2 min de lecture Michel Houellebecq

Pour Michel Houellebecq, le terrorisme est "un moyen de socialisation"

Selon, l'écrivain français Michel Houellebecq, "les moments forts" vécus par les membres des groupes terroristes créent "de vraie relations, une amitié forte".

Michel Houellebecq le 19 janvier 2015 à Cologne, en Allemagne (archives).
Michel Houellebecq le 19 janvier 2015 à Cologne, en Allemagne (archives). Crédit : PATRIK STOLLARZ / AFP
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Jamais avare de provocation, Michel Houellebecq a encore frappé. Dans un long entretien à La Revue des deux mondes, l'écrivain s'exprime sur le terrorisme et livre sa vision des choses. "Le terrorisme et le militantisme sont des moyens de socialisation. Ça doit être très sympa de vivre des moments ensemble, des moments forts contre la police... L'impression d'être ensemble contre tous", argumente l'auteur de "La carte et le territoire". "On est davantage ensemble quand on a beaucoup d'ennemis", souligne-t-il. "Ça crée de vraies relations, une amitié forte, voire l'amour dans le cas des femmes de jihadistes", développe encore l'écrivain.

À propos de la lutte contre les jihadistes, il affirme que "ce n'est pas une chose facile de combattre une secte religieuse". "Une réponse purement policière à une secte religieuse n'a pas de garantie de l'emporter", avance-t-il avant de souligner que "quand on n'a pas peur de la mort, la police on s'en fout un peu". "Une action violente quelconque peut effectivement être vue comme un moyen de sortir de l'anomie (désorganisation sociale résultant de l'absence de normes communes) désespérante", estime-t-il.

"L'angoisse à l'état pur" de la société française face à l'islam.

Michel Houellebecq, qui reconnait vivre de plus en plus en reclus et être inquiet de "l'anomie" qui frappe la société française, estime que son dernier roman "Soumission", récit d'une France soumise à l'islam, exprime une angoisse qu'il a ressentie chez ses contemporains. Cette hypothétique domination de la société française par la culture musulmane est "une angoisse à l'état pur", insiste-t-il. L'écrivain juge que "l'opinion sur l'islam est à peu près également mauvaise dans l'ensemble des pays européens". "C'est peut-être la seule chose qu'on partage", estime l'écrivain misanthrope.

Revenant sur la tuerie de Charlie Hebdo, survenue le jour de la sortie de son roman, il juge que la grande manifestation du 11 janvier après les attentats était "impressionnante et sincère". "Cette réaction massive m'a quand même fait plaisir", dit Houellebecq qui était ami de l'économiste Bernard Maris, l'un des tués lors de l'attaque contre Charlie Hebdo. "Cette manifestation a plutôt réjoui les commanditaires des attentats. Ils se félicitent du coup médiatique réalisé. Ce que pense la majorité des Français n'est pas leur problème", estime-t-il encore.

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Il se félicite en revanche de "la tentation de liberté chez certains intellectuels", comme Michel Onfray qui n'acceptent plus le discours "bien rodé depuis 2001" demandant de ne pas faire d'amalgame entre l'islam et le terrorisme. Traiter, comme l'a fait Onfray, le Premier ministre "Emmanuel Valls" (sic) de "crétin" était "le mot juste", dit-il. Après les attentats, "la domination totale" de la gauche sur les intellectuels "s'est nettement fissurée", se réjouit-il.

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