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Sécheresse : dans les pas d'Emmanuel, sourcier à la recherche d'eau

Depuis deux ans, Emmanuel Nourdin, équipé de sa baguette de sourcier, aide ses clients à trouver des points de forage pour capter les eaux souterraines.

Emmanuel Nourdin, 52 ans, dans le pays des "pierres dorées" sur les hauteurs du Beaujolais, baguette en main, entame sa quête de l'eau
Emmanuel Nourdin, 52 ans, dans le pays des "pierres dorées" sur les hauteurs du Beaujolais, baguette en main, entame sa quête de l'eau
Crédit : RTL / Frédéric Perruche
Sécheresse : dans les pas d'Emmanuel, sourcier, à la recherche d'eau
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Sécheresse : dans les pas d'Emmanuel, sourcier, à la recherche d'eau
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Frédéric Perruche - édité par Florine Boukhelifa

C'est un métier ancestral, peu connu, mais bien utile en cette période de sécheresse et de canicule : sourcier. RTL a suivi Emmanuel Nourdin, 52 ans, dans le pays des "pierres dorées" sur les hauteurs du Beaujolais. Ce jour-là, l'homme, baguette en main, entame sa quête de l'eau dans un immense champ totalement sec qui domine la vallée.

Après avoir pris un moment pour "faire un petit peu le vide" et se détendre, Emmanuel met sa baguette "en pression" et avance lentement, avant de très vite ressentir les premières sensations. "Je viens de trouver une circulation qui descend des massifs plus haut. Ma baguette est descendue franchement, sans que je puisse la retenir, donc je suis à l'axe médian de cette circulation d'eau", explique le sourcier qui décrit alors "une veine profonde".

Cependant, il ne s'agit que du début. Afin de déterminer le point de forage idéal, il faut désormais suivre le cheminement de l'eau. Pour Emmanuel, la concentration est totale, ce qui rend l'exercice très éprouvant. "C'est très physique, même épuisant, parce qu'il faut mettre toute son énergie dans ces baguettes en sachant que ces dernières ne sont qu'un indicateur alors que le ressenti se fait par le corps", détaille celui pour qui tout passe dans les cervicales et les mains.

Après plus d'une heure de recherches, Emmanuel a trouvé le bon endroit et tape du pied pendant de longues minutes. "C'est la technique apprise à travers l'ancien sourcier qui m'a formé pendant plus d'un an et demi. Elle permet d'envoyer une onde dans le sol", explique-t-il. "Scientifiquement, je ne pense pas que cela a une grande valeur", reconnait l'homme, mais "c'est surprenant à la vue des résultats, parce qu'on arrive à un ou deux mètres près, c'est impressionnant."

Un faible taux d'échec chez les sourciers professionnels

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Néanmoins, le sourcier n'a pas de bonne nouvelle à annoncer à son client du jour. "En eau, on a un faible débit qui est de 500 à 600 litres par heure. La profondeur est très importante, à 120 mètres", explique celui "qui aimerai[t] faire plaisir au client, mais qui [n'en a] pas le droit". "Quand le forage est à 30, 50, voire 80 mètres, le coût est encore abordable", mais ici, avec une profondeur bien plus importante pour un débit qui peut être décourageant, "c'est une décision qu'il faut prendre". Un investissement estimé à 15.000 euros.

Même si Emmanuel Nourdin ne peut garantir à 100% que le forage donnera l'eau attendue, le taux d'échec reste marginal chez les professionnels reconnus. La grande majorité des clients, des agriculteurs, des particuliers ou encore des municipalités, qui ont fait appel à ses services ne le regrettent pas. "Nous avons décidé de faire un forage à 30 mètres de profondeur pour obtenir un débit de sortie de pompe de 9 mètres cube par heure" se souvient Benoit Beauplet, patron des pépinières Imbert, aux Chères dans le Rhône pour qui faire appel au sourcier a été "une très bonne affaire".

Quand l'eau arrive, "c'est jouissif, extraordinaire", raconte Emmanuel qui exerce pour "des causes intéressantes", et n'irait par exemple pas chercher l'eau "pour arroser un terrain de foot". Et après avoir passé 30 ans dans l'industrie, ce sourcier vit désormais de sa passion de l'eau et a créé son autoentreprise, Aqua vein, il y a deux ans.

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