1 min de lecture Seconde Guerre mondiale

Noëlla Rouget, la résistante qui avait fait gracier son bourreau, est morte à 100 ans

Déportée en 1943, elle avait obtenu du général de Gaulle la grâce de l'auxiliaire de la Gestapo Jacques Vasseur, directement responsable de sa déportation et du meurtre de son mari.

Noëlla Rouget est décédée à l'âge de 100 ans.
Noëlla Rouget est décédée à l'âge de 100 ans. Crédit : Creative Commons Wikimedia
Gaétan Trillat et AFP

Noëlla Rouget, résistante et déportée célèbre pour avoir fait gracier son bourreau en 1966, est décédée dimanche 22 novembre à Genève à l’âge de 100 ans, a annoncé ce lundi l’Élysée. Dans un communiqué, Emmanuel Macron a rendu hommage à "une partisane de la liberté qui donna aux valeurs de fraternité et de pardon leur incarnation la plus haute".

Entrée dans la résistance dès 1939, à l’âge de 20 ans, Noëlla Rouget, née Peaudeau, contribua au mouvement gaulliste Honneur et patrie et à un réseau des services d’espionnages britanniques. Elle et son mari Adrien Tigeot ont été arrêtés en juin 1943 ; elle a ensuite été déportée au camp de Ravensbrück tandis que son époux fut torturé et fusillé.

En 1966, alors que l’ancien membre français de la Gestapo Jacques Vasseur avait été arrêté et condamné à la peine capitale, elle demanda et obtint sa grâce auprès du président Charles de Gaulle. Jacques Vasseur était directement responsable de sa déportation et du meurtre de son mari.

"Immense générosité d'âme"

Elle lui écrivit ensuite régulièrement en prison, sans jamais obtenir de son bourreau le moindre signe de repentance. "Cet acte de pardon, d'autant plus impressionnant qu'il se heurta à l'incompréhension hostile de ses contemporains et à l'impénitence du coupable, était la marque d'une immense générosité d'âme, d'un humanisme à toute épreuve", a salué l'Élysée.

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"Avec Noëlla Rouget nous quitte une grande résistante, qui a fait de son vécu un combat pour la Mémoire et la transmission. Je retiens son courage et sa force morale exceptionnelle", lui a rendu hommage sur Twitter Geneviève Darrieussecq, la ministre déléguée chargée de la Mémoire et des Anciens combattants.

Ce décès intervient trois jours après celui de Daniel Cordier, avant-dernier Compagnon de la Libération et secrétaire particulier de Jean Moulin pendant la Seconde Guerre mondiale, lui aussi mort à 100 ans.

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