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Des bénévoles aident les pompiers en Gironde, sur la D6 entre Lacanau et Sainte-Hélène le 26 juillet 2026.
Crédit : Arthur Pereira/RTL
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Face à un incendie hors-normes, la solidarité se structure sur le terrain. En Gironde, les pompiers continuent de lutter contre les flammes qui ont parcouru près de 42.000 hectares lundi 27 juillet, entraînant l'évacuation de 220.000 personnes. Près de Lacanau, les soldats du feu s'affairent à contenir le feu, éreintés physiquement et mentalement après plusieurs jours de travail.
"On a envie de chialer parce que c'est du patrimoine. C'est la forêt, c'est quelque chose ici. Nous on n'est peut-être pas du secteur mais ici les mecs c'est leur gagne-pain, c'est leur vie. Ils ont travaillé toute leur vie pour avoir des trucs comme ça et aujourd'hui tout est en feu donc non t'as qu'une envie c'est de chialer", témoigne l'un d'entre eux au micro de RTL, ajoutant : "Sur 24 heures, tu dors 3 heures. Tu travailles entre 19 et 21 heures. Tu travailles, tu travailles, tu travailles, tu réfléchis pas, mais encore une fois, t'as qu'envie de chialer."
Une chose est sûre, les pompiers peuvent compter sur la solidarité d'autres professions. Christophe, qui a traversé le département avec ses 25.000 litres d'eau, rempli la cuve des véhicules des soldats du feu. "On est en agriculture à côté de Libourne et on vient aider. C'est notre pays, on est citoyens, on défend notre territoire", explique-t-il à RTL.
"On a prévenu la chambre d'agriculture, la préfecture, on a dit qu'on était prêts à venir. Ils nous disent non. Aujourd'hui, on paye tout de notre poche, ça nous coûte 500 euros de gasoil par jour pour venir aider. Et quand j'ai appelé tout à l'heure la chambre d'agriculture, ils nous ont dit 'vous ne serez pas indemnisés, vous avez pris la décision d'y aller, vous vous débrouillez'", dénonce-t-il.
Aujourd'hui, Christophe compte aider à sauver les maisons sur place. "Le but du jeu, c'est que le feu ne saute pas la route parce que derrière, il y a encore des hectares et des hectares de forêts. Il faut imaginer qu'il y a quand même des maisons au milieu. Il y a des gens qui ont tout perdu, leurs propriétés ont brûlé entièrement. On parle de maisons, il y a tous les souvenirs. Ça pourrait être chez nous demain."
Quelques mètres plus loin, Nathalie recharge pour la 30e fois de la journée avec une pompe électrique la cuve de 1.000 litres accrochée à l'arrière de son pick-up noir. "On aide les pompiers, on éteint les fumerolles et on part sur les départs de feu. (...) On est de Sainte-Hélène (en Gironde, NDLR), on a une entreprise forestière. On a déjà vécu le feu de 2022, du coup c'était impensable de repartir et de tout laisser cramer. Surtout que c'est notre métier, on a besoin de la forêt pour vivre", explique-t-elle au micro de RTL. "Je ne sais pas combien de temps on dort, mais on fait des journées énormes et des nuits énormes."
Mais malgré cette détermination, cet effort collectif des agriculteurs, des forestiers et des pompiers, les flammes aidées par les rafales de vent continuent de grignoter du terrain. Alors, pour leur barrer la route, des tractopelles et des pelleteuses ont été dépêchées sur place. Bruno, avec son masque sur le visage, pilote les opérations. "On vient d'éteindre le feu qui était derrière le refuge, la maison d'accueil canin. Et là, les pompiers nous ont remplacés. Il y a le feu qui était reparti, mais on l'a maîtrisé. Et là, on attend pour sécuriser cette zone."
Le salarié de BTP n'est pas pompier mais bénévole. "On est chasseur, sylviculteur et habitant du Médoc dans tous les cas. Donc, on donne un coup de main aux pompiers, on protège la nature", assure celui qui a déjà prévenu son patron qu'il ne viendra pas travailler aujourd'hui. Pourquoi ? Pour continuer à aider les pompiers à combattre les flammes.
Invité de RTL ce lundi 27 juillet, le lieutenant-colonel David Annotel, Fédération Nationale des Sapeurs-Pompiers de France a jugé "indispensable" cette "solidarité locale qui s'est mise en place au quotidien".
"En général, elle nous pose des difficultés. On a pas l'habitude de laisser les agriculteurs nous prêter main-forte, si ce n'est sur les feux de récolte, a-t-il souligné. Mais là, c'est un soutien indispensable, que ce soit pas l'apport de citernes d'eau qui facilitent le remplissage des camions, les habitants qui mettent à disposition de l'alimentation et installent des lieux de couchage. Cette solidarité est indispensable pour faire face à l'ampleur de cet incendie".
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