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Retour des 39 h chez Smart : "Ouvriers et cadres ne vivent pas la même situation", selon Eric Aubin de la CGT

REPLAY - INVITÉ RTL - Le retour aux 39 heures, payées 37, rythme la vie de l'usine Smart en Moselle. Pourtant adopté à 56 % par les salariés, les syndicats refusent tout dialogue, bloquant l'application de ce vote.

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6 minutes pour trancher du 17 septembre 2015 Crédit Image : PHILIPPE WOJAZER / POOL / AFP | Crédit Média : Yves Calvi | Durée : | Date : La page de l'émission
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Yves Calvi et Eléanor Douet

À l'usine Smart d'Hambach en Moselle, la question du retour aux 39 heures payées 37 fait débat. Le 10 septembre dernier, les salariés de l'usine étaient appelés à se prononcer sur ce changement. La participation très élevée, 93%, donne le oui gagnant à 56%. Les syndicats ont annoncé hier qu'ils ne poursuivraient pas les négociations avec la direction. On peut alors se demander si les syndicats vont à l'encontre de la volonté des salariés en bloquant les négociations. Pas du tout, selon Éric Aubin, membre de la commission exécutive de la CGT, chargé des retraites.

"Il faut analyser les chiffres de façon précise, explique-t-il. Une très large majorité des salariés de la chaîne de production a voté contre (61%) le retour aux 39 heures. Et une partie des cadres, majoritaires, a voté pour". Le problème pour Éric Aubin c'est que ces deux corps de métiers, "vivent différemment les choses". Pour lui, "les cadres aujourd'hui, sont rarement aux 35 heures. Ils sont souvent amenés à travailler plus. La situation peut pour eux correspondre à un statu quo, voire une amélioration."

Ouvriers et cadres ne vivent pas la même chose

Entre ouvriers et cadres, la situation au travail n'étant pas la même, ce vote n'aurait donc pas la même portée. Il faudrait, selon lui, prendre en compte la réalité de ces deux catégories et discuter de leurs situations. "On ne peut pas agglomérer les cadres et les ouvriers de production et considérer que tout le monde va vivre la même chose. Dans les entreprises, ce n'est pas comme ça que ça se passe". 

Éric Aubin soulève également un autre problème : "Il n'y a plus de limite dans le travail gratuit. Aujourd'hui, c'est 39 heures payées 37, bientôt ça sera 39 heures payées 35. Et pour quels résultats ? Je serais curieux de regarder par exemple ce qui est versé en dividendes aux actionnaires. Souvent, on demande beaucoup aux salariés mais on demande moins aux actionnaires". 

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Il est vrai que les salariés de l'entreprise ont déjà "fait face à plusieurs plans qui ont vu des régressions en termes de droit des salariés. Il les ont acceptées les uns après les autres ? Or, cinq ans après, on leur demande toujours plus et on leur demande de revoir leurs droits à la baisse."

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