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Les accents en voie de disparition dans l'Hexagone

REPLAY - La langue française est en plein processus d'homogénéisation des prononciations.

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Les accents en voie de disparition dans l'Hexagone Crédit Image : Maxime Villalonga | Crédit Média : Adeline François | Durée : | Date : La page de l'émission
Adeline François
Adeline François
Journaliste RTL

Êtes-vous glottophobe ? D'après le Figaro, de plus en plus de Français le sont. Le quotidien nous apprend, ce 15 février, que de Toulouse à Strasbourg, les jeunes ont de plus en plus tendance à s'exprimer dans un français standardisé, imposé par paris et ses élites et les accents n'y survivront pas. 

La glottopohobie, ou la peur de l'accent, a gagné toute la société en même temps que disparaissent nos langues régionales. Nous sommes dans une phase d’homogénéisation des prononciations. Dans le Sud-Ouest, les jeunes ne prononcent quasiment plus le "S" à la fin de "moins", à Marseille, on dit de plus en plus souvent "rause", et en Alsace, les jeunes comptent jusqu'a vingt et non plus "vinte". Partout, le "R" roulé a quasiment disparu.

Les chercheurs en sociolinguistiques avancent plusieurs explications. La première c'est la mobilité : on déménage et on perd son accent. Beaucoup gomment aussi leur prononciation pour faciliter leur trajectoire sociale et professionnelle, au point de prendre des cours d'orthophonie. Parce qu'avoir un accent, aujourd'hui en France, c'est risqué d'être moqué comme un plouc. Accent picard ou accent alsacien en tête, mais pas seulement : même l'accent du Sud, qui bénéficie d'un a priori sympathique peut très vite devenir pas sérieux.

L'article cite plusieurs exemples comme ces étudiants en journalisme à qui l'on demande de surveiller leur accent s'ils veulent faire de la télé, ce comédien marseillais refoulé du casting de "Plus belle la vie", car son accent était trop prononcé et qu'à une heure de grande écoute ce n'était pas possible. Et puis, il y a ce candidat de Koh-Lanta originaire de Sète et dont les propos étaient systématiquement sous-titrés à l'écran... 

L'affaire Aurier omniprésente dans la presse

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"Aurier se met hors jeu", "Quand Aurier se fait hara-kiri", "Vers une traversée du disert"... La presse n'est pas tendre avec le joueur du PSG. L'Équipe raconte ce matin comment Zlatan Ibrahimovic s'est fait traduire, dimanche 14 février,la fameuse vidéo où l'on voit Serge Aurier déblatérer sur son entraîneur et ses petits coéquipiers. Zlatan est resté impavide pendant l'explication, ne laissant transparaître aucun sentiment, "il se peut", écrit l'équipe, "que le suédois vertement visé dans cette vidéo demande quelques explications quand il recroisera son partenaire". 

"Le vestiaire n'a pas aimé", titre le journal. Édito cinglant de Vincent Duluc intitulé "Inconscience". "Ce que l'on voit de la vie de certains footballeurs rappelle que les leçons ne portent jamais. Ils ne comprennent ni qui ils sont, ni le monde qui les entoure. Et même si on peut le regretter, la bêtise n'est pas un délit, et il ne faut pas s'y tromper, passées les vagues, le nom de la victime sera le même que celui du coupable..." Pauvre Serge Aurier. C'est d'ailleurs ce qu'écrit déjà entre les lignes Mathieu Grégoire dans Libération : "Aurier a confondu sphère publique et sphère privée". Il contrevient certainement à la clause d'atteinte à l'image du club nichée dans le contrat des joueurs. Sur le plan journalistique, on préfère ça que le filet d'eau tiède et les mensonges que les footballeurs racontent à longueur d'année.

Réparer les survivants du 13 novembre

C'est une semaine particulière qui commence pour les familles et les rescapés des attentats du 13 novembre. Tous sont invités demain à un concert à l'Olympia : le concert des Eagles Of Death Metal interrompu par les terroristes au Bataclan, il y a trois mois. La plupart des rescapés seront là "pour vivre une autre fin", disent-ils, ce matin, dans cette enquête étonnante de Libération sur les survivants des attentats et sur ces liens qu'ils ont tissés entre eux depuis 3 mois. Ce besoin de collectif est devenu central dans le processus de reconstruction. Certains rescapés se sont presque détournés de leurs propres amis pour aller vers d'autres survivants mieux à même de comprendre.

Certains se sont regroupés au sein d'association comme Life for paris, qui est devenue une page sur Facebook réservée aux témoignages des survivants. Elle compte 515 membres. Plus de 160 personnes y ont raconté leur nuit du 13 novembre. La page Facebook est aussi devenue une plateforme d'entraide active 24 heures sur 24. Il y a quelques jours, on pouvait y lire "Urgent, il y a quelqu'un dans le secteur du Bataclan ? Un membre du groupe est en crise !" Aussitôt des soutiens affluent et, quelques minutes plus tard, ils sont une dizaine de rescapés à boire l'apéro autour du membre en question. "On a besoin de se voir, on a trouvé un réconfort en étant ensemble", dit l'un d'eux. Un autre raconte que le 13 novembre est devenu  pour lui comme une obsession malsaine : "C'est bizarre, mais des fois, j'aimerais revivre le soir des attentats, tu n'as pas envie de sortir de ce truc si fort". C'est le phénomène de fascination d'avoir vécu quelque chose hors du commun explique une psy. "Le risque", dit-elle,"c'est de se construire une identité de victime". "Réparer les survivants", à lire dans Libération ce lundi 15 février.

Les folles dépenses de nos théâtres

D'autres salles de spectacle sont dans l'actualité. Les théâtres nationaux, ceux qui vivent des subventions de l'État et qui ont eu l'honneur d'un grand chapitre dans le dernier rapport de la Cour des comptes. Un article très instructif est publié dans les pages cultures du Figaro, ce matin : "Les folles dépenses de nos théâtres". La Cour des comptes pointe des spectacles de plus en plus chers et de moins en moins rentables, une hémorragie d'invitations... Pour la seule année 2014, 75.000 invitations ont été distribuées par l'Odéon et la Comédie française. 

Mais le plus drôle, c'est cet inventaire des primes qui ont toujours cours dans nos théâtres. Ainsi, à la Comédie française subsiste une prime de charentaise pour les décorateurs. Il y a aussi, là-bas, ce qu'on appelle "un feu", c'est-à-dire une prime pour les interprètes de la troupe qui varie en fonction de l'âge du comédien. C'est en fait un héritage du temps où l'on donnait des bûches aux sociétaires pour qu'ils se chauffent une fois rentrés chez eux. Le mieux, c'est cette prime que touchent les musiciens à l'Opéra de paris : on leur donne 15 euros pour qu'ils ne quittent pas la fosse d'orchestre avant la fin des saluts. 

C'est ça la France, la France avec ses accents qui chantent, la France avec ses footballeurs mal élevés, la France marquée à jamais par des attentats, mais où on te paye  jusqu'à la fin des applaudissements...

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