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Notre-Dame-des-Landes : "C'était très, très violent", raconte un photographe

Jamais Loïc Venance, photographe de l'AFP qui couvrait cette semaine du 9 avril l'évacuation de la ZAD de Notre-Dame-des-Landes, n'aurait imaginé de tels affrontements.

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Le Son des Images 2017 du 30 décembre 2017 Crédit Image : LOIC VENANCE / AFP | Crédit Média : Simon Buisson | Durée : | Date :
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Simon Buisson
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Une scène entre apocalypse et jeu, au cours de la semaine d'évacuation à Notre-Dame-des-Landes marquée par les affrontements entre gendarmes et zadistes. Mardi 10 avril en fin de journée, non loin de la route des chicanes, entre Les Fosses Noires et les Vraies Rouges, deux ombres noires se détachent dans la fumée des gaz lacrymogènes.

Une image, saisie par le photographe de l'AFP Loïc Venance, immortalise ces deux zadistes en mouvement, tout de noir vêtus, visages cachés par des masques à gaz. On ne distingue alors ni le ciel, ni l'herbe d'un champ.

À l'avant, un homme casqué tient dans sa main gauche une raquette de tennis au tamis troué. Coup droit. Celui-ci ne renvoie pas des balles jaunes, mais les grenades lacrymogènes des forces de l'ordre. "Il y avait deux grosses barricades, les forces de l'ordre avaient un petit peu de mal à passer. Il y a eu beaucoup de jets de cocktails Molotov, c'était un petit peu chaud", raconte Loïc Venance, qui a couvert l'évacuation du lundi au mercredi.

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Il y avait presque un côté bon enfant à ce moment-là.

Loïc Venance, photographe AFP
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"Ensuite, il y a eu un long statu quo, pendant lequel je suis allé dans un champs avec deux collègues. Il y avait quinze, vingt zadistes face aux forces de l'ordre, lesquelles lançaient des lacrymos toutes les 5 minutes. Les zadistes les attendaient avec des raquettes de badminton, de tennis, et les leur renvoyaient. Il y avait presque un petit côté bon enfant à ce moment-là", souligne le photographe.

Chaque jour, Loïc Venance a été témoin d'heurts de plus en plus durs. Jamais ce dernier n'aurait imaginé de tels affrontements. Mercredi 11 avril, le photographe a même été blessé à la jambe par une grenade. "C'était quand même très, très violent. Il y a eu des moments où l'on ne pouvait pas faire d'images. Il fallait courir, ça tombait dans tous les sens. (...) Une bombe a explosé à 1,50 mètres de moi. Je me suis retourné et la personne qui courait à côté de moi avait le bras en sang".

Tous les jours il fallait trouver un chemin pour entrer sur la zone.

Loïc Venance, photographe AFP
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S'ajoute à ces conditions extrêmes la volonté des gendarmes de tenir à distance la presse, le ministère de l'Intérieur proposant même aux rédactions des photos et vidéos de l'opération. "Ils ne voulaient pas qu'on entre sur la zone. En fait on n'a pas pu passer par la route normale, donc on a décidé de traverser une forêt pour finalement tomber sur la D281, la fameuse route des chicanes, explique Loïc Venance. Tous les jours il fallait trouver un chemin pour entrer sur la zone, et pour en sortir parfois".

Face aux multiples destructions, les 250 opposants historiques ont été rejoints par des militants beaucoup plus violents. Si les zadistes ne sont pas tous les mêmes, ces opérations coup de poing les ont uni dans la lutte.

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Jamais Loïc Venance, photographe de l'AFP qui couvrait cette semaine du 9 avril l'évacuation de la ZAD de Notre-Dame-des-Landes, n'aurait imaginé de tels affrontements.
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2018-04-13 22:15:00
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