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Sanofi : le "bonus de bienvenue" du nouveau patron Olivier Brandicourt suscite les critiques

Le "bonus de bienvenue" de 4 millions d'euros dont va bénéficier le nouveau patron de Sanofi crée l'indignation chez le gouvernement et les syndicats.

Le logo de Sanofi le 25 septembre 2012 à Paris (archives)
Le logo de Sanofi le 25 septembre 2012 à Paris (archives) Crédit : AFP
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La rédaction numérique de RTL
et AFP

Appels à la "morale" et à la "décence" côté gouvernement, annonce "choquante", "scandaleuse" pour les syndicats : après les "parachutes dorés" et les "retraites chapeaux", le "bonus de bienvenue" dont va bénéficier le nouveau patron de Sanofi, qui pourrait atteindre 4 millions d'euros, a suscité une salve de critiques lundi.

Olivier Brandicourt, dont la nomination a été annoncée jeudi, va bénéficier d'une prime d'accueil, pratique très répandue aux Etats-Unis, où l'on parle de "poignée de main en or" ("golden handshake"). Il recevra une indemnité forfaitaire brute de 2 millions d'euros à sa prise de fonction début avril, et une autre du même montant en janvier 2016, s'il est toujours en poste à ce moment-là.

Une indemnité "incompréhensible" pour Le Foll, "pas normale du tout" pour Royal

"C'est incompréhensible", a jugé le porte-parole du gouvernement Stéphane Le Foll. "Comment tous ces gens, qui expliquent que c'est le mérite (...) la prise de risque qui doivent faire les résultats, ces gens-là, à peine prennent-ils la tête d'une entreprise - c'est-à-dire qu'ils n'ont pris encore aucun risque - sont déjà assurés d'avoir rémunération sans commune mesure ?" "Il faut qu'il y ait des règles qui soient réaffirmées, un peu de morale", a-t-il ajouté.

La ministre de l’Écologie Ségolène Royal a qualifié cette indemnité de "pas normale du tout", a dit "espérer" qu'Olivier Brandicourt y renonce. "Ce serait un minimum", a-t-elle déclaré, appelant à "un peu de décence, notamment de la part de laboratoires pharmaceutiques qui vivent de la Sécurité sociale, donc des cotisations sur les salaires".

La direction a "dû mettre le prix" face à un manque de candidats

L'annonce de la prime, publiée sur le site internet du groupe, a fait bondir les syndicats. "Choquante" pour Stéphane Galiné (CFDT, 1er syndicat chez Sanofi), elle est qualifiée de "scandaleuse" par Thierry Bodin (CGT, 3e syndicat) "au regard de ce que vivent les salariés et chômeurs dans ce pays". La direction a "dû mettre le prix" car les candidats ne se bousculaient pas.

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"Cela faisait quelques mois déjà que Sanofi était à la recherche de la perle rare et son conseil d'administration a la réputation d'être dur", observait pour sa part Stéphane Galiné. Oliver Brandicourt a selon lui "un bon CV, c'est un scientifique, un médecin qui connaît la recherche", "mais on regrette qu'il ne vienne chez nous que pour des raisons bassement et purement financières". "On l'attend au tournant sur l'emploi et la stratégie", prévient le représentant CFDT.

Une indemnité "conforme aux pratiques du CAC 40" pour Sanofi

Sanofi, qui dispute à Total le titre de première capitalisation de la Bourse de Paris et réalise près de 34 milliards de chiffre d'affaires par an, a passé six mois sans directeur général, après l'éviction fin octobre de Chris Viehbacher. C'est Olivier Brandicourt, médecin qui dirige les activités pharmaceutiques de l'Allemand Bayer, qui a été nommé jeudi.

"Nous ne faisons que compenser les avantages auxquels il a renoncé en quittant son précédent employeur", a dit une porte-parole de Sanofi, qui indique que Chris Viehbacher avait bénéficié d'une mécanisme similaire à sa prise de fonction. Cette indemnité est "conforme aux pratiques de l'industrie pharmaceutique, aux pratiques du CAC 40 et au code Afep-Medef", a déclaré cette porte-parole, qui ajoute que "pour les dirigeants de grands labos pharmaceutiques, la compétition se joue au niveau international".

Le gouvernement mise toujours sur l'auto-régulation

Sur les 44 pages que compte ce code non contraignant, formalisé par les organisations patronales Afep et Medef, un seul paragraphe est consacré aux "indemnités de prise de fonctions", qui "ne [peuvent] être accord[ées] qu'à un nouveau dirigeant mandataire social venant d'une société extérieure au groupe. Dans ce cas, son montant doit être rendu public au moment de sa fixation".

Face aux polémiques suscitées par les rémunérations des dirigeants d'entreprises privées, le gouvernement a jusqu'ici misé sur l'auto-régulation, sauf pour l'encadrement des retraites-chapeaux, inclus dans la loi Macron. Interrogé sur l'opportunité de limiter ces rémunérations par la loi, Stéphane Le Foll a estimé que "cela pourrait être dans la loi mais le problème est que ces grandes entreprises sont internationales". De même, Ségolène Royal est restée prudente, se bornant à évoquer l'"auto-discipline".

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