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Macron assume la réforme de l'ISF et fixe une échéance

REPLAY - ÉDITO - De l'interview télévisée du chef de l'État, François Lenglet retient trois choses sur le plan économique : une imprudence, une métaphore et un "marronnier".

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Macron assume la réforme de l'ISF et fixe une échéance Crédit Image : AFP / Damien Meyer | Crédit Média : RTLnet | Date :
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François Lenglet et Loïc Farge

L'imprudence, tout d'abord. C'est la première fois qu'Emmanuel Macron date les résultats économiques qu'il souhaite : dans un an et demie / deux ans, c'est-à-dire à la mi-2019. Il avait toujours refusé, pendant la campagne, de donner un terme précis aux succès qu'il espère. C'est évidemment un peu dangereux. Le précédent de Hollande nous l'a appris, qui avait affirmé vouloir inverser la courbe du chômage en 2013. Un danger relatif, car l'engagement qu'il prend est assez vague, à la fois dans la date et dans les critères qu'il retient, puisqu'il a récusé le chômage comme seul indicateur.

Emmanuel Macron a aussi fait un long plaidoyer de sa réforme de l'ISF. Il a bien décrit son pari, le pari libéral, avec une métaphore assez heureuse des "premiers de cordée". Ce sont les personnes fortunées, celles qui ont réussi grâce, dit-il, "à leurs talents", qui doivent "entraîner tous les autres", et sur lesquelles il ne faut pas jeter de pierre.

C'est évidemment une image un peu romantique des riches dans la société, qui ne correspond pas à la réalité, où, au contraire, la société est de plus en plus cloisonnée, avec des classes sociales fermées, en haut comme en bas.

Reforme des impôt : des inexactitudes

Le chef de l'État a défendu sa réforme par ailleurs à la limite de l'inexactitude, en expliquant, par exemple, que celui qui allait investir dans l'économie française serait désormais exonéré d'impôt, avec la réforme.

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C'est doublement faux. D'abord parce que si même on n'investit pas et qu'on laisse son argent sur un compte bancaire en liquide, on ne sera pas taxé. Ensuite parce que si on investit en Patagonie plutôt que dans l'économie française, on sera aussi exonéré. La réforme de l'ISF qu'il envisage n'est donc pas si vertueuse.

Emmanuel Macron espère ainsi faire revenir les exilés fiscaux fortunés, ce qui est très peu probable. Un exilé ne revient pas à cause d'une réforme fiscale. En revanche, il estime que cette réforme peut ralentir, sinon stopper, le départ de nouveaux exilés, et là on ne peut que le rejoindre.

La participation, un vieux flambeau

Il y a enfin un "marronnier", comme on dit dans le jargon journalistique : c'est la participation bien sûr. Depuis le célèbre discours du général de Gaulle à Saint-Étienne, en 1948, tous les leaders français, à un moment ou un autre, relancent cette idée de l'alliance entre le capital et le travail autour du partage des fruits de la croissance. Macron reprend ici un vieux flambeau, sans donner aucune précision sur ce qu'il envisage.

Le mieux et le plus simple serait déjà d'arrêter de taxer et de complexifier cette forme de rémunération, dont le régime fiscal et social ne cesse de bouger. Selon nos informations, le chef de l'État réfléchit d'ailleurs à changer un article du Code civil sur la finalité de l'entreprise, qui est aujourd'hui désignée comme étant le seul profit des actionnaires. Une idée portée également par le ministre Nicolas Hulot.

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