4 min de lecture Daesh

Magnanville : peut-on comparer Larossi Abballa à Yassin Salhi, le tueur de Saint-Quentin-Fallavier ?

ÉCLAIRAGE - Tout comme pour l'attentat de Saint-Quentin-Fallavier, celui des Yvelines a été perpétré par un homme seul, se revendiquant de Daesh.

Des policiers délimitant un périmètre de sécurité à Magnanville, le 14 juin 2016
Des policiers délimitant un périmètre de sécurité à Magnanville, le 14 juin 2016 Crédit : Thomas SAMSON / AFP
Marie-Pierre Haddad
et AFP

"Un acte incontestablement terroriste". C'est avec ces mots que François Hollande a qualifié l'assassinat de deux fonctionnaires de police à Magnanville, dans les Yvelines. Le terroriste présumé a été identifié comme étant Larossi Abballa. Cet homme de 25 ans a poignardé un policier avant de prendre en otage sa femme, qu'il finira par tuer, et leur fils âgé de trois ans et demi. Trois personnes ont été interpellées et placées en garde à vue, ce mardi 14 juin. L'un des trois hommes figure parmi les huit membres d'une filière jihadiste, condamnés en 2013 pour "association de malfaiteurs en vue de préparer des actes terroristes". 

Condamné en 2013 pour avoir participé à une filière d'envoi au Pakistan de volontaires pour le jihad, Larossi Abballa avait depuis été placé sur écoute, mais les interceptions téléphoniques "n'avaient pas permis à ce jour de déceler le moindre élément de préparation et un passage à l'acte violent", selon le procureur. 

Des actions solitaires avec la marque de l'État islamique

'auteur de l'assassinat de son patron, Hervé Cornara et de l'attaque de l'usine Air Products. Mis en examen pour assassinat en relation avec une entreprise terroriste, il s'est suicidé dans sa cellule, le 23 décembre dernier. Le chef d'entreprise a été décapité et sa tête avait été accrochée au grillage de l'usine. Un drapeau islamiste avait aussi été retrouvé dans le véhicule utilisé lors de l'attentat. Le suspect a forcé le barrage de l'usine avec ce véhicule puis a percuté un stock de bonbonnes de gaz. Le procureur de la République de Paris a précisé qu'il avait agi seul, qu'il n'était pas accompagné d'un complice lors de son attaque.

Le tueur du couple de fonctionnaires de police a aussi agi seul, selon les premiers éléments de l'enquête. Daesh endosse la paternité de ce double assassinat et reconnait en tout cas comme l'un des siens le meurtrier. Est-ce que cela veut dire que cet attentat a été préparé et organisé par Daesh ? "Probablement pas. Le fait que Daesh valide a posteriori cette action ne signifie pas qu'elle a été préparée en amont par l'organisation, comme ce fut le cas pour le Bataclan. Il faut savoir que Daesh incite ses soldats à revendiquer leurs attentats pour ensuite s'en approprier la paternité si celle-ci est suffisamment significative. Ce fut le cas à Orlando, c'est le cas pour Magnanville", explique Jean-Alphonse Richard, chef du service police-justice de RTL.

Des revendications diffusées sur les réseaux sociaux

À lire aussi
antisémitisme
Yvelines : enquête ouverte pour des injures antisémites au sein de la police

Le terroriste avait diffusé un selfie macabre où il posait à côté de la tête de son patron assassiné. Cette preuve morbide avait été envoyée vers un numéro canadien. Mais les enquêteurs étaient arrivés à la conclusion que le destinataire se trouvait dans des zones de jihad irako-syriennes. Les premières informations avaient dévoilé la possible identité du destinataire comme étant Sébastien-Younes V, un homme originaire de Haute-Saône, qui vit aujourd'hui à Raqqa, capitale de Daesh.

Dans les Yvelines, Larossi Abballa a fait plusieurs revendications sur les réseaux sociaux. Le procureur de la République, François Molin, a confirmé qu'une vidéo de 12 minutes diffusée à 20h52 et "deux tweets" via un compte Twitter ouvert le 8 juin ont été diffusés. "Très calme et souriant", Larossi Abballa "a posté cette vidéo en direct sur Facebook dans laquelle il semble lire un message écrit plus tôt", comme l'explique David Thomson, journaliste à RFI dans des propos rapportés par l'AFP. C'est sous le pseudo "Mohamed Ali", que le terroriste présumé a enregistré cette vidéo dans laquelle il prête allégeance à l'État islamique et plus précisément à son chef, Abou Bakr al-Baghdadi.

Fiché S pour l'un, déjà condamné pour l'autre

Concernant leur profil, Yassin Salhi était un chauffeur-livreur de 35 ans originaire du Doubs, marié depuis plus de dix ans et père de trois enfants. L'enquête avait déterminé qu'il était en lien avec la mouvance salafiste lyonnaise, comme l'expliquait le procureur de la République de Paris, François Molins. Il a fait l'objet de deux notes des services d'informations générales du département du Doubs en 2013 et 2014, le classant comme "musulman dur", en lien avec la mouvance salafiste lyonnaise. Les enquêteurs avaient révélé que le suspect organisait des réunions, parfois en treillis militaires. Il y faisait référence au jihad et au Mali. La DGSI avait par la suite pris en compte ces notes et développements, sans qu'il n'y ait une surveillance renforcée pour autant.

Le terroriste tué dans l'assaut du Raid, lundi 13 juin, Larossi Abballa est originaire de Mantes-la-Jolie et était âgé de 25 ans. Il avait été condamné en septembre 2013 pour avoir participé à une filière d'envoi au Pakistan de volontaires pour le jihad. L'enquête avait mis au jour le profil inquiétant du jeune homme, connu jusque-là pour des faits mineurs de droit commun (vol, recel). En 2011, une perquisition à son domicile est effectuée après son arrestation. Les policiers ont expliqué n'avoir trouvé aucune arme mais une liste de commissariats, de mosquées et de lieux touristiques dans son département des Yvelines pouvant être "des cibles potentielles".

La rédaction vous recommande
Lire la suite
Daesh Attentats Policiers
Commentaires

Afin d'assurer la sécurité et la qualité de ce site, nous vous demandons de vous identifier pour laisser vos commentaires. Cette inscription sera valable sur le site RTL.fr.

Connectez-vous Inscrivez-vous

500 caractères restants

fermer
Signaler un abus
Signaler le commentaire suivant comme abusif
500 caractères restants