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Projet immobilier de luxe, famille de Donald Trump, colère généralisée... Qu'est-ce que cette "révolution des flamants roses" qui agite l'Albanie ?

En Albanie, un projet de construction d'une station balnéaire, mené par la fille et le gendre du président américain, sur une réserve protégée suscite la colère de tout un pays.

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Crédit : Des centaines de personnes manifestent dans une réserve naturelle en Albanie, le 6 juin 2026

Thomas Bernardon & AFP

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L'Albanie est en ébullition. Depuis près d'une semaine, des milliers de manifestants se rassemblent chaque soir dans la capitale de Tirana pour lutter contre la destruction de pans entiers d'une réserve naturelle à Vjosa-Narta. C'est d'ailleurs là-bas que des centaines de personnes ont encore protesté contre un plan de construction immobilier ce samedi 6 juin. Derrière ce projet planent les ombres de la fille et du gendre de Donald Trump. 

Tout est parti d'un coup de cœur. Ivanka Trump a découvert l'île de Sazan via une croisière dans la mer Méditerranée. Après cette virée, la fille du président américain et son mari Jared Kushner ont fait les démarches pour acheter le bout de terre, une idée approuvée par le gouvernement albanais à la fin de l'année 2024. Les époux souhaitaient construire une station balnéaire, composée d'environ 1.000 logements, sur l'île. Depuis des visites cet hiver d'Ivanka Trump dans la zone, en compagnie d'investisseurs, la construction d'hôtels de luxe dans le lagon de Vjosa-Narta était aussi évoquée.

La nouvelle a fait du bruit dans le pays mais la situation a pris une tout autre tournure ces derniers jours, lorsque le chantier s'est mis en place sur le site. Des militants écologistes de l'ensemble du pays et des habitants se sont rassemblés dans le lagon de Vjosa-Narta, à environ 150 km au sud-ouest de Tirana, à l'endroit où la construction devait avoir lieu. Ce samedi, sur la plage de sable face aux eaux azur, certains ont agité des drapeaux rouges albanais, d'autres ont porté des flamants roses gonflables ou découpés dans le papier. Ils ont scandé "Annulez le projet !". 

"Ce n'est pas normal"

Si des flamants roses se dressaient par-dessus les têtes des contestataires, c'est parce que l'animal est devenu le symbole d'un mouvement à l'échelle nationale. Le lagon côtier, touché par le projet immobilier, abrite de nombreux oiseaux migrateurs, dont des flamants roses. "Le problème ne concerne pas seulement la transparence de ce processus, mais aussi le fait que tout cela s'est déroulé au mépris total de l'importance environnementale de cette zone", a expliqué Denisa Kasa, militante de l'association albanaise de protection de l'environnement PPNEA. 

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Une colère dont le grondement fait aussi trembler la capitale de Tirana où des défilés ont lieu depuis bientôt une semaine afin d'affirmer un ras-le-bol généralisé face à la politique d'un gouvernement qui vend ses terres. Sur les réseaux sociaux, ceux qui protestent se sont réunis sous un nom : la "Flamingo Revolution", comprenez la Révolution des flamants roses. "Nous avons maintenant 3.000 flamants roses dans le lagon. Nous pouvons les voir aujourd'hui, et demain nous allons construire une nouvelle ville et un nouveau zoo avec cinq flamants roses. Pour moi, ce n'est pas normal", déplore le guide touristique Ornold Bazaj. 


Le Premier ministre albanais Edi Rama a déclaré vendredi qu'"il n'y a pas de raison de s'inquiéter", et que le projet n'avait pas encore été approuvé. Il a souligné que "les meilleurs experts" au monde étaient "mobilisés" et qu'il s'agissait de "créer quelque chose d'unique". Des paroles qui n'ont visiblement pas convaincu les manifestants. "Toute cette étendue marine est une zone protégée. La détruire serait fatal pour la biodiversité", a dit à l'AFP Emiljona Puja, employée dans la finance. 

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