2 min de lecture Prisons

Blocage des prisons : pourquoi les surveillants pénitentiaires font-ils grève ?

ÉCLAIRAGE - Les syndicats des gardiens de prison ont appelé lundi 15 et mardi 16 janvier à un blocage des établissements pénitentiaires du pays, après plusieurs agressions de surveillants par des détenus. Ils réclament notamment plus de moyens humains et financiers.

Blocage de la prison de Vendin-le-Vieil le mardi 16 janvier 2018 par les gardiens de prison.
Blocage de la prison de Vendin-le-Vieil le mardi 16 janvier 2018 par les gardiens de prison. Crédit : FRANCOIS LO PRESTI / AFP
Thibaut Deleaz
Thibaut Deleaz
Journaliste RTL

Alors que s'achève mardi 16 janvier le deuxième jour de mobilisation du personnel pénitentiaire, Nicole Belloubet a annoncé, après une visite tendue à Vendin-le-Vieil, "dix propositions" pour régler les problèmes de l'établissement.

C'est l'agression jeudi 11 janvier de trois gardiens de cette prison par Christian Ganczarski, un détenu allemand radicalisé, qui a mis le feu aux poudres. Le lendemain, plusieurs surveillants ont refusé de prendre leur poste.

Samedi 13 janvier, les syndicats claquent la porte d'une réunion avec le directeur de cabinet de la ministre de la Justice Nicole Belloubet, qui refuse de limoger le directeur de la prison Richard Bauer. Les gardiens lui reprochent notamment d'avoir ignoré leurs signalements à propos de la dangerosité de ce détenu.

Demande de mesures particulières pour les détenus radicalisés

Lundi 15 janvier, les principaux syndicats ont entamé un mouvement de grève qui a touché 139 établissements pénitentiaires sur 188, à des degrés divers.

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Dans la journée, le directeur de Vendin-le-Vieil a demandé à être démis de ses fonctions. "Il m'a indiqué que compte tenu de la situation, les conditions ne lui paraissaient plus réunies pour qu'il puisse diriger l'établissement avec sérénité", a expliqué Alain Jégo, directeur interrégional des services pénitentiaires.

Cela n'a pas suffi à clamer la grogne des syndicats, d'autant plus que lundi 15 janvier sept gardiens ont à nouveau été agressés par un détenu radicalisé, à la prison de Mont-de-Marsan. Mardi 16 janvier, alors que les mouvements de grève continuaient, une surveillante pénitentiaire de Tarascon a reçu un coup de poing au visage par un détenu radicalisé.

Les syndicats Ufap-Unsa Justice et la CGT-Pénitentiaire réclament que des mesures particulières soient prises pour les détenus radicalisés.

10 propositions de la ministre de la Justice

Ces syndicats dénoncent aussi le manque d'effectifs dans la profession, et s'inquiètent de l'arrivée prochaine de Salah Abdeslam dans la prison de Vendin-le-Vieil, qui ne pourra pas consacrer suffisamment de gardiens à sa surveillance.

Mardi 16 janvier, la garde des Sceaux Nicole Belloubet a reçu un accueil mouvementé lors de sa visite sur le site de l'établissement pénitentiaire. Les grévistes ont chanté la Marseillaise et réclamé à la ministre plus de moyens financiers et humains avant de tenter d'empêcher sa sortie de la prison.

Les personnels pénitentiaires en ont marre de cette gestion.

David Besson, Secrétaire général adjoint de l'Ufap-Unsa Justice au micro de RTL
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À l'issue de sa visite, Nicole Belloubet a formulé "dix propositions" pour Vendin-le-Vieil. Elle propose d'aller "vers un accroissement des effectifs des personnels d’encadrement", de fournir plus de matériel de sécurité, et le transfèrement de certains détenus. Elle a promis de revenir le 16 mars pour vérifier l'application de ses promesses.

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