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Nucléaire : quels sont les 17 réacteurs susceptibles d'être fermés ?

ÉCLAIRAGE - Nicolas Hulot, ministre de la Transition écologique, a annoncé que l'État pourrait fermer près d'un tiers du parc nucléaire.

La centrale nucléaire de Fessenheim (Haut-Rhin), en avril 2013 (photo d'illustration).
La centrale nucléaire de Fessenheim (Haut-Rhin), en avril 2013 (photo d'illustration). Crédit : AFP / SEBASTIEN BOZON
Julien Absalon
Julien Absalon
Journaliste RTL

La France va-t-elle supprimer un tiers de son parc nucléaire ? Dans une volonté de ramener d'ici à 2025 la part de l'atome de 75% à 50% dans la production nationale d'électricité, l'État pourrait bien fermer plusieurs réacteurs nucléaires. "Chacun peut comprendre que pour tenir cet objectif, on va fermer un certain nombre de réacteurs. (...) Laissez-moi planifier les choses, ce sera peut-être jusqu'à 17 réacteurs, il faut qu'on regarde", a déclaré Nicolas Hulot, ministre de la Transition écologique et solidaire, lundi 10 juillet sur RTL.

Il n'a pas été précisé quels étaient les 17 infrastructures qui pourraient être concernées. Le ministre d'État a simplement fait savoir que "chaque réacteur a une situation économique, sociale et même de sécurité très différente".

Sur quels critères le gouvernement pourrait-il s'appuyer pour faire son arbitrage ? À ce jour, la France dispose de 58 réacteurs nucléaires en activité tous exploités par EDF. Ils sont déployés dans 19 centrales. À noter que le site de Flamanville doit accueillir un troisième réacteur, le fameux EPR nouvelle génération dont la construction a pris un certain retard.

La problématique de la durée de vie

L'arrêt de deux réacteurs est d'ores et déjà prévu : les deux de la centrale de Fessenheim (Bas-Rhin). Leur arrêt devrait intervenir après la mise en service de l'EPR de Flamanville, actuellement planifiée pour 2019. Les caractéristiques de cette fermeture peuvent donner des indications sur les prochains réacteurs qui pourraient être ciblés. Mis en service en 1978, les réacteurs de Fessenheim sont les plus anciens encore en fonction sur le territoire français. Ils sont aussi de ceux qui fournissent le moins de puissance nette (900 mégawatts).

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Concernant les 56 autres réacteurs, ils seront justement 17 à atteindre prochainement la barre fatidique des 40 années d'activité. À la centrale du Bugey (Ain), 3 ont été mis en service en 1979 et 1 en 1980. À Dampierre (Loiret), Gravelines (Nord), Saint-Paul-Trois-Châteaux (Drôme) et Braud-et-Saint-Louis (Gironde), ce sont au total 13 réacteurs qui ont été lancés entre 1980 et 1981.

Le respect de l'objectif de transition énergétique

Cette étape des 40 ans est décisive dans la durée de vie de ces installations. L'Autorité de sûreté nucléaire rappelle sur son site Internet que les 40 ans "correspondent à la durée de fonctionnement des réacteurs initialement envisagée par EDF". Par conséquent, une "démonstration de sûreté" doit être "révisée ou complétée" pour envisager d'aller au-delà de cette durée. "L’ASN considère que la poursuite du fonctionnement des réacteurs au-delà de quarante ans n’est envisageable que si elle est associée à un programme volontariste et ambitieux d’améliorations au plan de la sûreté". Longtemps évoqué, un avis de cette autorité indépendante est attendu en 2019 sur la question.

La loi de transition énergétique plafonnant la capacité nucléaire à 63,5 gigawatts, l'équation des potentielles fermetures pourrait aussi prendre compte les puissances nettes produites par les plus anciens réacteurs. Il sera peut-être plus facile pour l'exécutif de fermer des "petites" centrales, mais il sera aussi peut-être nécessaire de fermer des centrales plus importantes afin de respecter la part de 50% du nucléaire dans la production d'électricité. Par exemple, le site de Saint-Alban (Isère) offre une puissance totale de 2.600 mégawatts grâce à ses deux réacteurs à eau sous pression.

L'évaluation de la sécurité

Enfin, la prise de décision peut être orientée par le recensement des "événements nucléaires" au sens de l'Agence internationale de l'énergie atomique. En France, la centrale de Gravelines est la seule encore activité qui fut impactée, en août 1989, par un "incident grave" (niveau 3 sur 7, un accident majeur de type Fukushima ou Tchernobyl étant classé 7). Par ailleurs, la centrale de Fessenheim était bien souvent dans le viseur des écologistes en raison de ses nombreuses anomalies et des mises à l'arrêt temporaires des réacteurs.

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