étais pompier à Paris, on habitait en centre de secours, dans un centre de secours parisien. Donc oui, elle est née dans cet univers."

Aujourd'hui, ces trois pompiers rappellent l'importance des dons. "Une lingette, une simple lingette de bébé , après une phase d'attaque, permet de te nettoyer, mais surtout de te rafraîchir. Et ça fait du bien à l'organisme et ça te permet de te remettre plus vite sur pied", explique l'un d'entre eux. Car il ne faut pas lâcher face au travail intense sur les incendies. 

La crainte des familles des sapeurs-pompiers mobilisés

Comment tiennent-ils ? "La motivation, l'adrénaline. Forcément, toujours pareil, il y a nos deux camarades qui sont décédés sur le feu de Mérignac. C'est aussi pour eux qu'on fait ça, on va se battre. Il ne faut pas lâcher, il y a tous ces gens qui perdent leur maison. Les animaux, la faune, la flore, c'est toutes ces choses qu'il faut prendre en compte", explique l'un d'entre eux. Ajoutant : "Parce qu'on n'a pas envie de céder. On ne veut pas baisser les bras. Si on baisse les bras, on fait comment ? Comment ils font ? On laisse brûler toute la Gironde ? On laisse brûler notre patrimoine ? Non, on veut tenir et on va tenir."
Tenir loin de sa famille, qui peut parfois s'inquiéter. Les proches des soldats du feu doivent également faire preuve d'un grand courage pour regarder partir chaque jour ceux qu'elles aiment au-devant du danger, avec le risque qu'ils y laissent la vie. "Il y a crainte quand il part en intervention de ne pas savoir s'il va revenir ou pas. Vendredi soir, par exemple, il travaillait. Ça n'a pas été la meilleure nuit de ma vie. J'étais rassurée que quand il est rentré à la maison, savoir que tout allait bien", témoigne Mathilde, Des craintes donc, mais aussi et surtout une immense fierté : "Je suis fière de savoir qu'il fait partie des soldats du feu et qu'il contribue à maîtriser ce feu." 

À écouter

"La crainte de ne pas savoir s'il va revenir" : l'angoisse des familles des pompiers mobilisés sur les incendies

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Le feu en Gironde a tout de même bouleversé les vacances de la famille, qui est partie sans le père. Ce dernier loupe aussi l'anniversaire de son fils Raphaël, tout juste 12 ans. "Aujourd'hui j'ai réussi à l'avoir car aujourd'hui c'était mon anniversaire. Et malheureusement, il n'est pas là. Ça fait un peu bizarre, mais après tout, je me dis que c'est pour la bonne cause et que je ne lui en veux pas du tout", assure l'enfant. 

"Qu'il parte secourir, c'est ce qu'on peut dire, la France, c'est beaucoup de fierté. Apres aussi, un peu de peur parce qu'on ne sait pas forcément s'il va revenir. Après, ça fait 30 ans qu'il est dans le métier. Du coup, je m'inquiète un peu moins. Un peu de peur, mais ça va. Les flammes paraissent petites à la télé, mais j'en ai déjà vu et ce n'est pas tout petit", continue-t-il au micro de RTL. Raphaël veut suivre dans les pas de son père et dès l'année prochaine, faire partie des jeunes sapeurs-pompiers.

Un énorme élan de solidarité sur place

Et face au travail monumental des pompiers ces derniers jours, un bel élan de solidarité s'est mis en place dans les communes concernées, comme à Biscarrosse dans les Landes. Des banderoles blanches sont accrochées sur de nombreuses maisons avec un seul mot "merci". 

Des messages qui s'enchaînent le long de la route jusqu'au centre de secours où  des dizaines de pompiers et gendarmes dégustent un repas préparé par Gisèle et les autres bénévoles de la Fédération de chasse des Landes. "Ils nous disent tous merci, on se sent utile, ça fait du bien", assure la bénévole à RTL. Depuis le début de l'incendie, les bénévoles servent plus de 400 couverts par jour. Alors derrière la caserne, ils s'activent pour préparer la viande qui grille sur trois planchas brûlantes.

À écouter

La formidable solidarité envers les pompiers

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"On fait griller du sanglier, on fait cuire ça pour les pompiers. Ils sont contents de pouvoir manger chaud et de toute façon moi c'est ma commune, je ne me vois pas rester à la maison et rien faire", assure Clément, un autre bénévole. 

Une initiative qui ravit les pompiers, exténués, leur uniforme encore tâché de suie après avoir combattu les flammes. "Ça fait chaud au cœur. Pour les gars qui sont sur le terrain depuis plusieurs jours, venir se réconforter quelques instants ici au centre de secours avec la population du coin et surtout les chasseurs, c'est réconfortant. On en perd nos mots", témoigne l'un d'entre eux. 

Des pompiers épuisés mais soutenus par les habitants et les commerçants qui les inondent de donations : des denrées alimentaires, de l'eau, des produits d'hygiène pour affronter cet ogre de feu. Il est également possible de faire des dons en soutenant l'association ODP qui accompagne les familles de pompiers en difficulté. Il suffit de se rendre sur ce lien : https://don.odp-pompiers.fr/feux26/ 

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