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Retraites : que se passe-t-il dans les coulisses de l'épineuse réforme ?

ÉCLAIRAGE - Gouvernement et partenaires sociaux relance officiellement les négociations sur la réforme des retraites ce mercredi 18 décembre. Mais loin des caméras, celles-ci ne se sont jamais vraiment arrêtées.

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Retraites : que se passe-t-il dans les coulisses de l'épineuse réforme ? Crédit Image : Christophe Ponzio | Crédit Média : RTL | Durée : | Date : La page de l'émission
Anais Bouissou
Anaïs Bouissou et Vincent Derosier

Les discussions entre le Premier ministre et les partenaires sociaux, à propos de la réforme des retraites, débutent ce mercredi 18 décembre. Nous devrions donc voir la traditionnelle photo du gouvernement et des syndicats face à face. Mais que se cache-t-il derrière cette image ?


Si on regarde attentivement la photo autour de la table, il y a les visages connus, et puis il y a les autres. Pierre-André Imbert, conseiller social de l’Élysée, le directeur de cabinet du Premier ministre Benoit Ribadeau-Dumas, son numéro 2 Thomas Fatome, tout juste 41 ans et déjà 20 ans d'expérience dans le social ou Marguerite Cazeneuve, conseillère protection sociale. Tous ces conseillers de l'ombre sont en contact permanent avec les syndicats, sans eux pas de tractations et pas de réforme des retraites.

Il faut savoir que ça fait 2 ans, que les partenaires sociaux concertent. Il y a donc eu beaucoup de réunions. Il y a les grands rendez-vous, à Matignon avec les numéro 1, les photographes et les journalistes, mais il y a aussi les négociateurs, les juristes, ceux qui connaissent les détails techniques et qui aident d’ailleurs à proposer des sorties de crise ou à trouver des voies alternatives.

En effet, personne n’a intérêt, ni au gouvernement, ni chez les partenaires sociaux, à se retrouver bloqué. Le problème aujourd'hui, c’est que les syndicats dits "réformistes" ont souvent l’impression d’être exclus et que les négociations sont menées à Matignon et à l’Élysée, sans eux.

Proximité entre syndicats et gouvernement

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L'essentiel des négociations se fait donc hors caméra, avec les conseillers. La semaine dernière, pour tenter d’apaiser la situation, c’est carrément Édouard Philippe qui a appelé tout le monde un par un. Et puis, quand ils en ont l’occasion, les partenaires sociaux glissent un mot au grand chef. C’est le cas de François Asselin pour les entrepreneurs de la CPME, qui a vu Emmanuel Macron récemment et qui a bien sûr, plaidé sa cause. Il faut rappeler la tradition, les numéros de portables s'échangent entre le Premier ministre, le président et les partenaires sociaux. Et ces derniers se permettent souvent d'envoyer des textos à Édouard Philippe et Emmanuel Macron.

Les partenaires sociaux ont quand même perdu leur interlocuteur numéro 1 en la personne de Jean-Paul Delevoye. "Le boulet politique qui pèse sur cette réforme est encore alourdi, explique un ancien conseiller de l'Élysée. À Matignon on dédramatise en expliquant que le pilote depuis plusieurs semaines, c'est Édouard Philippe. Mais, dans les relations au quotidien, ça change beaucoup de choses. Finie la rondeur d’un Jean-Paul Delevoye, Édouard Philippe assume un style plus cash "Il ne tape pas dans le dos pour séduire et il n'a pas de doubles discours" commente un de ses proches, assenant au passage un petit tacle pour l’ancien Haut-commissaire.

Ça n’a pas empêché Jean-Paul Delevoye, selon nos informations, d’appeler, non seulement les numéros 1, mais aussi certains techniciens des syndicats et du patronat au moment de sa démission, il voulait dire au revoir et remercier. Un geste très apprécié en coulisses.

Un silence de façade à l'Élysée

Face caméra, c'est Édouard Philippe, qui pilote cette réforme polémique. Mais pour les décisions, c'est Emmanuel Macron. "L'absence de Macron est artificielle, décrypte un conseiller, le président pilote clairement le projet, absolument tout remonte à l’Élysée". Un silence présidentiel tout relatif donc.

De leur côté, les syndicats se parlent entre eux. "Sachez qu’il y a la position officielle, par médias interposés, et puis il y a les échanges en coulisse et ils sont intenses", avance un représentant du patronat. Le numéro 1 de FO, Yves Veyrier, a décroché son téléphone la semaine dernière, pour convaincre la CFDT de suivre un seul et même cortège.

"On ne sait pas"

Il y a donc de la détermination dans les deux camps. Voici l'analyse d'un conseiller spécialiste des retraites pas du tout optimiste : "il va falloir que le président revienne sur l'âge pivot d’une manière ou d’une autre et toute la presse dira qu’il a mangé son chapeau".

En fait,  à propos de l'issue du conflit, la réponse qui revient le plus souvent, c’est "on ne sait pas". Faire un pas vers la CFDT, c’est potentiellement mécontenter le Medef. Et de toute façon, un pas ne suffira jamais à la CGT. Donc la seule solution pour les mécontents, c’est d’arriver à maintenir le feu de la mobilisation jusqu'en 2020.  Avec des grèves et en essayant de peser sur les parlementaires.

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