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"Moi(s) sans tabac" : trois accros à la cigarette se lancent le défi

MOI(S) SANS TABAC (1/4) - RTL.fr vous propose de suivre, en ce mois de novembre, trois fumeurs déterminés à arrêter la cigarette. Chaque semaine, ils feront part de leurs difficultés et de leurs victoires face à la nicotine.

La cigarette est toujours à l'origine d'un décès sur huit en France
La cigarette est toujours à l'origine d'un décès sur huit en France
Crédit : Illustration / AFP
Clémence Bauduin
Clémence Bauduin

Ce 1er novembre marque le lancement d’un mois qui va nécessiter courage, ténacité et résistance pour les plus téméraires des fumeurs. À l’occasion du "Moi(s) sans tabac", opération lancée conjointement par le gouvernement et Tabac Info Service, certains accros à la nicotine vont tenter de relever le défi d’arrêter la cigarette. Benjamin, Jeanne et Julien se laissent un mois pour ralentir ou mettre un terme définitif à leur consommation de tabac.

Les trois fumeurs vont essayer de laisser derrière eux ce qui est devenu une véritable addiction. Car la cigarette, en meilleure ennemie, s'installe pernicieusement dans le quotidien, pour faire remarquer, lorsqu'il est trop tard, qu'elle est bel et bien devenue irremplaçable. En douceur, ou de façon ferme et définitive, chacun y va de sa méthode pour espérer se débarrasser, enfin, de ce fardeau malodorant et néfaste, mais qui compte près de 16 millions d'adeptes en France.

Benjamin : stop ou encore

Benjamin, 25 ans, est encore dans le flou au premier jour du défi sans tabac. "Il y a eu des périodes dans ma vie où j'ai eu beaucoup plus envie d'arrêter de fumer que maintenant, et je n'ai jamais vraiment réussi", explique-t-il. Alors autant dire que la motivation de ce jeune actif est pour l'heure modérée. Il a beau être conscient des méfaits du tabac mais rien n'y fait. "Quand j'étais étudiant, le coût me pesait, et puis je sais que c'est mauvais pour la santé, il y a quelque chose d'angoissant. Maintenant, ça ne m'angoisse pas tant que ça, et puis étant employé, j'ai moins à compter mon argent, nuance-t-il. C'est surtout parce que ce mois sans tabac est une bonne opportunité  je me dis que je vais le tenter", justifie Benjamin, concédant qu'il avisera "au jour le jour", sans pression. 

"Je n'ai pas assez envie d'arrêter de fumer pour me lancer dans le défi à fond, explique-t-il, comme pour excuser d'avance un éventuel échec. Je vais essayer de le faire, mais il est très possible que dans une semaine je fume à nouveau. Je ne suis pas dans une optique d'arrêt nécessaire." Le jeune homme fume environ un paquet par jour. "J'ai commencé à devenir un vrai fumeur vers l'âge de 18 ans. J'ai essayé de me lancer des petits défis de type 'je ne fume pas avant 16 heures' ou 'je ne fume qu'en soirée' et finalement, j'avais tellement envie de fumer que je fumais exactement la même quantité de cigarettes, mais en moins de temps". Désormais, il en est sûr, la meilleure façon d'arrêter la cigarette, c'est de ne plus y toucher une fois pour toutes. 

Si je deviens irritable, c'est sûr, je préférerai recommencer à fumer.

Benjamin, un paquet par jour
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"Les gens ne sont pas heureux de fumer. La plupart des gens qui fument aimeraient pouvoir s'arrêter et ce défi leur propose une aide", reconnaît-il, heureux que cette initiative soit motivée au niveau national. Du soutien, Benjamin sait qu'il en aura besoin. "Quand je suis stressé, j'ai envie d'une clope, et quand je suis bien j'ai envie de profiter et je fume aussi. Au travail, la pause sans cigarette va être très dure. Le café après le déjeuner, sans clope, va être horrible, craint-il déjà. Et puis celles que je fume le soir... Que je passe la soirée chez moi ou que je rentre de soirée, je fume toujours quand il fait nuit avant d'aller me coucher. Celles-ci vont être vraiment dures à oublier".

Benjamin n'a pas encore retiré le kit en pharmacie et craint qu'il n'y en ait plus. "Mais arrêter de fumer, c'est arrêter de fumer, kit ou pas kit", estime celui qui n'a jamais fait appel qu'à son mental - sans patch, ni chewing-gum, ni hypnose, ni livres - pour essayer de se libérer du joug de la nicotine. Pour y arriver cette fois, "certainement pas d'activité sportive", lance-t-il, sûr de lui, dans un sourire. "J'ai un métabolisme qui fait que je ne grossis jamais quand je mange, mais j'ai peur que le fait d'arrêter de fumer change la donne, et j'ai peur d'être ultra irritable. Si je deviens insupportable, c'est sûr, je préférerai recommencer à fumer plutôt que d'imposer mon humeur aux autres".

