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"Radio Londres" : rencontre avec le dernier survivant de l'équipe française

REPLAY - Entre 1940 et 1944, les Alliés ont mené la guerre des ondes pour préparer le Débarquement du 6 juin. Franck Bauer, aujourd'hui âgé de 96 ans, nous raconte son aventure à "Radio Londres".

Franck Bauer, ancien speaker à "Radio Londres", le 17 juin 2009 à Paris
Franck Bauer, ancien speaker à "Radio Londres", le 17 juin 2009 à Paris
Crédit : AFP / Archives, Patrick Kovarik
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Laurent Marsick & Loïc Farge

Dans le trois pièces que Franck Bauer occupe à Paris, des dizaines de souvenirs et de décorations sont accrochés au mur. Ce fou de jazz a 20 ans quand la guerre éclate. Il ne se pose pas de question et décide de fuir. Sa famille habite alors en Alsace. En juin 1940, il enfourche son vélo. Il parcourt 680 kilomètres pour rallier Bordeaux. De là, il part à Londres rejoindre le général de Gaulle.

"Je suis arrivé à Londres en ayant traversé une partie de la France. J'avais la volonté de quitter très vite un pays qui était menacé par l'Allemagne. Il fallait donc s'en aller le plus vite possible", raconte-t-il.

En Angleterre, vient de naître Radio Londres. Belges, Français et d'autres pays lancent des radios de résistance en utilisant les antennes européennes de la BBC. En mai 1941, Franck Bauer est engagé comme speaker à Radio Londres.

"L'aventure d'une vie"

À l'époque, ils sont une trentaine sous la direction de Michel Saint-Denis, alias "Jacques Duchène ". Il y a des journalistes, des chansonniers (Pierre Dac, par exemple, les rejoint en 1943), et des speakers pour lire les messages des "Français parlent aux Français". "Pour nous, c'était l'aventure d'une vie. On savait très bien vers quoi on allait", raconte Franck Bauer, qui avoue qu'il était "heureux" d'être là.

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Chaque soir vers 21h30 sont diffusés les fameux messages codés. Au départ, ils sont destinés à rassurer les familles de ceux qui sont en exil. Mais en mai 1941, Georges Bégué, premier agent français parachuté en zone occupée, suggère qu'on utilise cette émission pour faire passer des messages à la Résistance. "Je savais que les messages que j'envoyais avaient une destination. On n'avait pas le droit même de le savoir", raconte Franck Bauer.

Dès lors, les Allemands interdisent qu'on écoute Radio Londres. Ils brouillent sa fréquence, ils confisquent les postes des Français. La radio autorisée, c'est la leur : Radio Paris. Pendant quatre ans, les deux postes vont se faire la guerre. Radio Paris attaque. Radio Londres répond. On y a entend notamment la chansonnette : "Radio Paris ment, Radio Paris est allemande".

Guerre musicale

C'est aussi une guerre musicale. Franck Bauer lance Radio Swing, le 17 février 1942. "Sachant que les Allemands avaient décidé d'aider la diffusion d'une émission consacrée au jazz, nous nous sommes dit qu'il fallait que nous ayons une émission concurrente. J'avais la chance de pouvoir bénéficier d'un domaine de jazz américain qui m'arrivait de l'Amérique et donc arrivé tout frais et que je pouvais utiliser directement".

En 1943, il quitte l'Angleterre. Il y reviendra en juin 1944. "Les sanglots longs des violons de l'automne" : c'est le coup d'envoi du Débarquement du 6 juin. Un message en deux temps (1er et 5 juin), noyé au milieu de centaines d'autres messages. Les Alliés débarquent le lendemain de ce dernier message : "Blesse mon cœur d'une langueur monotone".

Radio Londres cessera d'émettre à l'automne 1944.

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