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Pourquoi la France avance-t-elle sa vaccination contre la grippe ?

Contre la grippe saisonnière, les autorités françaises veulent aller vite : la campagne de vaccination sera lancée plus tôt que prévu, vendredi 22 octobre, dans un contexte particulièrement incertain car toujours marqué par l'épidémie de Covid-19.

Des seringues (illustration)
Des seringues (illustration)
Crédit : THOMAS LOHNES / AFP
Étienne Bianchi & AFP

Le gouvernement a décidé d'avancer la date de la campagne de vaccination contre la grippe, qui débutera ce vendredi 22 octobre. "Parce que tout est prêt pour la campagne de vaccination contre la grippe, nous avançons son lancement", a annoncé lundi 18 octobre au soir sur Twitter le ministre de la Santé, Olivier Véran.

Les Français pourront donc se faire vacciner dès vendredi 22 octobre s'ils font partie des catégories à qui on recommande de le faire. Il s'agit essentiellement des plus de 65 ans et des femmes enceintes, mais aussi des personnes atteintes de certaines pathologies : asthme, diabète, insuffisance cardiaque, Sida… Tous les soignants sont aussi concernés.

On parle là de vaccination "en ville" pour les personnes indépendantes, qui peuvent par exemple la demander à leur médecin ou à un pharmacien. Dans les Ehpad, la campagne a déjà commencé lundi. À l'origine, les Français devaient attendre jusqu'à mardi 26 octobre pour se faire vacciner contre la grippe. Le ministère de la Santé a finalement préféré se dépêcher et avancer la date de quatre jours.

Faire d'une pierre deux coups

En cause : la Covid-19, qui fait toujours l'objet de sa propre campagne de vaccination. Les Français à risque peuvent notamment se faire injecter une dose de rappel de vaccin anti-Covid depuis début septembre. Or, les gens concernés par cette "troisième dose" sont souvent les mêmes que ceux qui doivent recevoir le vaccin anti-grippe, en premier lieu les personnes âgées. Les autorités sanitaires veulent donc faire d'une pierre deux coups.

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La date est avancée pour "ne perdre aucune opportunité de vacciner contre la grippe et contre (la) Covid-19 les personnes les plus fragiles", a expliqué la Direction générale de la santé (DGS), qui dépend du ministère, lundi dans une note aux soignants.

Quant aux Français non prioritaires, ils devront attendre un mois, le 22 novembre, même si la DGS se laisse la possibilité d'ouvrir plus tôt la vaccination à tout le monde. Concrètement, il sera possible - et même encouragé - de recevoir par la même occasion sa troisième dose de vaccin anti-Covid et son vaccin contre la grippe.

Fin septembre, la Haute autorité de santé (HAS) avait préparé le terrain en soulignant qu'il n'y a aucun danger à se faire vacciner simultanément contre les deux maladies. Seule précaution à prendre, il faut recevoir chaque piqûre dans un bras différent.

Doses supplémentaires

Comme chaque année, il est difficile de savoir à quel point la grippe frappera de nombreux Français. Et les craintes sont particulièrement élevées dans l'hypothèse d'un redémarrage de l'épidémie de Covid-19 : deux épidémies simultanées, grippe et Covid, mettraient le système hospitalier à rude épreuve.

L'an dernier, en pleine seconde vague du Covid-19, il n'y avait pas eu d'épidémie de grippe saisonnière. Les confinements successifs et les mesures "barrières" de lutte contre l'épidémie avaient alors réduit la circulation des autres virus, à commencer par celui de la grippe. 

Revers de la médaille, la faible circulation des virus l'hiver dernier a probablement diminué l'immunité de la population. Il y a, ainsi, déjà des signes d'un rebond de la bronchiolite, maladie respiratoire qui touche les bébés. Mais pour l'heure, rien de concret quant à la grippe, qui atteint généralement son pic à partir de décembre.

"Je ne peux pas vous prédire avec assurance qu'il y aura une épidémie de grippe", résume une source au sein de Santé Publique France, agence sanitaire dépendant du ministère. "On commence à voir un tout petit peu de circulation de virus mais il n'y a pas d'alerte". Le gouvernement a, en tout cas, pris ses précautions en commandant plus de vaccins que l'an dernier.

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