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Les entreprises confrontées au casse-tête des réseaux sociaux

REPLAY - Les Français sont de plus en plus accrocs aux réseaux sociaux. Certaines entreprises prennent des mesures pour interdire leur utilisation. Est-ce vraiment efficace ?

Un employé dans un bureau (image d'illustration)
Un employé dans un bureau (image d'illustration)
Crédit : MARIO LAPORTA / AFP
Les entreprises confrontées au casse-tête des réseaux sociaux
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Christophe Ponzio
Christophe Ponzio
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Désormais, six salariés sur dix et près de la moitié des dirigeants se connectent au bureau au moins une fois par jour à Facebook, Twitter ou encore Viadeo. Ils le font soit devant leur écran d'ordinateur, soit celui de leur téléphone portable.

Pour les employés, dans plus de 80% des cas, c'est pour des raisons personnelles et non professionnelles. C'est comme si vous téléphoniez davantage à vos parents qu'à vos clients.
Ils y passent jusqu'à quatre heures par jour. Autant dire qu'entendre les petites notifications autour de leur bureau devient vite insupportable. Cela concerne moins d'un utilisateur sur cinq. En revanche, 75% des salariés se connectent à ces réseaux sociaux jusqu'à une heure.

Une plaie pour certaines entreprises

Pour Camille, styliste de 25 ans, il y a bien des nuisances. "Bien évidemment, on n'est pas concentré sur le travail quand on est sur Facebook", explique-t-elle. "Après, c'est notre génération, on est comme ça. On a besoin de ce lien. Nous sommes accrocs au téléphone et à internet", poursuit-elle.

Ce besoin ressemble surtout à une plaie pour les entreprises. Toutes y sont confrontées. Elles engagent des réflexions autour du sujet. Les notes de service qui interdisent l'usage des réseaux sociaux se multiplient ; des restrictions ciblées de sites internet, aussi.

Nos employés signent une charte qui est adossée à leur contrat de travail

Yann Benchora, manager d'un cabinet d'experts comptables
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Certaines entreprises imposent parfois ces deux mesures. C'est le cas de ce cabinet de 400 experts comptables, dont Yann Benchora est manager général.

"On leur fait signer une charte qui est adossée à leur contrat de travail", raconte-t-il. "On leur demande d'utiliser les réseaux sociaux uniquement en dehors des horaires de bureau. L'usage est toléré entre 12 heures et 14 heures, comme après 18 heures".

L'entreprise a aussi limité l'accès à internet avec des filtres. "C'est nécessaire, car on a des dérapages qui peuvent ralentir la productivité. Il faut donc être vigilant", explique Yann Benchora.

Ces pratiques sont légales, rappelle la Commission de l'informatique et des libertés (Cnil), à condition que les contours des restrictions soient bien clairs, et que l'employeur en informe ses salariés.

Finalement, est-ce bien la bonne solution de restreindre les connexions aux réseaux sociaux dans le monde du travail ? La réponse est positive quand il y a des abus. Dans les autres cas, ce n'est pas sûr.

Un effet bénéfique pour d'autres

Selon plusieurs études, un tiers des collaborateurs contournent ces interdictions, que ce soit avec leur téléphone ou leur tablette personnels. Il n'y a rien de plus simple. Aussi, le taux de satisfaction des employés grimpe de 20 points dans les entreprises qui n'ont rien bloqué du tout.
Thierry Jadot, président d'un grand groupe de communication, le constate tous les jours. "Je dis à mes collaborateurs de ne pas passer cinq heures sur les réseaux sociaux. Dans ce cas, il est préférable de rester chez soi", dit-il.
"En revanche, avoir la possibilité d'être connecté à ses amis ou à sa famille, cela a un effet bénéfique sur la concentration et la productivité. Les gens sont plus épanouis, cela ne fait pas l'ombre d'un doute", note-t-il.
Ces bénéfices sont tels que le développement des réseaux sociaux internes aux grands groupes est en plein essor.

L'influence des Facebook, Twitter, LinkedIn ou Viadeo est telle qu'ils sont même utilisés dans le cadre de six recrutements sur dix (+7 points en deux ans). La moitié aboutit à une embauche, selon l'enquête annuelle de RégionJobs sur les méthodes de recrutement que RTL vous dévoile. Sans connexion, les entreprises seraient passées à côté.

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