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"On est la roue de secours d'un système qui s'effondre" : pourquoi les pompiers poursuivent leur mouvement de grève

En grève depuis trois semaines, les pompiers ont organisé trois nouvelles journées de mobilisation à Paris. Ils alertent sur un manque de moyens humains et matériels.

Les pompiers combattent le feu dans la forêt des Landes, le 14 août 2026

Crédit : Romain Perrocheau - AFP

"On est la roue de secours d'un système qui s'effondre" : pourquoi les pompiers poursuivent leur mouvement de grève

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Stéphane Carpentier

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"On est épuisés". Huit des neuf syndicats de pompiers ont déposé un préavis de grève depuis le 8 septembre. À partir de ce dimanche 27 septembre et jusqu'à mardi, ils doivent converger vers Paris pour trois jours de mobilisation. Ils réclament davantage de moyens humains et matériels après un été qui les a mis à rude épreuve sur le front des incendies. 

"Les pompiers ont été très sollicités, même sur-sollicités cet été", assure sur RTL Peter Gurruchaga, sapeur pompier dans le Val-d'Oise et représentant CGT des SDIS. "Mais ce qui nous met en colère, ce n'est pas le fait qu'il y ait des feux, c'est le fait que personne n'a rien anticipé. Toutes les organisations syndicales ou même les scientifiques préviennent de cette montée en puissance du nombre de feux, de l'intensité des feux et sur l'élargissement sur le territoire", dénonce-t-il. 

"Malheureusement, peu ou rien n'a été fait, en tout cas pas assez. Pour preuve, on a encore perdu des collègues cet été", déplore Peter Gurruchaga. 

Des pompiers sur-sollicités

Au-delà des incendies qui ont ravagé la France cet été, les pompiers regrettent un manque de moyens important et d'être déployés quand les autres services publics ne s'en sortent plus. "On est la roue de secours d'un système qui s'effondre. Les services publics autour de nous s'effondrent les uns après les autres. Et quand il n'y a plus personne, généralement, le dernier recours, c'est les sapeurs-pompiers", résume le sapeur pompier.

"Par exemple, quand des urgences ferment ou que l'hôpital psychiatrique ne fonctionne plus, c'est les sapeurs-pompiers qu'on appelle. Ou alors, les sapeurs-pompiers doivent transporter des victimes plus loin et donc sont indisponibles plus longtemps. Quand la police n'a plus assez d'effectifs et ne remplit plus ses missions régaliennes, comme par exemple, une personne en état d'ébriété sur voie publique, c'est les sapeurs-pompiers qui y vont", énumère-t-il.

Cette "sur sollicitation" des pompiers génère une hausse des risques, selon lui, ainsi que des interventions plus dangereuses qui peuvent se solder par des agressions contre les soldats du feu. 

Pas d'augmentations de salaire demandées

Les sapeurs pompiers demandent des effectifs supplémentaires, 21.000 nouvelles recrues, mais aussi des hausses de salaire même si "la priorité n'est pas là", selon Peter Gurruchaga. "Un jeune caporal ou jeune sapeur qui va rentrer à 1500 euros net plus la prime de feu. Et après, un sapeur-pompier, ça touche à peu près en moyenne aux alentours de 2.000, 2.500 euros, primes de feu comprises", détaille-t-il. 

"Dans nos revendications, alors que ce n'est pas des salaires mirobolants, on n'est pas là à demander des augmentations de salaire", souligne le soldat du feu. "On pourrait le faire, mais malheureusement la priorité n'est pas là. Aujourd'hui, on essaye juste de faire notre travail, en tout cas d'avoir les moyens de faire notre travail correctement sans se mettre en danger tout le temps".

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