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Marseille, une ville aux mille et une résidences privées

Depuis 20 ans, le nombre de quartiers privatisés et les résidences sécurisées ont explosé à Marseille. 1.600 cités dans la cité, fermées, grillagées ont vu le jour selon une étude de chercheurs géographes de l’université qui planchent sur le sujet depuis plusieurs années.

Une vue de la ville de Marseille (illustration)
Une vue de la ville de Marseille (illustration)
Crédit : NICOLAS TUCAT / AFP
Multiplication des résidences privées : reportage à Marseille
03:32
Multiplication des résidences privées : reportage à Marseille
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Générique 1
Hugo Amelin
Journaliste

Quartiers privés et résidences surveillées sont de plus en plus à la mode à Marseille. Un isolement qui était réservé seulement aux grosses fortunes il y a quelques années, mais qui maintenant séduit les classes moyennes. Principalement pour des raisons de sécurité, de tranquillité. Bienvenue à Marseille, la ville où on se méfie de son voisin.

Les voisins, on les appelle même les intrus. Comme dans le petit village d’Astérix, des quartiers entiers de Marseille érigent des hauts murs surplombés de verre brisé ou de barbelés, de portails à digicode pour rendre leur lotissement totalement clos. 

C’est le cas notamment dans la cité populaire des Castors : 149 petites maisons au cœur des quartiers nord. Un habitant témoigne : "on est bien, c’est sûr qu’en sortant, c’est Chicago. Depuis qu’on a fermé avec le portail, c’est plus sécurisé". Aujourd’hui, la majorité des nouvelles résidences sont construites avec portail caméra à l’interphone, c’est même devenu la norme. 

Rose Marie habite ici depuis 41 ans : "quand je suis arrivée, il n’y avait pas le portail. On en avait besoin, oui. Pour les enfants, pour les intrus, les gens de l’extérieur". Parmi les motifs avancés pour nourrir cet insatiable besoin de sécurité, on retrouve la tranquillité publique bien entendu, mais aussi le stationnement anarchique des voitures ou pouvoir profiter d’un square entre soi. 

S'isoler pour mieux se protéger

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"Malgré la multiplicité des raisons, la réponse est toujours la même et c’est ça qui est frappant : c’est la fermeture". Gaspard Hirschi tourne actuellement un documentaire sur le sujet et il explique que Marseille ne s’est pas construite sur un modèle haussmannien, mais plutôt sur un modèle privatif. Les promoteurs construisent les logements, mais aussi les routes qui y mènent. 

C’est donc un simple vote de copropriétaires qui permet aujourd’hui parfois 30 ans après la construction de fermer les accès. La mairie n’a rien à y redire et finalement ça l’arrange un peu : "pour la municipalité, il y a un intérêt qui est que ce sont des économies de couts importantes. Tout l’entretien de ces voies relève de la copropriété, l’éclairage aussi. S’il fallait réintégrer tout cela dans le domaine public, ça serait une hausse des prix qui serait très importante" continue Gaspard Hirschi. 

La ville monde est devenue la ville archipel. La mixité sociale recule avec chacun dans son petit enclos, pas plus riches les uns que les autres, mais qui fantasme sur l’autre côté de la barrière. "Les gens s’imaginent que de l’autre côté du mur c’est cocagne, ajoute Gaspard Hirschi. Alors que parfois, il y a peu de différences : de part et d’autre du mur, on a des difficultés de factures". "On n’a pas un seul cas de marche arrière, de barrière démontée. Jamais", affirme-t-il. 

Un phénomène qui s’accentue dans d’autres villes, comme Toulouse et Bordeaux. Marseille la ville aux 111 villages agglomérés est aujourd’hui la ville aux mille et une résidences privées

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