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Prolonger les études en médecine, l'arme du gouvernement contre les déserts médicaux

DÉCRYPTAGE - Le gouvernement souhaite ajouter une année d'internat supplémentaire aux études de médecines générales pour lutter contre les déserts médicaux. Cette année devra se dérouler dans une zone concernée. Le projet est très loin de faire consensus.

Des médecins analysant une radio des poumons (illustration)
Des médecins analysant une radio des poumons (illustration)
Crédit : FRANCOIS GUILLOT / AFP
Prolonger les études en médecine, l'arme du gouvernement contre les déserts médicaux
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Agathe Landais

Une année d'études supplémentaire pour tous les futurs généralistes. La proposition est inscrite dans le projet de loi de Finances qui sera présenté ce lundi 26 septembre en Conseil des ministres. 

Aujourd'hui, 10 millions de Français vivent dans un désert médical, et 11% de notre population n’a pas de médecin traitant. Il y a des déserts médicaux partout en France. Mais ce sont les départements au centre du pays qui concentrent le moins de médecins : le Cher, la Creuse, et le Centre Val-de-Loire, des départements très ruraux comme le Gers, ou l'Orne, mais aussi des départements très peuplés comme la Seine-Saint-Denis ou la Seine-et-Marne. Ces deux départements font partie des plus touchés.

Ce phénomène dure et s’amplifie depuis des dizaines années. Et on commence à en voir des conséquences dramatiques sur l’espérance de vie. Selon une étude de l’association des maires de France, parue cet été, les habitants des départements ruraux vivent en moyenne deux ans de moins que ceux des villes.

Le gouvernement espère que les jeunes médecins voudront y rester après l'internat

Aujourd'hui les futurs généralistes ont neuf ans d’études, dont trois ans d’internat. On passerait donc à dix ans d’études dont quatre ans d’internat. Le ministère de la Santé souhaite qu’ils effectuent cette dernière année, dans un désert médical.
 
Passer un an d’internat dans ces déserts médicaux ne devrait pas suffire à régler le problème. Mais le gouvernement mise sur le long terme. Le ministre de la Santé espère que cette mesure permettra d’attirer les jeunes médecins dans ces zones sous-dotées. De leur faire prendre conscience de l'importance d'exercer dans ces territoires, et surtout, de leur donner envie d'y rester au-delà de l'internat, après y avoir découvert le cadre de vie. Peut-être voudront-ils continuer d'y travailler avec leurs collègues et leurs patients qu'ils auront appris à connaitre pendant 1 an.

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Les principaux concernés, les internes, sont globalement contre. La contrainte à l’installation est vraiment quelque chose qui est fortement rejetée par les soignants. Ils préfèrent évidemment pouvoir choisir leur lieu d’exercice. En fonction de la discipline médicale qu’ils préfèrent, du cadre de vie, de la proximité avec leur famille et leurs amis. Selon les syndicats d’internes, si l’on force ces jeunes généralistes à travailler là où ils ne le souhaitent pas, on risque de les dégoûter et de les voir changer de spécialité ou d’abandonner leurs études. 

Une année obligatoire ou facultative ?

En fait pour cette mesure : tout l’enjeu sera de savoir si cette année en désert médical sera obligatoire ou facultative. Parce que pour l’instant ce n’est pas très clair.

Si cette année est facultative, la mesure semble avoir peu de chance de fonctionner. Il existe déjà une flopée de mesures qui visent à inciter les médecins à s’installer dans ces zones rurales ou en banlieue… Et pourtant, l'incitation ne suffit pas. Par exemple depuis 5 ans, il existe des aides financières. Jusqu’à 50.000 euros pour un médecin qui accepte de s’installer dans un village. Sauf qu’en 5 ans, à peine 400 médecins par an ont sollicité cette aide. Trop peu, par rapport au manque de médecins et vu le nombre d'entre eux qui partent chaque année à la retraite.

Et puis les incitations viennent aussi des mairies et des départements : elles proposent des places en crèches, des maisons de santé, des aides pour trouver un logement. Malgré tout cela, moins de 5.000 professionnels de santé se sont installés en désert médical ces cinq dernières années.

La contrainte, à l'inverse, même si les médecins sont absolument contre, produit plus d'effets, en atteste le statut des sages-femmes et des infirmiers. Ils bénéficient aujourd’hui d’aides financières à l'installation, mais, en plus, ils doivent attendre qu’une place se libère avant de s’installer dans un territoire bien doté en soignants. Résultat, le maillage territorial de ces professions de santé et l'accès au soin se sont nettement améliorés ces dernières années. Preuve donc, que la contrainte est efficace.

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