2 min de lecture Santé

Pourquoi une campagne de prévention du VIH a-t-elle été lancée ?

ÉCLAIRAGE - La polémique enfle au sujet des affiches de la campagne contre le VIH. Une polémique qui relègue au second plan les véritables raisons du lancement de cette campagne.

L'une des affiches de prévention contre le VIH et d'autres infections sexuellement transmissibles
L'une des affiches de prévention contre le VIH et d'autres infections sexuellement transmissibles Crédit : Capture Twitter
Philippe Peyre
Philippe Peyre

La nouvelle campagne de prévention du VIH et des infections sexuellement transmissibles agite la classe politique et une partie de la société depuis le début de la semaine. Une campagne sous forme d'affiches mettant en scène des couples d'hommes, jeunes et plus âgés, enlacés ou s'embrassant, accompagnés de messages tels que : "Avec un amant, avec un ami, avec un inconnu...", "Pour la vie, pour un week-end", ou encore "Les situations varient, les modes de protection aussi". Des phrases faisant référence de façon implicite à des relations sexuelles. 

L'objectif de cette campagne est d'interpeller les hommes qui ont des relations sexuelles avec d'autres hommes (HSH) pour les inciter à consulter le site SexoSafe, géré par Santé Publique France. Un site d'information sur la prévention en matière de sexualité entres hommes qui souligne le fait que cette population est particulièrement touchée par l'épidémie du VIH, ou virus de l'immunodéficience humaine. Un type de virus qui peut causer le SIDA et qui touche plus de 6.500 personnes chaque année.

42% des personnes infectées sont des HSH

Si le ministère de la Santé a décidé de lancer une nouvelle campagne de prévention à destination de cette population très ciblée, c'est qu'un homme qui a des relations sexuelles avec des hommes a 200 fois plus de risques de contracter le virus du SIDA qu'un hétérosexuel. Une réalité qui se ressent dans les données de Santé Publique France qui indique que 42% des personnes infectées sont les hommes qui ont des relations avec des hommes (HSH). De même pour le risque de contracter les infections sexuellement transmissibles qui touche tout particulièrement cette population et notamment les plus jeunes. 

Aujourd’hui encore, on a peur du dépistage

Virginie Supervie, épidémiologiste à l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm)
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Si les hommes homosexuels ou bisexuels sont parmi les plus touchés, une autre donnée renforce l'inquiétude : 30.000 personnes en France ne sont pas diagnostiquées au VIH, dont 40% de HSH. Et il faut encore entre trois et quatre ans entre le moment où un individu est infecté et le moment où il sera diagnostiqué, ce qui réduit considérablement les chances d'efficacité des soins.

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"Aujourd’hui encore, on a peur du dépistage alors que les traitements sont efficaces et beaucoup mieux tolérés, que l’espérance de vie est la même qu’une personne séronégative quand on est bien (et vite) traité, que l’on peut devenir non-transmissible", a expliqué Virginie Supervie, épidémiologiste à l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm), interrogée par Têtu.

Face à cette peur ou tout simplement l'ignorance, l'enjeu de sensibilisation au dépistage est donc plus que jamais crucial et tout particulièrement pour les HSH. C'est le but de la campagne lancée par le ministère de la Santé pour attirer l'attention de cette population vulnérable et l'amener à se renseigner sur la prévention. 

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