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Prières de rue à Clichy : 3 questions pour comprendre la polémique

ÉCLAIRAGE - Après l'annonce du préfet des Hauts-de-Seine de stopper les prières de rues à Clichy, l'Union des associations musulmanes de la ville a annoncé son intention de renouveler l'initiative le vendredi 24 novembre.

Des personnes priant dans la rue à Clichy le 10 novembre 2017 lors de la protestation des élus, dont le maire de la ville contre les prières de rue.
Des personnes priant dans la rue à Clichy le 10 novembre 2017 lors de la protestation des élus, dont le maire de la ville contre les prières de rue.
Crédit : ALAIN JOCARD / AFP
Sarah Belien

Aucune des parties ne semble vouloir démordre. Vendredi 17 novembre, l'Union des associations musulmanes de Clichy-la-Garenne (UAMC), ville des Hauts-de-Seine, a annoncé avoir l'intention d'organiser une nouvelle prière de rue le vendredi 24 novembre en centre-ville selon son avocat.

Une nouvelle réunion de conciliation avec la mairie est prévue lundi 20 novembre. "On ne lâchera pas", a affirmé Arié Alimi, l'avocat de l'UAMC. Il a assuré qu'aucune prière de rue ne serait organisée ce vendredi 17 novembre, mais a affirmé qu'une demande de manifestation serait déposée dès ce jour en préfecture pour la semaine suivante.

Une réunion organisée jeudi soir à la mairie de Clichy avait pourtant semblé avoir apaisé la situation. Le préfet du département Pierre Soubelet avait invité les musulmans de la ville à "aller dans la salle des Trois-Pavillons", ajoutant que l'UAMC était "d'accord pour utiliser cette solution", même si elle n'était pas forcément "optimale pour eux".

1. Quand est-ce que le conflit a-t-il débuté ?

Le conflit fait suite à la fermeture d’une salle de prière louée par la municipalité, dans laquelle "entre 3.000 et 5.000 fidèles" se réunissaient quotidiennement selon l’UAMC. L'association louait les locaux à la mairie depuis 2013, lorsque le socialiste Gilles Catoire était maire de Clichy. Il avait transformé ces locaux en lieu cultuel.

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Le bail précaire signé avec la municipalité a expiré en juillet 2016. Rémi Muzeau, le maire actuel Les Républicains (LR), élu en 2015, a alors décidé de récupérer le local pour en faire une médiathèque.

Souhaitant racheter le local, l’UAMC a refusé de quitter les lieux, malgré une décision d’expulsion du tribunal administratif de Cergy-Pontoise d’août 2016, confirmée par le Conseil d’État en novembre 2016. Face au problème, la préfecture a sommé à la police de déloger l’association le 21 mars. Depuis, l’UAMC appelle à des prières de rue, tous les vendredis, devant la mairie de Clichy-la-Garenne, dans une rue importante de la commune.

Après presque 8 mois, le conflit juridique a pris une tournure politique. Une centaine d’élus, maires, parlementaires, conseillers municipaux, départementaux et régionaux LR, Union des démocrates et indépendants (UDI), MoDem et Front national (FN), se sont rassemblés vendredi 10 novembre à Clichy-la-Garenne dans un face à face avec les 200 croyants.

2. Les croyants ont-ils le droit de prier dans la rue ?

Pour les maires et les parlementaires, cet acte est considéré comme illégal. Cependant, rien dans la loi n’interdit à des croyants de prier dans la rue. Il est précisé dans la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen que "nul ne doit être inquiété pour ses opinions, même religieuses, pourvu que leur manifestation ne trouble pas l’ordre public établi par la loi".

L’interdiction réclamée par le maire de la ville doit par ailleurs être "strictement nécessaire au maintien de l’ordre public", a précisé la préfecture des Hauts-de-Seine. "Il ne suffit pas qu’il existe (…) une menace de trouble à l’ordre public susceptible de justifier la mesure de police, il faut que cette mesure soit appropriée, par sa nature et sa gravité, à l’importance de la menace", a-t-elle commenté.

3. Quelles sont les solutions proposées par les élus ?

En mai 2016, Rémi Muzaeu avait mis à disposition des fidèles un centre cultuel et culturel rue des Trois-Pavillons, situé à 1,5 kilomètre du centre-ville de Clichy-la-Garenne. Ce lieu comporte notamment deux salles de prière qui peuvent chacune accueillir 700 personnes, selon une déclaration de Mohamed Bechari, qui dirige les associations de musulmans de la rue des Trois-Pavillons, au Parisien.

La mairie a admis également avoir proposé l’installation d’une salle de prière complémentaire sur un terrain municipal, "sans recevoir aucune réponse" de l’UAMC.
Cependant, les fidèles estiment que la mosquée proposée est trop éloignée et trop petite pour accueillir tout le monde. L'UAMC réclame un "terrain adapté avec option d’achat" pour pouvoir installer un lieu de culte durablement.

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