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ÉDITO - Paris : comment expliquer la chute du nombre d'écoliers ?

ÉDITO - Les écoles parisiennes enregistrent une baisse d'élèves record sur un an sur fond d'un exode urbain accéléré par la pandémie.

Un passage piéton devant une école (illustration)
Un passage piéton devant une école (illustration)
Crédit : PASCAL GUYOT / AFP
Paris : comment expliquer la chute du nombre d'écoliers ?
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Paris : comment expliquer la chute du nombre d'écoliers ?
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François Lenglet - édité par Jérémy Billault

À Paris, on compte cette année scolaire 6.000 élèves en moins dans les maternelles et les écoles de Paris, par rapport à l’année dernière. Une chute sans précédent, de 5%, qui fait suite à une baisse de 3.700 élèves l’année précédente. 

Avant l’épidémie, la décrue se limitait à 2.500 écoliers en moins par saison. Un mouvement qui va bien au-delà de la chute de la natalité, et qui traduit la désaffection croissante du centre de la capitale. Un écolier qui n’est plus là, c’est bien souvent que ses parents ont quitté Paris, pour aller vivre ailleurs. Et c’est un mouvement qui dépasse largement Paris.

 Voici quelques chiffres à peine croyables. New York perd plusieurs dizaines de milliers d’habitants chaque année, et 100 000 depuis l’épidémie. À Londres, ce sont 700.000 habitants qui ont disparu en 2020-21, à cause du virus mais surtout du Brexit, qui a fait déserter bon nombre d’étrangers. Los Angeles a perdu 120.000 habitants l’année dernière, Chicago 80.000. Même Pékin et Shanghai voient leur population décroitre, depuis 2017. 

Épidémie et télétravail ont accéléré l'exode

L’épidémie a été l'accélérateur d'un exode urbain enclenché plus tôt, à cause de la montée des prix de l’immobilier, qui exclut les classes moyennes et les familles, celles-ci ayant besoin de plus de place. Il y a aussi la difficulté croissante à circuler dans les villes, qui pénalise là encore les familles avec de jeunes enfants pour leurs déplacements. 

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Et bien sûr le virus, la peur de la contagion et donc l’évitement des zones à forte densité de population comme le cœur des villes. Avec, enfin, la possibilité de télétravailler, qui a décidé bon nombre de candidats à l’exil. 
 
Les villes seront donc habitées par des célibataires aisés, des gens qui possèdent des appartements hérités et des touristes Airbnb. On observe déjà le mouvement à Paris, où 51% des habitants vivent seuls. Les familles ne subsistent que dans les arrondissements périphériques, les moins chers. 

Les commerces traditionnels disparaissent

Le bon peuple parisien des romans de Balzac est parti depuis longtemps. Les commerces traditionnels disparaissent au profit des galeries d’art et des bars, pour les visiteurs occasionnels.
 
Le poids économique des villes est désormais en question. Depuis toujours, le développement et la montée du niveau de vie d’un pays s’accompagne d’une croissance des cités, qui concentrent les opportunités professionnelles, les ressources humaines les plus qualifiées et le capital

La montée en puissance des services dans l’économie, aux dépens de l’industrie, n’a fait qu’accélérer la tendance, car les services se développent davantage dans les zones à forte densité démographique. La croissance est donc toujours accompagnée d’un exode rural massif. 

L'emprise des villes subsiste

Et voilà que cela s’inverse, pour la première fois ! Pour autant, on aurait tort d’en conclure que les villes s’affaiblissent. Car si on les quitte, c’est justement parce qu’on peut rester connectés à elles, grâce aux réseaux de télécoms et au télétravail. Leur emprise subsiste donc. 

C’est leur forme qui change, avec des périphéries qui se sont considérablement agrandies, en intégrant même des zones rurales où les citadins exilés s’installent. La modernité a enfin réalisé le rêve de l’humoriste Alphonse Allais : construire les villes à la campagne, parce que l’air y est plus pur. 

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