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Méthode globale ou syllabique : quelles différences ?

Dans un entretien à "L'Obs", le ministre de l'Éducation, Jean-Michel Blanquer, indique souhaiter que les écoliers apprennent à lire selon la méthode syllabique.

Un professeur dans une école élémentaire, le 9 septembre 2014 à Paris
Un professeur dans une école élémentaire, le 9 septembre 2014 à Paris Crédit : AFP / Archives, Fred Dufour
Marie Zafimehy
Journaliste

Apprendre à lire selon la méthode syllabique plutôt que la méthode globale, "dont tout le monde admet aujourd’hui qu’elle a eu des résultats tout sauf probants". À la veille de la rentrée scolaire, c'est l'exigence du ministre de l'Éducation nationale, Jean-Michel Blanquer. Dans un entretien accordé au magazine L'Obs, le ministre relance un vieux débat, à la grande surprise des professeurs des écoles.

"On réveille un débat qui a eu lieu dans les années 1970, sur une méthode qui a très peu existé et qui n'existe absolument plus aujourd'hui", estime Francette Popineau, secrétaire générale du syndicat des instituteurs et professeurs des écoles (SNUipp-FS) au micro de RTL, vendredi 25 août. Selon elle, le problème d'un mauvais apprentissage de la lecture chez les écoliers français ne vient pas de l'une ou de l'autre de ces méthodes, que l'on oppose depuis des décennies.

Le b.a-ba de la méthode syllabique

La méthode syllabique que veut promouvoir Jean-Michel Blanquer repose sur l'association des syllabes entre elles pour lire les mots. L'enfant apprend les sons que font les lettres - les phonèmes - ou que font les ensembles de lettres de type "on", "oi" ou "an" - les graphèmes. Il combine ensuite ces sons pour former le mot, à la manière d'un jeu de construction. C'est ce qui lui vaut le surnom de méthode "b.a-ba".

Selon les professionnels, cette méthode a l'avantage de faire appel aux connaissances de l'enfant acquise pendant l'école maternelle telles que l'apprentissage de l'alphabet. Après sa création au XIXème siècle, la méthode syllabique est aujourd'hui la plus utilisée et a longtemps été plébiscitée, surtout grâce à la méthode alphabétique de Boscher, décrite dans le livre La Journée des touts petits publié en 1906.

L'alternative de la méthode globale

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Recommandée dans les années 1970 et 1980, la méthode globale est très peu utilisée aujourd'hui. Elle consiste à apprendre à l'enfant à reconnaître un mot dans sa globalité, d'un bloc, plutôt que de lui faire associer les sons des différentes syllabes. Cette méthode se base sur l'aspect psychologique de la lecture et l'idée que l'enfant comprend mieux ce qui a un sens pour lui.

La méthode globale s'inscrit dans le mouvement de l'éducation nouvelle qui date de la fin du XXème siècle. Elle a été créée par le médecin et pédagogue belge Ovide Decroly et souvent reprise par d'autres professionnels tel que Célestin Freinet, à l'origine de la pédagogie du même nom. Aujourd'hui, la méthode Freinet est utilisée dans certaines écoles alternatives. Elle vise à remettre l'enfant au coeur de l'apprentissage en le laissant libre de son expression pour qu'il associe des idées directement à des mots.

La reconnaissance globale des mots est utilisée "les quinze premiers jours du CP", explique Francette Popineau du syndicat SNUipp-FS, mais n'a rien à voir avec une méthode globale à proprement parler. Ces repérages de mots opérés par les enfants à la sortie de maternelle est utilisé "pour asseoir la combinatoire et le son", poursuit-elle. Les mots comme "lundi" ou "maman" sont immédiatement reconnus par les enfants, qui les associent ensuite à d'autres mots aux sons semblables pour reconstruire les syllabes.

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