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Loi Travail : la CGT "n’est pas dans une nostalgie de mai 68", martèle une représentante

INVITÉE RTL - Sophie Binet, secrétaire générale adjointe de la CGT Cadres et techniciens, débat avec le président de l'Union professionnelle artisanale sur les motivations de la grève.

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Loi Travail : la CGT "n'est pas dans une quelconque nostalgie de mai 68", martèle une représentante Crédit Image : JACQUES DEMARTHON / AFP | Crédit Média : Yves Calvi | Durée : | Date : La page de l'émission
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Yves Calvi Journaliste RTL

SNCF, raffineries, et bientôt les centrales nucléaires... L'opposition à la loi Travail commence à crisper l'ensemble du pays, à l'appel de la CGT. Certaines sociétés, elles, paniquent. "Le mouvement social va loin et nos entreprises sont très inquiètes, fait savoir Jean-Pierre Crouzet, président de l’Union professionnelle artisanale (UPA). Nous sommes dans une situation économique fragile après des baisses successives d’activités. Ne cassons pas aujourd’hui ce qui était en train de reprendre".

"Je crois que ça ne fait plaisir à personne de faire grève", répond Sophie Binet, secrétaire générale adjointe de la CGT Cadres et Techniciens, qui rappelle qu'un salarié en grève "perd au minimum 50 euros par jour". Celle-ci refuse de voir dans la contestation un affrontement presque personnel entre Philippe Martinez, secrétaire général de la CGT, et Manuel Valls. "Ce projet est dénoncé par des millions de personnes. La grève, ce n’est pas la CGT qui la fait, ce sont les salariés qui la votent et qui la font", défend Sophie Binet.

Hors de question de toucher au droit de grève

"Le problème est le contenu de ce projet de loi que le gouvernement veut imposer", martèle la secrétaire générale adjointe de la CGT cadres et techniciens. Selon elle, le projet de loi El Khomri "met à bas la négociation de branche, il permet de travailler plus pour gagner moins, avec des heures supplémentaires qui pourront être rémunérées cinq fois moins. Il permet aussi de généraliser le chantage à l’emploi et de légaliser les licenciements boursiers, c’est un projet de loi qui est fait sur-mesure pour les grandes entreprises et ne créera aucun emploi", poursuit-elle.

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Il ne faut pas empêcher ceux qui ne sont pas d’accord de pouvoir travailler

Jean-Pierre Crouzet
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Sur ce point, Jean-Pierre Crouzet rejoint la parole CGTiste. L'Union professionnelle artisanale déplore que la France s'attarde sur "2% d’entreprises" qui représentent les grandes organisations. Les textes sont faits pour ces 2% d’entreprises alors que nous avons un potentiel extraordinaire à développer, mais malheureusement nous sommes toujours écoutés mais jamais entendus", affirme le président de l'UPA. Si ce dernier estime inconcevable de toucher au droit de grève, dont il rappelle le caractère constitutionnel, "il ne faut pas bloquer un pays" pour autant. "Chacun doit pouvoir s’exprimer, mais il ne faut pas empêcher ceux qui ne sont pas d’accord de pouvoir travailler. Ce sont des pertes sèches qui se font avec des conséquences pour les emplois", illustre-t-il.

Un retour au calme souhaité "avant l'Euro"

La CGT demande-t-elle à Manuel Valls de retirer son texte ? "Pourquoi pas ?", interroge Sophie Binet. "En 2006, Chirac l’a fait après avoir utilisé le 49.3, il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis", lance la syndicaliste. "La question est le contenu du projet de loi, on n’est pas dans une affaire d’honneur ou de virilité", affirme-t-elle, rappelant que la bataille ne doit pas devenir une affaire personnelle entre Manuel Valls et la CGT et invitant François Hollande à trancher. "Nous appelons le président de la République à prendre de la hauteur, à jouer son rôle et à rassembler le pays. Il faut retirer la retirer (la loi El Khomri, ndlr) et ouvrir des négociations", répète Sophie Binet.

Ainsi, la CGT souhaite parvenir à l'apaisement "avant l’Euro". "Si le gouvernement ne retire pas sa loi, bien sûr, nous appelons les salariés à se mobiliser pour faire entendre leur mobilisation". De son côté, Jean-Pierre Crouzet rappelle que son Union professionnelle artisanale a "toujours été favorable aux négociations" avec toutes les organisations. "Nous ne demandons pas le retrait de la loi mais nous sommes favorables à en rediscuter sur des points précis en tant que tel", affirme Jean-Pierre Crouzet, qui affirme que la grève doit être gérée dans la raison. "Attention à ne pas empêcher de nos entreprises de fonctionner, ce serait prendre des risques énormes", répète-t-il.

Répondant à un auditeur de RTL, qui affirme soutenir "le gouvernement à 100%", Sophie Binet s'agace. "Il faut aller vers le dialogue et la raison. La semaine prochaine, nous allons organiser des votations pour donner la parole aux salariés alors que le débat a été confisqué par le 49.3", annonce-t-elle. Le syndicat aspire-t-il à un nouveau mai 68 ? "On n’est pas dans la nostalgie d’un quelconque mouvement social. Notre objectif est d’obtenir des avancées pour les salariés, une réduction du temps de travail, un droit à la déconnexion. On n’est pas dans une quelconque nostalgie d’un mai 68", conclut Sophie Binet.

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2016-05-25 12:56:00
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