2 min de lecture Manifestations

Les pompiers "en colère" ont manifesté à Paris, des incidents en fin de cortège

Les soldats du feu dénoncent le manque d'effectifs et de reconnaissance d'une profession "livrée à-elle même" face à l'explosion des demandes de secours et d'assistance.

Des pompiers lors d'une manifestation (illustration).
Des pompiers lors d'une manifestation (illustration). Crédit : Jacques DEMARTHON / AFP
Léa Stassinet
Léa Stassinet
et AFP

Ils étaient entre 5 et 10.000 à manifester leur colère ce mardi 15 octobre dans les rues de Paris. Des pompiers professionnels venus des quatre coins du pays se sont rassemblés pour dénoncer le manque d'effectifs et de reconnaissance d'une profession "livrée à-elle même" face à l'explosion des demandes de secours et d'assistance. Ces derniers représentent 16% des quelque 247.000 pompiers en France, le reste étant à 80% des volontaires.

Parti peu après 14h de la place de la République, le cortège "en colère" a bruyamment défilé dans une ambiance bon enfant, avec sifflets, sirènes et fumigènes, en direction de la place de la Nation. Les pompiers étaient pour beaucoup vêtus de leurs manteaux bleu marine avec bandes jaunes fluorescentes. Certains brandissaient des pancartes barrées de slogans tels que "Faire plus avec moins, bienvenue chez les pompiers" ou "Stop au mépris du politique".

On nous demande tout

Mathias Gosse, 53 ans, pompier à Grasse (Alpes-Maritimes)
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"Il y a une baisse des effectifs préoccupante alors qu'on est débordés par le nombre d'interventions. On nous demande tout, y compris de remplacer des ambulances. À un moment donné on ne va plus y arriver", a expliqué Mathias Gosse, 53 ans, pompier à Grasse (Alpes-Maritimes). "Et en plus, on menace notre régime de retraite qui nous permet de partir à 57 ans (avec 42 annuités, ndlr)", ajoute-t-il.

Les syndicats réclament également une revalorisation de la prime de feu (28% du salaire de base, contre 19% actuellement) à hauteur des primes de risques accordées aux policiers et gendarmes.

Le ministère de l'intérieur et les collectivités locales se renvoient la balle

Nathalie Kaszubiak, secrétaire générale du syndicat FO des personnels administratifs des SDIS
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"On est répartis dans nos casernes donc la population ne se rend pas toujours compte de nos difficultés. La baisse des effectifs fait qu'il y moins de formations, de compétences. Mais on n'a aucune réponse, le ministère de l'intérieur et les collectivités locales (qui financent les SDIS et payent les pompiers, ndlr) se renvoient la balle", a déploré Nathalie Kaszubiak, secrétaire générale du syndicat FO des personnels administratifs des SDIS (Services d'incendie et de secours).

En marge du cortège, plusieurs dizaines de pompiers étaient également rassemblés devant l'Assemblée nationale où ils allumaient des fumigènes et bloquaient la circulation, sous la surveillance de forces de l'ordre appelées en renfort.

Interrogé sur la mobilisation lors des questions au gouvernement, le secrétaire d'État à l'Intérieur Laurent Nuñez a assuré que les problèmes des sapeurs-pompiers étaient pris à "bras-le-corps" par le gouvernement et a annoncé l'expérimentation d'un "numéro unique" d'urgence -le 112- qui permettrait de mieux orienter les appels.

En fin de journée, l'atmosphère s'est tendue place de la Nation, lieu d'arrivée du défilé. Les forces de l'ordre ont tiré plusieurs gaz lacrymogènes pour tenter de disperser les soldats du feu. Certains manifestants ont également tenté de perturber la circulation sur le périphérique au niveau de la Porte de Vincennes. Un rassemblement sauvage devant les marches de l'Assemblée nationale avait lui été dispersé un peu plus tôt après plusieurs heures de face-à-face tendu avec les forces de l'ordre.

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