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Qui est Marcel Campion, le "roi des forains" qui s'oppose à Anne Hidalgo ?

PORTRAIT - À 77 ans, il continue de gérer d'une main de maître le monde des fêtes foraines. Et cette année, il est de nouveau au cœur d'une controverse avec la mairie de Paris.

Marcel Campion, le 1er septembre 2017 à Paris
Marcel Campion, le 1er septembre 2017 à Paris Crédit : BERTRAND GUAY / AFP
Claire Gaveau
Claire Gaveau
Journaliste RTL

La foire du Trône, la grande roue de la Concorde, les carrousels du Trocadéro, les fêtes des Tuileries ou encore la fête à Neuneu... Tout ça, c'est à Marcel Campion. Cet homme, aujourd'hui âgé de 77 ans, règne véritablement sur le monde des forains. À tel point qu'il a gagné au fil des années le surnom de "roi des forains".

Mais aujourd'hui, le "roi" est contesté. Début juillet, le Conseil de Paris a en effet décidé de ne pas reconduire l'autorisation qui permettait à Marcel Campion d'installer en toute légalité, comme c'était le cas depuis 2008, son marché de Noël sur les Champs-Élysées. Pas question pour lui de rester immobile dans cette affaire. Depuis lundi 6 novembre, il a décidé de mener des opérations escargot en région parisienne alors qu'il a dénoncé un manque de "dialogue" et de "concertation". "Je demande simplement qu'on soit respecté", glissait-il à RTL.

Un forain parti de rien

Celui qui aime rappeler qu'il est parti de rien, est aujourd'hui un homme autant détesté que respecté. Né dans une famille de forains, Marcel Campion perd sa mère à 3 ans, tuée par un obus allemand pendant la Seconde Guerre mondiale. Il devient pupille de la nation alors que son père est prisonnier en Allemagne. De retour de captivité, ce dernier emmène son fils sur les foires et les marchés.

Le début d'une nouvelle vie pour celui qui décide, à 14 ans, de voler de ses propres ailes. Il travaille d'abord dans une loterie, dort dans un camion, vend des frites à la sauvette dans le Jardin des Tuileries. Puis, rapidement, il prend goût à l'investissement et décide de vendre clés en mains des fêtes foraines dans les villes d'Île-de-France. Une idée qui fera "sa fortune et sa légende", écrit Paris Match.

Une fois qu’on est installés, on négocie

Louis Joubert, proche de Marcel Campion, à Paris Match
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Si on lui refuse le droit de s'installer, pas grave, il s'installe malgré tout. C'est la méthode Marcel Campion. "Une fois qu’on est installés, on négocie", résume Louis Joubert, l'un de ses amis, aujourd'hui secrétaire général du comité de la Foire du Trône, dans les colonnes de l'hebdomadaire en avril 2016.

L'exemple typique de cette mise en scène demeure en 1985. Marcel Campion et ses collègues investissent de nuit le jardin des Tuileries avec une fausse lettre signée de Jack Lang. Malgré l'intervention des CRS et des ministres, la troupe gagne le droit de s'installer. Sûrement l'une de ses plus grandes victoires alors que 32 ans plus tard, cette fête foraine est toujours d'actualité en plein cœur de la capitale.

Un carnet d'adresse hors norme

Cela témoigne d'une assurance sans faille. Il faut dire qu'au fur et à mesure, ses relations se développent. Il finit même par connaître le tout Paris, tutoie les hommes et les femmes politiques de tout bord, de Bertrand Delanoë à Jacques Chirac, avant d'accueillir Marine Le Pen à l'inauguration de son marché de Noël en 2016.

Pourtant, malgré 60 ans de carrière et un carnet d'adresses long comme le bras, il rejette fermement le surnom que le monde extérieur lui donne. "Chez nous, gens du voyage, il n'y a ni roi ni sujets, chacun est libre", racontait-il à l'hebdomadaire. Son vrai surnom, c'est "Cécel". Celui que l'ensemble de ses collègues lui donne.

Je ne suis que le roi de la garde à vue

Marcel Campion, à Paris Match
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Un comportement qui lui a cependant amené de nombreux déboires. À Paris Match, il expliquait alors avoir subi plus de quarante contrôles fiscaux et une cinquante de gardes à vue. "Je ne suis que le roi de la garde à vue", ironisait-il alors. Mais ça non plus, cela ne lui fait pas peur. 

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