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"J’en suis très fier" : l'ex député de Paris, Jean Turco, devenu doyen des Français à 108 ans se confie sur RTL

Henri Content, figure emblématique de la longévité française, s’est éteint à 108 ans. Depuis, le nouveau doyen connu des Français serait l’ancien député de Paris Jean Turco. Né le 19 décembre 1917, l’ex-élu gaulliste était l’invité de RTL, ce jeudi, pour évoquer son parcours hors norme, son regard sur la politique actuelle et les leçons d’un siècle traversé.

Jean Turco en 2024.

Crédit : Miguel MEDINA / AFP

Vincent Parizot

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Devenir le plus âgé des hommes du pays suscite chez Jean Turco, aujourd'hui âgé de 108 ans, une forme de fierté tranquille. "Écoutez, j’en suis très fier. Ça prouve que j’ai mené une vie correcte, sans excès. Mais de toute façon, j’ai quand même vécu normalement", confie-t-il ce jeudi 26 février au micro de RTL. 

Une existence "normale", certes, mais disciplinée. S’il assure ne pas s’être privé, Jean Turco reconnaît avoir fumé jusqu’à l’âge de 62 ans. "J’ai arrêté net. On dit que c’est difficile effectivement, mais avec un peu de volonté on y arrive." Un choix décisif dans une longévité qu’il attribue autant à l’hygiène de vie qu’à la détermination.

Certains Français l’ont redécouvert il y a un an et demi lorsqu’il a porté la flamme olympique à l’Assemblée nationale. Un moment "très, très important", raconte-t-il. La demande venait de la présidente de l’Assemblée.

"C’est une grande fierté." Pour se préparer, l’ancien député s’est entraîné avec des haltères afin de pouvoir porter les deux kilos de la torche sans difficulté. 

"Je ne reconnais pas l’Assemblée nationale"

Député UDR de Paris dans les années 1970, il garde un souvenir marqué de la vie parlementaire d’alors. "Contrairement à ce que j’ai connu, je ne reconnais pas l’Assemblée nationale. À mon époque, on considérait qu’elle représentait la France. Il y avait une certaine dignité qui n’existe plus."

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Face à une vie politique qu’il juge radicalisée entre extrême droite et extrême gauche, Jean Turco se tient à distance : "Personnellement, je ne suis ni de l’un ni de l’autre. Je pense que les extrêmes sont à éviter."

Né en 1917, il faisait son service militaire lorsque la Seconde Guerre mondiale a éclaté. Alors que la guerre en Ukraine se poursuit depuis quatre ans, son regard est empreint d’expérience : "Rien n’est pire que la guerre. On sait quand elle commence, on ne sait pas quand elle finit."

"À chaque fois, on a dit qu’on ne s’en sortirait pas. Finalement, ça s’est arrangé."

Fils d’immigré italien, il dit devoir à la France son parcours. "Je suis très fier de ça. Je dois tout à la France qui m’a permis de faire mes études - notamment en passant par une école d'ingénieur." 

Témoin de Mai 68, de l’alternance de 1981 et des mutations sociales, Jean Turco s’interroge sur l’évolution du rapport à l’autorité. "Il a toujours fallu un peu d’autorité pour faire marcher une entreprise, une machine, un pays."

Pour autant, il ne cède pas au pessimisme. "J’ai réussi à passer trois générations. À chaque fois, on a dit qu’on ne s’en sortirait pas. Finalement, ça s’est arrangé."

Aux jeunes d’aujourd’hui, il adresse un message simple : "C’est à eux de se faire confiance."

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