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Les Françaises ne font pas moins de bébés qu'avant, elles les font plus tard

REPLAY / INTERVIEW - Les mères donnent naissance plus tard que par le passé, selon le sociologue Jean Viard.

Un nouveau-né dans une maternité (illustration)
Un nouveau-né dans une maternité (illustration)
Crédit : PHILIPPE HUGUEN / AFP
Les Françaises ne font pas moins de bébés qu'avant, elles les font plus tard
03:35
Yves Calvi & Clémence Bauduin

L'année 2015 est la plus faible pour la natalité française depuis 1999. C'est ce qu'annoncent les chiffres de l'Institut national de la statistique et des études économiques (INSEE), publiés mardi 19 janvier. Si le bilan démographique de l'année 2015 est marqué par une hausse des décès et une baisse des naissances, parler de crise du berceau n'est cependant pas approprié. "Il y a un peu moins de dames entre 20 et 40 ans, parce que les soixante-huitards ont fait moins d'enfants que leurs parents. Il y a donc un petit creux chez les mamans", explique le sociologue Jean Viard. 

L'un des facteurs touché par cette évolution est surtout la chronologie : les mamans font toujours des bébés, mais elles les font plus tard. "Cela n'arrête pas de reculer depuis 20 ans", analyse Jean Viard, précisant que la moyenne d'âge pour le premier bébé et de 30 ans et 4 mois. "Le taux d'enfant par femme ne baisse pas : les mamans auront des bébés plus tard, mais elles en auront quand même deux".

En cause, une évolution des modes de vie

Cette évolution de l'âge de la maternité s'explique par une évolution de l'âge de la stabilité. "On devient adulte beaucoup plus tard", résume le sociologue. "Aujourd'hui, le premier CDI est signé vers 27/28 ans, on se met en couple de façon stable vers cet âge-là et l'on construit une famille à ce moment-là, parce que l'on termine les études plus tard, parce que la jeunesse souffre sur le marché du travail", développe-t-il.

On aurait tendance à imputer ce retard de la stabilisation familiale à la crise. "Je crois que ce n'est pas vrai", s'oppose Jean Viard. Le sociologue prend l'exemple de la ville de Marseille, en proie au chômage, mais également à une forte natalité. "On pourrait presque dire que dans certaines jeunes familles, en période de chômage, faire un bébé redonne du sens à la vie". L'effet de causalité entre chômage et natalité n'est donc pas forcément vérifié.

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