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Manque d'hygiène, tentatives de suicides... Au cœur du plus grand centre de rétention de France

REPORTAGE - Dans le plus grand centre de rétention de France, au Mesnil-Amelot, environ 200 personnes qui font l'objet d'une décision d'éloignement, dans l'attente de leur renvoi forcé, sont actuellement retenues.

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Au Centre de rétention administratif du Mesnil-Amelot, environ 200 personnes font l'objet d'une décision d'éloignement, dans l'attente de leur renvoi forcé. Crédit Image : CHRISTOPHE ARCHAMBAULT / AFP | Crédit Média : Sina Mir | Durée : | Date :
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Sina Mir édité par Leia Hoarau

Depuis deux semaines, La Cimade, l'association qui vient en aide aux étrangers, a annoncé son retrait du plus grand centre de rétention administrative (CRA) de France. Environ 200 personnes qui font l'objet d'une décision d'éloignement, dans l'attente de leur renvoi forcé y sont actuellement retenues au Mesnil-Amelot (Seine-et-Marne), à quelques centaines de mètres des pistes de l'aéroport de Roissy Charles-de-Gaulle.

L'association, fondée en 1930, dénonce depuis plusieurs jours une situation de "violences" au début du mois, des tentatives de suicide, des actes d'automutilations de plus en plus fréquents pour les personnes retenues au sein du centre et des problèmes d'hygiène

Une situation qui "n'est pas avérée" selon la Direction centrale de la police aux frontières (DCPAF). La direction du CRA, elle, n'a pas souhaité s'exprimer. 

Du linge étendu au centre de rétention au Mesnil-Amelot Crédits : Sina Mir / RTL | Date : 24/07/2019
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Du linge étendu au centre de rétention au Mesnil-Amelot Crédits : Sina Mir / RTL | Date : 24/07/2019
Environ 200 personnes y sont actuellement retenues Crédits : Sina Mir / RTL | Date : 24/07/2019
Le centre de rétention au Mesnil-Amelot Crédits : Sina Mir / RTL | Date : 24/07/2019
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Avoir "les nerfs solides"

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Sous un soleil de plomb et dans le calme, les grillages des cours extérieures servent d'étendoir à linge. La première chose qui frappe autour des groupes de personnes retenues qui cherchent l'ombre, c'est ce bruit incessant de décollages.

"Les avions ? C'est jour et nuit. Impossible de dormir", dénonce Ali, ingénieur au Soudan, qui s'est fait arrêter sans papier il y a 3 semaines en tentant de s'envoler avec sa femme malade pour l'Angleterre. "Ici, ce n'est pas un endroit pour les êtres humains. Quelqu'un m'a dit qu'il avait passé 9 mois en prison, ça lui avait paru 9 jours. Trois jours ici, c'est comme 3 ans..."

Désespéré sous ces baraquements aux parties sanitaires parfois décrépies, il partage son quotidien avec toutes sortes de profils d'étrangers en attente de régularisation ou d'expulsion, d'anciens criminels, des étudiants depuis plus de 20 ans en France...

"Ce qui tue les gens ici, c'est le temps de la rétention. Ça prend la tête. Si vous n'avez pas les nerfs solides, les gens font n'importe quoi", explique un jeune Africain, assis sur un matelas qui semble dater de l'ouverture du Centre.

Se mutiler pour ne pas craquer

De l'aveu d'un policier, avaler des pièces de monnaie ou se tailler les veines est devenu courant pour gagner l'hôpital voisin. Au détour d'un couloir, un père de famille craque à son tour.

"Il n'y a rien qui marche ici. Je suis fatigué. Aujourd'hui, c'est le 75e jour que je suis là. Ma fille n'est pas partie en vacances. Je rentre, je vais me trouver quelque chose pour me couper les veines, je vais me couper les veines ! Et tous les jours, c'est le cirque. La préfecture, elle fait tout ce qu'elle veut. Si la France veut plus de moi, donnez-moi mes enfants, je vais partir. Moi, je la chante la Marseillaise. Depuis 23 ans, je suis en France".

Garder des personnes 90 jours, c'est absurde

Claudine Lepage, parlementaire socialiste
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Témoin de la scène, Claudine Lepage fait partie des parlementaires socialistes venus visiter le centre mardi 23 juillet. 

"Il ne s'agit pas de rendre responsables les fonctionnaires de police qui sont ici. Ils font ce qu'ils peuvent avec ce qu'ils ont. Mais garder des personnes 90 jours, c'est absurde et on a vraiment l'impression d'un endroit délaissé".

Avec 2.800 personnes différentes enfermées au Mesnil-Amelot l'année dernière, le séjour moyen dans ce centre est de 20 jours. Dans un tiers des cas, un avion attend au bout de la piste. Pour la majorité, le casse-tête administratif de la clandestinité ne fait que continuer.

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2019-07-24 08:06:00
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