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Prières de rue : la relaxe requise pour Marine Le Pen

La présidente du Front national était jugée à Lyon, ce mardi, accusée de provocation à la haine pour ses propos de 2010.

Marine Le Pen devant le tribunal correctionnel de Lyon le 20 octobre 2015.
Marine Le Pen devant le tribunal correctionnel de Lyon le 20 octobre 2015.
Crédit : JEAN-PHILIPPE KSIAZEK / AFP
La rédaction numérique de RTL & AFP

Marine Le Pen s'est présentée souriante et décontractée, devant des partisans venus la soutenir, au palais de justice de Lyon, ce mardi 20 octobre. Elle comparaissait pour incitation à la haine, en raison de ses propos sur les prières de rue en 2010

Le procureur a requis la relaxe pour la patronne du Front national. Elle est poursuivie pour avoir comparé les prières de rue de musulmans à l'Occupation allemande durant la Seconde Guerre mondiale. "Mme Le Pen, en dénonçant ces prières dans l’espace public, imputables non à l'ensemble de la communauté musulmane, mais a une minorité, n'a fait qu’exercer sa liberté d'expression", a argumenté le procureur Bernard Reynaud. 

Le magistrat s'en est tenu au droit, en rappelant que pour "occuper", ne serait-ce que momentanément, l'espace public, "il faut se soumettre à certaines règles". En revanche, il s'est refusé à entrer dans le débat sur la référence, ou pas, à la Seconde Guerre mondiale. Marine Le Pen encourt une peine d'un an d'emprisonnement et 45.000 euros d'amende. La décision a été mise en délibéré au 15 décembre à 14h00.

Marine Le Pen défend sa liberté d'expression

Venue se défendre en personne, la présidente du FN - qui comparaissait pour la première fois devant un juge - était arrivée en tout début d'après-midi tout sourire, assaillie par des dizaines de caméras du monde entier. Elle s'est d'abord étonnée de la date de sa convocation : "Il ne vous étonne pas ce calendrier ? Nous sommes à un mois d'une élection régionale alors que cette affaire a cinq ans !". Et de critiquer une nouvelle fois une justice aux ordres, selon elle, du pouvoir socialiste. Pour ce procès, sa ligne de défense est claire : elle n'a "commis aucune infraction" et elle entend "défendre la liberté d'expression".

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L'affaire, qui avait fait grand bruit, remonte à décembre 2010. Marine Le Pen est alors en campagne pour la présidence du Front national, face au Lyonnais Bruno Gollnisch. Elle assiste à une réunion publique de militants dans la capitale rhône-alpine. L'entreprise de dédiabolisation du parti a déjà commencé, pourtant elle déclare : "Je suis désolée, mais pour ceux qui aiment beaucoup parler de la Seconde Guerre mondiale, s'il s'agit de parler d'Occupation, on pourrait en parler, pour le coup, parce que ça c'est une occupation du territoire". Avant d'ajouter: "C'est une occupation de pans du territoire, des quartiers, dans lesquels la loi religieuse s'applique, c'est une occupation. Certes, il n'y a pas de blindés, pas de soldats, mais c'est une occupation tout de même et elle pèse sur les habitants".

Référence explicite à la guerre ou pas ?

Ce mardi, elle a nié avoir fait une référence explicite à la Seconde Guerre mondiale. Elle explique avoir parlé d'occupation pour justement se détacher des propos de son rival d'alors et de son père, qui prennent souvent la Seconde Guerre en référence. "J'ai voulu m'intéresser aux problèmes des Français et non pas me lancer dans des références au passé ou à l'histoire 70 ans en arrière. En 2005, j'ai déjà eu un conflit assez sévère à la suite de propos du président du FN", a-t-elle plaidé, très à l'aise dans une salle d'audience, elle qui est avocate de profession.

Marine Le Pen était convoquée devant la 6e chambre, celle de la presse, du tribunal de grande instance de Lyon, prise d'assaut pour l'occasion. Le chef de file du FN pour les régionales en Auvergne-Rhône-Alpes Christophe Boudot était assis à ses côtés. 

Les associations pas convaincues

Elle était poursuivie par plusieurs associations de lutte contre le racisme et l'Observatoire national contre l'islamophobie du Conseil français du culte musulman (CFCM). "Sa justification ne m'a pas convaincu. Elle a surtout apporté une explication sur le plan politique, pas sur le plan juridique", a analysé Me Matthieu Hénon, avocat d'une des parties civiles, le Mrap, devant la presse.

"Dans ses propos, elle met en relation les prières de rue avec l'Occupation. La succession des mots est très claire (les soldats, les blindés...). On nous dit ce sont des ennemis qui viennent occuper le territoire (...), on a l'idée d'un ennemi qu'il faut combattre et cet ennemi, c'est l'ensemble des musulmans", a de son côté plaidé Me Henri Braun, avocat du Collectif contre l'islamophobie en France (CCIF).

L'audience était présidée par le juge Gérard Gaucher, qui s'était illustré, il y a deux ans, en déplaçant de manière exceptionnelle une audience dans un campement insalubre de Roms, pour mieux juger une expulsion. 

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