Jeanne : un arrêt radical... mais pas tout de suite

Jeanne aura 22 ans le 12 novembre et c'est après son anniversaire qu'elle arrêtera la cigarette. La date du 1er novembre ne lui convenait pas. "On m’a parlé du Moi(s) sans tabac il y a trois semaines, mais je n’avais pas réalisé que ça arriverait si vite", explique-t-elle. Étudiante, elle fume "9 ou 10 roulées par jour" et a commencé la cigarette lorsqu'elle était en classe de seconde. "Il n'y a pas un seul jour où je ne fume pas. Je peux fumer dès 7 heures du matin, une heure après m’être réveillée", assure-t-elle. 

Désormais, Jeanne estime qu'il est temps de repenser son hygiène de vie. "En plus du côté financier non négligeable, il y a la santé. J’en ai marre de tousser six mois dans l’année, d'avoir mal à la gorge. Avant je courais mais, avec la cigarette, c'est devenu plus difficile. Si j'arrête, je pense me remettre à la course à pieds. À partir du moment où tu arrêtes la clope, il faut compenser par quelque chose", estime l'étudiante, qui compte combler le manque avec "chewing-gum, café, thé", histoire de s'occuper et d'avoir "quelque chose dans les mains", tandis que l'accoutumance à la cigarette est, pour une part non négligeable, liée au rituel du geste

"Arrêter la cigarette, c'est l'occasion de changer tout un mode de vie, de manger plus sain, de se coucher plus tôt, de retrouver un cercle vertueux", espère-t-elle. Pour se laisser toutes les chances d'y parvenir, et tandis qu'elle avait arrêté de fumer quinze jours en 2015, Jeanne veut cesser radicalement. "J’ai quelques amis qui veulent ralentir mais je ne sais pas si ça sert à grand-chose. Quitte à faire un effort, autant le faire vraiment", explique-t-elle.

J’étais pratiquement la seule, même par -20 ou -30 degrés, à aller m'allumer une cigarette.

Jeanne, fumeuse depuis 6 ans

Pour cela, elle peut compter sur quelques adjuvants non médicinaux. Elle avait commencé, par le passé, La méthode simple pour en finir avec la cigarette, un livre écrit par Allen Carr, présenté par certains comme miraculeux. "À ce moment-là, je n'avais pas la volonté suffisante. Je vais essayer de le lire à nouveau", programme-t-elle. Jeanne a également commandé, sur Internet, le kit anti-tabac - également téléchargeable en ligne - qu'elle devrait recevoir prochainement. "Je songe aussi à télécharger l’application "Tabac santé info service" sur mon téléphone. Cela permet de voir combien on a économisé, c'est quelque chose de motivant". Mais surtout, Jeanne peut compter sur ses deux sœurs, avec qui elle commencera, dans quelques jours, le challenge. Sa sœur jumelle et leur aînée de 28 ans, dépendantes elles aussi, comptent se soutenir mutuellement.

Comme Benjamin, Jeanne se voit déjà regretter "la cigarette d'après le déjeuner, celle du soir après le dîner, vers 22 heures, et puis bien sûr celles de soirée". Preuve de son addiction, un échange d'un an au Canada n'a pas eu raison de son tabagisme. "La cigarette est très mal vue au Québec, alors on m’avait dit que, là-bas, j’arrêterais de fumer. Mais j’étais pratiquement la seule, même par -20 ou -30 degrés, à aller m'allumer une cigarette à la pause", raconte-t-elle. Jeanne est pourtant déterminée, même si son entourage va devoir s'accrocher. "Je sais que je vais être invivable !", prévient-elle d'avance.

Julien : un arrêt tout en douceur

Julien a 31 ans et a passé plus de la moitié de sa vie - 17 ans - à fumer. Il consomme environ une quinzaine de cigarettes par jour et, comme beaucoup, il a commencé à fumer "pour faire un peu comme les 'grands'", se souvient-il. "Je travaille dans une centrale nucléaire, alors le stress est omniprésent, explique ce père de deux enfants. Je ne veux pas être un mauvais exemple pour eux. Et bien sûr je fais aussi cela pour ma santé".

Julien n'avait pas eu connaissance de l'existence du kit anti-tabac. "Maintenant que je le sais, je vais aller le chercher", affirme-t-il, déterminé. Contrairement à Benjamin et Jeanne, impossible pour Julien d'arrêter du jour au lendemain. "Je vais y aller progressivement, en commençant par supprimer les cigarettes liées à l'habitude, comme la première du matin ou celle qui suit le repas, explique-t-il. Les deux seront difficiles à oublier".

Comme un athlète prêt à battre un record, Julien confie s'être préparé psychologiquement au Moi(s) sans tabac depuis une quinzaine de jours. Il faut dire que son épouse, comme une majeure partie de ses collègues, fume elle aussi. "J'ai peur d'être irritable avec mes proches, concède-t-il. Mais je vais y arriver !" Pour Julien, ce défi est également l'occasion de retrouver une hygiène de vie. "Je vais essayer d'arrêter de consommer de l'alcool, et me remettre au sport", envisage-t-il.

Retrouvez Benjamin et Julien dans une semaine, pour voir si les deux hommes sont parvenus à tenir leur première semaine de challenge. RTL.fr prendra des nouvelles de Jeanne aux alentours du 15 novembre. Celle-ci se sera normalement lancée, à son tour, et avec ses deux sœurs, dans le grand défi du Moi(s) sans tabac.

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