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Prolift, la prothèse vaginale qui fait scandale dans le monde

Selon une enquête de "L'Obs", les médecins à l'origine de la fabrication de la prothèse vaginale commercialisée par un laboratoire américain, sont accusés d'avoir caché ses défaillances.

Une infirmière aux urgences de Marseille.
Une infirmière aux urgences de Marseille.
Crédit : BORIS HORVAT / AFP
Marie Zafimehy

"Je ne pourrai jamais plus avoir de rapports sexuels". Kim Blieschk, 50 ans, fait partie des 800 australiennes qui ont porté plainte contre le géant pharmaceutique Johnson & Johnson.

Le laboratoire américain est accusé d'avoir commercialisé "Prolift", une prothèse vaginale défaillante. Selon une enquête de L'Obs, les neuf médecins français à l'origine de cette prothèse n'ont jamais alerté sur les dangers qu'elle présentait, bien qu'ils en soient au courant.

Effet de "papier de verre", de "râpe à fromage", "cisaille le vagin"...  Les victimes du Prolift sont unanimes : la prothèse, destinée à empêcher la descente d'organes chez les femmes qui ont subi plusieurs accouchements, les a faites souffrir. Au-delà de l'Australie, des procès contre Johnson & Johnson sont en cours aux États-Unis ou au Royaume-Uni. Mais le scandale sanitaire semble avoir épargné la France, où elle a été interdite en 2013.

Les médecins ont-ils caché la vérité ?

"En France, les femmes ont été mieux opérées, mais la prothèse a quand même fait des victimes", écrit L'Obs qui a recueilli le témoignage d'une patiente française qui s'est faite retirer la prothèse après deux ans de combat.

"Quand des collègues s’étonnaient que je ne fasse l'objet d'aucune plainte, je répondais 'non, j’opère comme vous, mais je leur parle beaucoup plus, c’est tout", explique le chirurgien Bernard Jacquetin qui a déposé le brevet de la prothèse aux États-Unis.

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Ce dernier nie s'être enrichi sur le dos des milliers de patientes opérées dans le monde. Mais le médecin avoue que la prothèse, vendue sous forme de kit, a été commercialisée trop rapidement, avant qu'elle ne soit sûre à 100% et que les chirurgiens soient correctement formés.

On aurait pu plus clarifier les complications, augmenter les mises en gardes

Bernard Jacquetin, chirurgien à l'origine de la prothèse Prolift

"J'ai eu la faiblesse de penser que c'était quand même pas très compliqué à poser avec un minimum d'expérience. Mais en y réfléchissant a posteriori, je me suis peut-être trompé", explique-t-il à l'hebdomadaire. "Si on avait eu quelques années de plus, on aurait pu plus clarifier les complications, augmenter les mises en gardes, oui sans doute..."

Selon Adam Slater, qui a représenté une patiente lors du premier procès Prolift, les médecins français "sont coupables d’avoir publiquement défendu le Prolift tandis qu’en privé, ils disaient au labo qu’ils pensaient que la prothèse devait être améliorée en urgence". La prochaine audience de l'avocat a lieu en novembre prochain : il lui reste encore 300 dossiers à défendre.

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