2 min de lecture Paris

Une piscine fermée après la baignade de militantes féministes et musulmanes en burkini

Le groupe composé d'une vingtaine de personnes protestait contre l'interdiction de ce maillot de bain couvrant controversé, réclamant "l'accessibilité aux loisirs pour tous-tes".

Une piscine (illustration)
Une piscine (illustration) Crédit : JACQUES DEMARTHON / AFP
Léa Stassinet
Léa Stassinet
et AFP

"On se baignera, on se baignera ! Même si les racistes veulent pas, nous on se baignera !". C'est avec ce slogan qui a amusé ou interloqué les autres nageurs qu'un petit groupe d'une vingtaine de personnes a fait irruption dans une piscine du 11e arrondissement de Paris, dimanche 1er septembre. 

Parmi ces militantes féministes et musulmanes, 5 femmes se sont baignées en burkini, soutenues par d'autres vêtues de maillots une ou deux pièces. Des personnes transgenres et des hommes membres du collectif créé pour l'occasion étaient également présents.

L'opération coup de poing a provoqué l'intervention des maître-nageurs, puis celle de la police, sans aucun heurt. Lors d'une brève altercation, un homme irrité par l'initiative a montré son sexe aux militantes. Après une trentaine de minutes, la direction a fait fermer la piscine et les militantes sont reparties en déployant une banderole avec le slogan, "piscine pour toutes, stop islamophobie". 

"Le but, c'est de protester contre le règlement de la majorité des piscines, qui pour nous relève de la ségrégation", explique à RTL.fr Liza, qui a participé à cette action. "Ça nous choque que ces lieux ne soient pas ouverts à tout le monde", poursuit-elle. 

C'est une manière de faire bouger les choses

Liza, une militante
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Sur place, Liza indique que les réactions des nageurs ont "été partagées". "Certaines femmes nous ont applaudis, des hommes nous ont également dit que c'était bien, qu'il fallait agir". Quant à ceux qui les accusent de faire de la provocation, elle répond : "Ce n'en est pas. C'est une manière de faire bouger les choses. C'est comme ça que l'on peut gagner des droits, mais en se mobilisant toujours de manière pacifique", insiste la militante. 

"On veut revendiquer notre choix de le porter et de pouvoir continuer à avoir nos loisirs sans qu'on puisse être importunées par des règlements discriminants", explique de son côté Nargesse, en dénonçant "la montée des idées islamophobes".

"C'est important que toutes les femmes et toutes les personnes puissent se baigner et profiter de loisirs", ajoute Camille, militante féministe de 18 ans. "Ce n'est pas parce qu'elles ont un maillot couvrant que c'est grave ou qu'il faut invoquer des raisons comme on l'a dit 'd'hygiène et de sécurité' (pour l'interdire), ce qui est totalement faux".

D'autres actions similaires prochainement menées ?

Dans un communiqué, le collectif a réclamé "le changement des règlements intérieurs des piscines, et l'accessibilité aux loisirs pour tous-tes". "Nos corps nous appartiennent, nous les couvrons ou les découvrons pour des raisons qui nous regardent", ont fait valoir les militantes. D'autres actions similaires vont-elles avoir lieu ces prochaines semaines ? 

"Notre démarche se situe dans la continuité de la 'campagne des droits civiques des femmes musulmanes', lancée à Grenoble", précise Liza à RTL.fr. "On aimerait que d'autres personnes se mobilisent dans d'autres villes", ajoute celle qui affirme : "Ce n'est que le début. On continuera tant que les résultats ne seront pas là".

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