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Loi Travail : pourquoi le préfet de police a interdit la manifestation de jeudi à Paris

Il n'y aura ni défilé, ni rassemblement statique autorisé à Paris par la préfecture de police, jeudi 23 mai.

Loi Travail : six personnes interpellées en marge de la manifestation à Paris
Loi Travail : six personnes interpellées en marge de la manifestation à Paris Crédit : BORIS HORVAT / AFP
Marie-Pierre Haddad
Marie-Pierre Haddad
et AFP

Les négociations auront duré 24 heures. Le préfet de police de Paris a annoncé ce mercredi 22 juin l'interdiction de la manifestation contre la loi Travail que voulaient organiser jeudi à Paris les syndicats opposés au projet du gouvernement, après plusieurs jours de bras de fer. Jean-Claude Mailly (FO) et Philippe Martinez (CGT) seront reçus par le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve. 

Les sept syndicats contestataires souhaitaient initialement défiler entre la place de la Bastille et la place de la Nation jeudi à 14 heures. Mais les autorités insistaient depuis lundi pour qu'ils choisissent une manifestation "statique" plutôt qu'un défilé, en invoquant des raisons de sécurité après les violences qui ont émaillé la manifestation nationale du 14 juin dans la capitale. Les "représentants des syndicats refusant catégoriquement la tenue d'un rassemblement statique et formulant ensuite des propositions alternatives d'itinéraires" qui n'ont pu faire l'objet d'un consensus, le préfet de police Michel Cadot "considère qu'il n'a pas d'autre choix que d'interdire la tenue de la manifestation", a indiqué la préfecture de police dans un communiqué. 

Des policiers épuisés

Les propositions d'itinéraires alternatifs formulées par les syndicats (CGT, FO, FSU, Solidaires, Unef, UNL et Fidl) "ne permettent en aucune façon de répondre à la nécessaire sécurité des personnes et des biens, ni aux exigences de mobilisation maximale des forces de police et des forces mobiles contre la menace terroriste", a souligné la préfecture, insistant sur "l'épuisement" des forces de l'ordre.


Le "rassemblement statique sur une grande place parisienne" permettait, selon la PP, "de maintenir le droit d'expression des citoyens tout en limitant les risques de dégradations des commerces, habitations et institutions ainsi que les violences aux personnes et représentants des forces de l'ordre". Bernard Cazeneuve avait lui-même écrit lundi au numéro un de la CGT Philippe Martinez pour lui dire que "dans ce contexte de tension et de heurts récurrents (...), le renouvellement à l'identique d'une manifestation itinérante le 23 juin n'apparaissait pas envisageable". 

Des syndicats contre un rassemblement statique

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Pour les syndicats, un simple rassemblement constitue une "remise en cause de la liberté de manifester", d'autant que de nombreuses manifestations sont prévues ailleurs jeudi en France, sans menaces d'interdiction. Faire du surplace serait de surcroît dangereux pour la sécurité des manifestants, ont-ils argué. La manifestation nationale du 14 juin avait donné lieu à d'importantes dégradations et 28 policiers et 11 manifestants y avaient été blessés

"Une faute historique", selon le frondeur Christian Paul

Dès l'annonce de l'interdiction de manifester, les réactions politiques se sont enchaînées. Le député frondeur, Christian Paul a dénoncé "une faute historique". "Je considère, et je pèse vraiment mes mots, que c'est une faute historique. C'est la première fois depuis 1958 qu'un gouvernement, un Premier ministre, interdit une manifestation organisée par les grandes organisations syndicales (...) On est à deux doigts de trouver un compromis sur la loi Travail et c'est le moment que choisit le Premier ministre pour durcir encore une fois sa position", a-t-il accusé sur iTélé.

Marine Le Pen a dénoncé une "démission face aux casseurs" et une "atteinte grave à la démocratie" après l'interdiction de la manifestation à Paris que voulaient organiser jeudi les syndicats contre la loi Travail.
"L'interdiction des manifestations contre la loi Travail est une démission face aux casseurs et une atteinte grave à la démocratie", écrit sur Twitter, dont le parti est opposé à ce projet de loi. 

Selon l'ancien ministre de la Culture Aurélie Filippetti, cette décision est "un acte extrêmement grave". Sur LCP, la député PS rappelle que les frondeurs "garde(nt) la possibilité" de déposer une motion de censure de gauche en cas de nouveau 49.3 en deuxième lecture à l'Assemblée

Les réactions sont plus circonspectes à droite. Alors que plusieurs responsables des Républicains (Alain Juppé, François Fillon) avaient demandé l'interdiction des manifestations, Nicolas Sarkozy a jugé mardi depuis Berlin "pas raisonnable" une telle éventualité de la part d'un "gouvernement républicain". "C'est une décision (d'interdiction) que je comprend et que j'approuve à titre personnel", a réagi de son côté sur iTélé le député (Les Républicains) Thierry Solère. "J'appelle la CGT à revenir à la table des négociations. On n'impose pas le retrait par la rue, ce n'est pas ça la démocratie". 

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