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Les algues vertes sont-elles vraiment mortelles ?

ENQUÊTE - Il y a un mois, un joggeur a trouvé la mort à Hillion, dans la baie de Saint-Brieuc. Pour les associations de défense de l'environnement, le responsable est tout trouvé.

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Les algues vertes sont-elles vraiment mortelles ? Crédit Image : SIPA | Crédit Média : RTL | Date :
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Sophie Aurenche et Loïc Farge

Deux associations ont déposé plainte le 23 septembre avec constitution de partie civile contre le préfet de la région Bretagne et celui des Côtes-d'Armor, après le décès, quinze jours plus tôt, d'un coureur à pied à l'embouchure du Gouessant, dans les Côtes-d'Armor. Une autopsie est en cours. Les résultats seront connus dans une quinzaine de jours. RTL s'est rendue sur place. Nous sommes en bord de mer, juste derrière la plage, dans une vasière. Un amoncellement de vase, de sable, de végétations et d'algues vertes qui sont là depuis des années (peut-être même des dizaines d'années). Le sol s'enfonce sous les pieds, au risque d'être enlisé.

L'odeur est franchement très forte, pire qu'une boule puante. Certains jours, le masque est obligatoire. Des panneaux avertissent d'ailleurs du danger. Les associations écologistes sont persuadées que ce père de trois enfants a été victime des algues vertes en allant chercher son chien égaré dans la vase. "Les algues vertes se décomposent, cela crée vingt gaz dangereux, une véritable centrale à gaz", lance André Ollivro, un  militant de la première heure. "Il y a là un danger manifeste, on peut mourir", poursuit-il. Mais d'autres y sont allés (les sauveteurs, notamment) sans aucune conséquence.

La famille refuse toute manipulation

La famille du défunt ne supporte pas les conclusions hâtives des associations. Pas question d'en faire un symbole. Franck est le meilleur ami du joggeur. Il parle au nom de la veuve et de ses enfants, assis à côté de lui, autour de la table de salle à manger. Il témoigne pour la première fois. "Nous sommes indignés de voir l'instrumentalisation autour du décès de notre ami", déplore-t-il.

"Bien sûr que ces associations défendent des causes qui sont nobles, à la différence que défendre une cause noble se fait avec noblesse (...) Nous sommes dans une écologie du fait divers : on a le sentiment que ce décès est exploité à d'autres fins", ajoute Franck. La famille souhaite que la justice fasse la lumière sur la mort de cet homme de 50 ans dans le calme et la sérénité.

On a le sentiment que ce décès est exploité à d'autres fins

Franck, un ami du coureur à pied décédé
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On peut lutter contre les algues vertes en agissant sur ce qui les fait proliférer : l'azote, essentiellement d'origine agricole. Rien ne pousse sans azote. Elle est vitale. Mais ensuite, elle fuit dans les rivières puis dans la mer et entraîne la prolifération d'algues vertes pendant l'été. Depuis la mise en place d'un plan de lutte il y a cinq ans, plus de 1000 exploitations essaient de changer leurs pratiques, soit 80% du secteur.

"Tout le monde a reconnu sa part : ne pas laisser des sols à nu pendant l'hiver, mettre de l'herbe entre deux maïs, faire de la méthanisation et sortir un engrais liquide d'un traitement lisier. On vise l'excellence environnementale, et je pense qu'on va y arriver", affirme Danièle Even, qui dirige la Chambre d'agriculture des Côtes-d'Armor.

Deuxième plan "anti-algues vertes"

Les résultats sont déjà positifs : 1.400 tonnes d'azote arrivent aujourd'hui dans la baie, contre 2.500 tonnes il y a dix ans. On ramasse cinq fois moins d'algues vertes. Plus de 2.000 personnes travaillent au quotidien pour lutter contre les algues vertes. "Pas de mauvais procès", se défend Mickael Cosson, le maire de la commune d'Hillion, où le joggeur est mort. "Pendant de nombreuses années, ce problème n'a pas été traité. Il y a des choses qui ont été faites, il y en a encore à faire. Aujourd'hui on fait l'amalgame, on parle d'un phénomène comme s'il était présent toute l'année partout, ce qui n'est pas le cas", plaide-t-il.

Un deuxième plan "anti-algues vertes" sera lancé en janvier prochain. Quelque 130 millions d'euros devraient être engagés. L'objectif est d'éradiquer les algues vertes dans dix ans.

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