3 min de lecture Réforme du collège

Réforme du collège : première grève de l'année, jeudi 17 septembre, pour tester la mobilisation

Les enseignants mobilisent leurs troupes opposées à la réforme du collège quelques jours seulement après la rentrée.

Le cortège de la deuxième manifestation des enseignants contre la réforme du collège, à Paris (archives)
Le cortège de la deuxième manifestation des enseignants contre la réforme du collège, à Paris (archives) Crédit : PIERRE VERDY / AFP
Aymeric Parthonnaud
Aymeric Parthonnaud
et AFP

La rentrée est passée mais c'est en prévision de septembre prochain qu'une partie des enseignants ne fera pas cours jeudi 17 septembre, pour dénoncer la réforme du collège. Reste à savoir si cette première grève de l'année scolaire mobilisera les troupes. "Pour nous, la priorité, c'est ce 17 septembre", déclarait il y a peu Roland Hubert, co-secrétaire général du SNES, syndicat majoritaire dans le secondaire et fer de lance de l'opposition au projet porté depuis le printemps par la ministre de l'Éducation, Najat Vallaud-Belkacem.

Plus d'interdisciplinarité (cours mêlant, par exemple, le français et l'histoire), autonomie accrue des établissements, accompagnement personnalisé, apprentissage d'une deuxième langue vivante dès la 5ème mais disparition d'une grande partie des classes bilingues (qui démarrent en 6ème), fin des options latin et grec, remplacées par des modules langues et culture de l'Antiquité... Autant de mesures prévues pour la rentrée 2016, destinées à "rebooster" le collège et améliorer l'égalité des chances, selon la ministre, alors que les études internationales PISA pointent régulièrement le gros problème du système scolaire français : l'origine sociale d'un élève pèse, plus que chez nos voisins, sur son destin scolaire. 

Crainte d'une éducation à deux vitesses

Pour ce premier "test" depuis la reprise des classes, le Syndicat national des enseignements de second degré (SNES) bat le rappel, au sein d'une intersyndicale composée, entre autres, du Syndicat national des lycées et collèges (SNALC), de FO, de la CGT, de Sud... Des rassemblements sont prévus à Paris et en province, avant une manifestation en octobre. Chacun sera très attentif à l'ampleur de la mobilisation. Le mouvement de protestation peut-il repartir après la trêve de l'été ? La grève de juin avait déjà été nettement moins suivie que celle de mai. Et certains doutent de la volonté des profs à ne pas assurer leurs cours quelques jours à peine après la rentrée.  

Sur Twitter, où se sont déchaînés adversaires et partisans avant l'été, sous le mot-clé #college2016, l'intensité semble avoir baissé d'un cran en ce début septembre. Le SNES réclame une modification des textes, déjà publiés au Journal officiel. Il refuse l'autonomie accrue des établissements, qui creusera selon lui le fossé entre les "bons" et les "mauvais" établissements, et qui pourrait donner plus de pouvoir au principal, au détriment de l'équipe pédagogique. Les syndicats réfractaires à la réforme ne veulent pas d'une interdisciplinarité imposée, dans un pays où la journée de classe au collège a toujours été découpée en tranches : une heure, une classe, une discipline. À la différence de nombre d'établissements à l'étranger. 

Fuite vers le privé ?

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Enfin, ils brandissent la crainte d'"une fuite vers le privé", qui doit pourtant lui aussi appliquer la réforme, du moins les établissements sous contrat. La direction de l'enseignement catholique, le syndicat majoritaire du privé (la Fep-Cfdt) et la fédération des parents d'élèves (Apel) ont accueilli favorablement, avec quelques réserves, les textes du ministère. "Une réforme, surtout dans l'Education nationale, ne fait jamais l'unanimité", a déclaré mardi la ministre sur France Info. Mais "elle a été adoptée et elle sera appliquée". Dans le public, deux syndicats minoritaires soutiennent le "nouveau collège", le SE-Unsa et le Sgen-CFDT. Ce dernier s'inquiète cependant du plan de formation des enseignants prévu par le ministère, qu'il juge insuffisant et tardif. Faute d'effort côté formation, le ministère "se donne presque les moyens de rater sa réforme", prévient Frédéric Sève, secrétaire général du Sgen-CFDT. 

Le principal syndicat des chefs d'établissement, le SNPDEN, a maintenu son soutien critique et déplore l'animosité qui prévalait avant les vacances. "À un tel niveau d'acrimonie, il est difficile de trouver des portes de sortie", selon son secrétaire général Philippe Tournier. On observe en tout cas une accalmie du côté des hommes politiques. Ils avaient pourtant multiplié avant l'été les déclarations fracassantes et les tribunes, catastrophistes ou exaltées.

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