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"Un épuisement professionnel qui se généralise" : sur RTL, le sociologue et ancien pompier volontaire Romain Pudal mentionne un système "à bout de souffle"

Alors que les sapeurs-pompiers ont prévu une mobilisation nationale le 29 septembre, le sociologue Romain Pudal dénonce sur RTL des "moyens qui stagnent" et des "interventions qui augmentent". Il détaille un système qui utilise énormément de sapeurs-pompiers volontaires.

Les pompiers sont en première ligne face aux incendies en France

Crédit : AFP

Sur RTL, le sociologue et ancien pompier volontaire Romain Pudal mentionne un système "à bout de souffle"

00:09:45

Marine Langlois

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C'est un système "à bout de souffle". Romain Pudalsociologue, directeur de recherche au CNRS et ancien sapeur-pompier volontaire auteur Retour de flammes - Les pompiers, des héros fatigués, assure sur RTL vendredi 14 août, "comprendre" la colère des pompiers. Ces derniers étaient en grève jeudi 13 août et ont annoncé une mobilisation plus massive le 29 septembre prochain à Paris dénonçant des "moyens qui ne suivent pas" et demandant des "recrutements massifs". 

"Je comprends l'exaspération de la profession. On a aussi assisté depuis quelques semaines à une rhétorique de la guerre. On est en guerre et on a besoin de héros. Mais si on croit vraiment qu'on est en guerre avec le réchauffement climatique, à ce moment-là, on se dote de moyens, on recrute massivement. Et on ne le voit pas au moment de passer à l'action", explique Romain Pudal. 

Dans une tribune publiée dans Le Monde jeudi 13 août, le sociologue l'affirme : les pompiers ne sont pas des héros mais "avant tout des travailleurs". "On sait que c'est un métier dangereux, tout le monde le sait, on sait qu'il y a des risques. Mais s'enfermer et se draper dans une rhétorique comme ça un peu guerrière, sacrificielle, de l'héroïsme, c'est toujours une façon de ne pas aborder des questions matérielles et concrètes, des moyens qui sont octroyés réellement à ces services", détaille-t-il sur RTL. 

Les sapeurs-pompiers volontaires, "une main d'œuvre bon marché"

Romain Pudal a été dans le passé sapeur-pompier volontaire, aujourd'hui ces derniers représentent 80% des effectifs de France. "On manque cruellement de données chiffrées précises, mais on sait qu'il y a quantité de gardes postes, pas des astreintes, des gardes en caserne, donc des gens qui viennent à 8 heures du matin et qui repartent le lendemain à 8 heures. Ils assurent beaucoup d'interventions, qui sont assurées par des pompiers volontaires."

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Pour le sociologue, le problème est donc qu'on "s'appuie sur cette main-d'œuvre de pompiers volontaires, qui est une main-d'œuvre relativement bon marché, et qui fait tourner ces centres de secours bien au-delà de la situation d'un volontaire qui ferait quelques interventions dans l'année, qui serait d'astreinte seulement". Car un pompier volontaire gagne entre 8 et 13 euros de l'heure, pour un taux horaire à 100%, donc pendant les interventions. 

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"Si vous êtes en caserne, ce qui est le cas des pompiers volontaires, vous n'êtes pas du tout à un taux horaire de 100%. Dans certains départements, c'est à 50%, donc au lieu des 8 euros, vous passez à 4 euros. Et puis si vous êtes en caserne, que c'est la nuit et que vous ne partez pas en intervention, vous n'êtes pas à 50% mais à 30% de ce taux horaire", détaille Romain Pudal. 

Une logique "d'austérité budgétaire"

Le sociologue regrette un système "qui n'est pas nouveau". "C'est une logique d'austérité budgétaire qui frappe l'ensemble des services publics, pour dire les choses très clairement. Une logique qui consiste toujours à renier les moyens financiers tout en essayant de faire tourner le même service avec la même qualité." Mais "le nombre d'opérations ne cesse d'augmenter" aussi bien avec les incendies l'été que les inondations qu'on voit de plus en plus fréquemment l'automne et l'hiver. 

"Mais au bout d'un moment, c'est comme pendant la crise du Covid-19 à l'hôpital public, on voit que les gens s'épuisent. Si les moyens stagnent et que les interventions augmentent, on a un épuisement professionnel qui se généralise", regrette Romain Pudal. Ce dernier espère "qu'on arrête de considérer que les services d'incendie et de secours, sont uniquement un coût budgétaire" mais surtout, "un investissement pour notre sécurité, pour l'avenir". 

Ce jeudi, Laurent Nuñez a annoncé qu'un projet de loi de modernisation de la Sécurité civile sera présenté "début septembre" aux syndicats des pompiers. 

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