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Le logement, la marotte de l'hiver

Alors que la trêve hivernale a commencé le 1er novembre, la presse s'intéresse à ceux qui dorment dans la rue.

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Le logement, la marotte de l'hiver Crédit Image : JOEL SAGET / AFP | Crédit Média : Marie Guerrier | Durée : | Date : La page de l'émission
Marie Guerrier
Marie Guerrier Journaliste RTL

"Salauds de pauvres !" On croirait entendre Gabin dans La Traversée de Paris, ou Coluche dans son sketch des années 80. Mais c'est le titre provocateur de l'hebdomadaire Le 1. Et le regard posé sur les pauvres, les sans-abris, est en fait plein d'émotion, notamment dans un long récit de l'écrivaine Pascale Kramer. "Un soir en plein mois d’août, dans Paris à l'abandon, quai des Célestins. Un homme est étendu sur le dos, en travers du trottoir". Il dort dans la rue depuis des mois. Pascale Kramer raconte cette rencontre, et tant d'autres, qui la plongent dans l'effroi et la honte. Elle écrit : "Des gens chaque jour plus nombreux sans logement squattent les porches et les rues. Nous nous y sommes habitués en une génération. Un jour, on réalise, en allant prendre un avion à Roissy, qu'il faut désormais parler de bidonvilles aux portes de Paris."

Il y a les paradoxes aussi. Thierry des Lauriers, à la tête d'une association qui maraude dans Paris, raconte qu'un SDF que les habitants trouvent sympa n'a plus besoin de bouger de son carton, puisqu'on lui apporte de quoi manger et s'habiller. C'est beau, mais cela installe les personnes dans la rue. Le 1 donne des chiffres : 53% des pauvres sont des femmes. Elles représentent 55% ce ceux qui poussent la porte des Restos du coeur. Il y a une dizaine d'années, un présidentiable pouvait encore oser parler des pauvres. Lionel Jospin s'engageait en 2002 à promettre zéro SDF. Slogan similaire de Nicolas Sarkozy en 2006. "Mais depuis, silence politique", écrit Laurent Greilsamer.

Le "bond en arrière"

La droite favorite de la futur présidentielle, Libération y voit ce matin un "Bond en arrière" ! "Les tontons ringards", titre le journal en une, avec une photo en noir et blanc de François Fillon, Alain Juppé et Nicolas Sarkozy. Dans son édito, Laurent Joffrin constate que les Français ne veulent pas de la politique libérale proposée par la droite (sondage à l'appui) et qu'ils vont mettre au pouvoir une majorité dont ils récusent le programme. Alors il pose la question : "Pour sortir la France de la crise, faut-il faire reculer comme rarement les protections des salariés et libéraliser en grand le marché du travail ?" Laurent Joffrin ajoute : "Une gauche lucide et mieux unie pourrait faire échec à ce grand bond en arrière." Mais il conclut : "Encore faudrait-il qu'elle existe."

Les footballeurs maîtres en langue de bois

C'est à lire dans Le Parisien. Décryptages des discours stéréotypés sur le bord des terrains. Dans un jeu amusant de bulles disposées autour d'un footballeur, Le Parisien a écrit, sur fond gris, les déclarations que l'on entend communément, et sur fond orange ce que nous devons en fait comprendre. Exemple : "le groupe vit bien" devient "Bien sûr qu'il y a des tensions". Ou encore "On est tombé face à un grand gardien", mais en fait "Nos attaquants ont fait n'importe quoi." Une dernière : "Je respecte les décisions du coach", mais en fait : "Je ne comprends pas ses choix."

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Le chef de presse de l'équipe de France, Philippe Tournon, explique : "Les joueurs peuvent parfois éprouver le sentiment d'être traqués. Le moindre lapsus va passer en boucle !" Tout faire, donc, pour éviter le buzz. En équipe de France, comme dans les grands clubs, les joueurs sont briefés avant de passer devant les médias. Et puis la communication est au programme de nombreux centres d'entrainement. On apprend au joueur à rester sur les faits... 

Et puis il y a ce qu'on appelle le média training, avec des coaches. Pour apprendre à s'exprimer clairement et se construire une image. Une médiatraineuse explique qu'elle conseille aux joueurs de Ligue 1 qui la sollicitent de ne pas servir une soupe tiède, ce n'est pas vendeur. Mais il ne faut pas critiquer le club et ses coéquipiers, mais évoquer - un peu - sa vie privée, pour s'humaniser.

Être un bon communicant, ça peut mener jusqu'aux étoiles

Le Français Thomas Pesquet va rejoindre la station spatiale internationale dans moins de deux semaines. Ses aptitudes pour la communication via les réseaux sociaux et sa manière de vulgariser sa discipline ont joué un rôle dans sa sélection parmi plus de 8000 candidats. C'est ce que pense un autre spationaute français, Jean François Clervoy. Il le dit dans l'Obs : "Thomas sait vendre l'aventure spatiale européenne. Et il est polyglotte, ça aide pour communiquer. Il a appris le russe en accéléré, parce que c'est la langue utilisée dans le vaisseau Soyouz qui l'emportera vers l'ISS.

Le palmarès de l'écologie, département par département

La Loire-Atlantique est sur la première place du podium, suivie de la Gironde. L'Hérault et le Morbihan sont troisièmes ex-aequo. C'est la dixième année que l'hebdo La Vie établit ce palmarès sur la base de huit critères comme la gestion des déchets, la qualité de l'air, celle de l'eau, la production en agriculture biologique, la protection de la biodiversité, la transition énergétique. Des cartes en couleur détaillent tous les résultats et La Vie donne la parole au réalisateur Cyril Dion, dont le documentaire Demain a connu un immense succès ces derniers mois. Il fait un vœu pour les dix prochaines années : que des responsables politiques de partis différents disent : "on a compris que c'est l'avenir de l'humanité qui est en jeu et on décide de s'unir pour une transformation écologique de la société." Cyril Dion suggère de revoir nos modes de consommation : moins "avoir" mais davantage "être". Ce que certains appellent la sobriété heureuse. 

Dans le journal La Croix, PrincessH signe un petit dessin, ce matin, sous le titre : "À la recherche d'une image de simple Bonheur". On voit un chien qui dort sur le dos, la langue pendante, visiblement rassasié, un os à ses côtés. Son coussin semble confortable, on sent qu'il est bien au chaud chez son maître. Il ne dort pas dans la rue, lui...

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2016-11-03 11:03:04
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