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Réforme du collège : mobilisation en baisse pour la deuxième journée de grève

Pour certains découragés par la publication du décret au Journal Officiel, les enseignants étaient moins nombreux dans les rues jeudi 11 juin.

La participation devrait osciller entre 10% et 22,2% parmi les enseignants du premier degré (archives).
La participation devrait osciller entre 10% et 22,2% parmi les enseignants du premier degré (archives).
Crédit : PIERRE VERDY / AFP
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La rédaction numérique de RTL
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Un peu moins d'un mois après la première journée d'action qui avait réuni 27,6% ds enseignants des collèges publics selon le ministère de l'Éducation nationale, La deuxième journée de grève contre la réforme du collège jeudi a été marquée par une mobilisation en baisse, avec 11,9% de grévistes dans les collèges publics selon le ministère, un tiers selon le Snes-FSU, premier syndicat du secondaire.

Vallaud-Belkacem veut dissiper les "malentendus"

L'appel à la mobilisation n'avait pas été générale puisque le SNALC n'avait pas appelé à la grève ce jeudi. Le syndicat, classé à droite, demande en revanche aux professeurs de cesser le travail pendant les écrits et les corrections du brevet.

"J'entends les inquiétudes qui s'expriment et c'est pourquoi ma porte est toujours ouverte pour discuter des modalités d'application de cette réforme", a déclaré jeudi la ministre Najat Vallaud-Belkacem. "Il y a encore des malentendus, de la pédagogie à faire, des gages à apporter pour rassurer sur le fait qu'ils (les professeurs) pourront à la rentrée 2016 mettre en œuvre cette réforme dans de bonnes conditions".

Période plus délicate pour faire grève

La réforme du collège a suscité de nombreuses polémiques depuis sa présentation en mars. La suppression d'une large partie des classes bilangues et des options latin et grec ont provoqué la colère des enseignants de lettres classiques et d'allemand, ainsi que de la droite. Les syndicats anti-réforme, eux, s'émeuvent d'un accroissement de l'autonomie des établissements et de l'interdisciplinarité (croiser deux disciplines lors d'un même cours). A Paris, une manifestation régionale a rassemblé plusieurs centaines de personnes.

On peut avoir des perturbations en fin d'année, y compris dans la période des examens

Frédérique Rolet, co-secrétaire générale du Snes-FSU
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"On savait que cette grève aurait des taux inférieurs à celle du 19 mai: période de conseils de classe, quatrième grève de l'année, ça commence à devenir un peu compliqué", a fait valoir Frédérique Rolet, co-secrétaire générale du Snes-FSU, disant toutefois la détermination des enseignants, qui s'emploient à sensibiliser parents et élus.

La publication du décret a "découragé" certains enseignants

"Nous ne souhaitons pas instrumentaliser les examens parce que nous souhaitons que nos élèves réussissent, mais si la ministre (...) se contente de donner quelques précisions sur les textes déjà publiés, on peut avoir des perturbations en fin d'année, y compris dans la période des examens, et une reprise" de la mobilisation à la rentrée", a-t-elle envisagé. 

D'autres rassemblements ont eu lieu en province, avec 380 personnes à Toulouse selon la police, 500 selon les organisateurs. Des participants ont expliqué la relative faible ampleur de la manifestation par un "découragement" de certains enseignants après la publication du décret. Des professeurs d'allemand ont contesté la suppression de la plupart des classes bilangues, "un moyen d'offrir à tous les jeunes qui le souhaitent une porte vers l'emploi car l'Allemagne est notre premier partenaire économique".

A Lyon, ils étaient plusieurs centaines, avec de nombreux professeurs d'allemand, dont une qui portait une bouée autour du cou "pour que les professeurs d'allemand ne se noient pas". A Nantes, les manifestants étaient 250, dont 50 professeurs d'allemand. "75% des élèves apprennent l'allemand à partir de la sixième. Demain, ce sera à partir de la cinquième et on craint que les effectifs s'effondrent", explique Gisela Lefebvre, professeur en Vendée. Entre 100 et 150 enseignants ont manifesté à Rennes. 

À l'inverse, la réforme compte aussi ses partisans: deux syndicats dits réformateurs (SE-Unsa et Sgen-CFDT, 20% aux élections professionnelles), l'enseignement privé catholique (20% des élèves en France) et la FCPE, première fédération des parents d'élèves.

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